Alma grandit dans le village des Grands Papillons. Les enfants y sont élevés jusqu’à leurs 10 ans, où ils sont pris sous l’aile d’un maître-mage, qui les choisissent et les forment à un métier. Alma montre un talent relatif pour la magie… elle ne parvient qu’à faire pleuvoir ! Le jour de la répartition des enfants auprès des maîtres, elle rejoint la maison de Baba, la plus vieille et la seule femme maître-mage. Or, cette dernière ne prend sous son aile que les cas les plus désespérés…
Le récit est absolument adorable ! L'ambiance fées du potager est merveilleuse et la petite réflexion sur la page blanche/créativité très bien gérée. Mais que c'est sombre. Et je veux dire littéralement sombre. Soit c'est l'impression sur ce papier glacé qui a absorbé toutes les couleurs, soit c'est un choix délibéré de l'artiste mais le résultat reste le même : on ne voit rien. Quel dommage car justement les traits de Justine Thibault sont beaux, on voudrait pouvoir les apprécier, mais je me suis crue devant un épisode de la saison 8 de Game of Thrones.
Alma est la deuxième petite histoire de la collection que je lis, après Minimage et je l'ai un peu moins appréciée. Ce mini-comics de 40 pages est tout aussi mignon et doux, mais je l'ai trouvé cette fois plus court dans son intrigue et surtout un peu abrupt dans sa fin. Alma est une petite fée-papillon têtue et très douée dans sa magie, mais qui ne veut pas faire d'autres sorts que celui où elle excelle. Elle est envoyée chez une vieille mage, qui récupère les "cas désespérés", qui sont tout simplement ceux qui ne rentrent pas dans le moule de la société. Alma va y trouver son utilité et permettre aux cultures du potager de bien grandir ! Mais à force de le faire, elle n'y trouve plus de plaisir et n'y arrive plus... Si j'ai trouvé la dernière planche merveilleuse de calme et d'amour, j'aurais aimé en savoir plus sur cette petite histoire. On en sait peu sur les autres personnages, tout va très vite et le contexte est très vague. C'est un peu dommage car l'ambiance est féérique, bien que sombre, on s'y sent comme à la maison ! On aborde ici la place de la nature, l'échec et comment le surmonter, la prise de recul et la reconnaissance d'un groupe. De nouveau un joli message bienveillant chez Kinaye, mais qui nous laisse sur notre faim !