Dans le roman Terne, l'univers mis en place est suffisamment brumeux pour que l'on doive se questionner sur la réalité des faits qui se déploient ou ont l’air de se déployer. Le narrateur, un jeune homme, consomme une drogue récréative, une drogue dure, qui lui a été remise par le bon copain dealer de service que la conjointe du narrateur n'apprécie pas beaucoup. Après avoir consommé cette dive poudre, le narrateur se retrouve dans la situation qui littéralement déclenche l’étrange trame du présent récit. Mais cette situation, quelle est-elle exactement ? Les choses ne sont pas claires car l'altération des sensations et des perceptions due à l’absorption ponctuelle de cette obsédante substance est soigneusement reproduite dans l'écriture tant et si bien qu’il vient un moment où, à l'instar du narrateur, on ne sait tout simplement plus où on en est... Tout va mal, le protagoniste se fait brutaliser, se fait tabasser par des jeunes malabars... vraiment ? Ou pas? Ce roman est à lire comme un indice des contrariétés perceptives et conceptuelles d'une époque et du fait que, quand rien n'est impossible et tout est jouable, il n'est pas nécessairement si évident d'échapper à notre sort brutal. Si ce protagoniste meurt, on souffrira avec lui. Et si ce protagoniste reste en vie, c'est là, et vraiment là, qu'il macère au fond du dernier des enfers, l'enfer ordinaire. L’enfer... terne.
Avec Terne, Loana Hoarau continue de déployer son univers inquiétant, amoral et cruel.
4,5⭐️ J'ai vraiment adoré! Ce livre est "immersif". On se plonge dans la tête du personnage principal et on en vient à ressentir les mêmes émotions que lui. Le livre ressemble à une lettre de suicide (surtout le premier chapitre). Ce que je trouve personnellement très accrocheur. C'est une triste histoire.
Un homme tourmenté et en grande dépression qui souhaite en finir mais qui vengera l'histoire qui l'a rendu dans cet état depuis les 2 dernières années... Je peux pas en dire plus pour ne pas spoil autre que c'est super troublant, triste et enrageant.... Du Loana comme un l'aime...
Encore un livre de Loana Hoarau qui est impossible de re-déposer! On a l'impression d'embarquer dans une spirale cauchemardesque qu'on ne voit pas la fin (la lecture m'a fait penser un peu à Contre-Dieu de Patrick Senécal). L'auteure nous donne les informations au compte-goutte concernant l'évènement et met de l'accent sur le désespoir du personnage principal. J'ai bien aimé que le livre soit une lettre pour sa femme où il essait d'expliquer le geste qu'il s'apprête à commettre. C'est différent, on a l'impression de lire un journal intime et d'être aux premières loges de sa déchéance. Un livre qui ne peut pas être mis dans tout les mains.