Self-care réunit les voix de 13 écrivain·es qui, à partir de leur situation de personnes minorisées, se penchent sur différents aspects du soin de soi. Résolument politique, cet ouvrage collectif de textes de fiction (poésie, récits, nouvelles et textes hybrides) pense l’affect, les mécanismes de défense, les obsessions, les impulsions, la mélancolie, la douleur chronique ou l’anxiété comme des voies privilégiées pour aborder toutes les manières de prendre soin de soi, qu’elles soient new age, ancestrales, individualistes, solidaires ou (anti) capitalistes. Sans bouder les sheet masks et les eye patches, ces auteurices méditent, font du yoga, pratiquent une sexualité complexe, s’engagent politiquement et, surtout, écrivent. Leurs textes sont dotés d’un tel sentiment d’urgence qu’ils prouvent que le self-care des personnes socialement marginalisées est toujours investi d’une quête plus grande : pour elles, prendre soin de soi, c’est aussi se réparer et se recréer collectivement.
Avec des textes de Jennifer Bélanger, Antoine Charbonneau-Demers, Marilou Craft, Caroline Dawson, Marie-Claude Garneau, Marie-Andrée Gill, Zishad Lak, Kama La Mackerel, Pierre-Luc Landry, Éric LeBlanc, Roxane Nadeau, Karine Rosso et Ouanessa Younsi.
J’ai pris énormément de temps à terminer ce recueil. D’abord parce que je lis surtout avant le dodo et j’étais épuisée, je n’arrivais pas à me réserver du temps pour moi, encore moins pour lire. Ensuite, parce que les textes dans ce recueil ne sont pas comme la doudou enveloppante qu’est la promesse du self-care. À mon humble avis, il y a beaucoup de self et moins de care dans les textes. C’est une lecture exigeante et qui demande beaucoup de concentration, des choses que je n’avais pas à offrir à ma lecture en ce troisième hiver pandémique. Je suis fatiguée et ça a paru dans mon appréciation des textes. Je m’attendais à ce que ce soit inégal comme la majorité des recueils et ce l’était, avec des éclaircies ici et là.
Rédigé pendant la pandémie, ce recueil semble rassembler des auteurs et autrices tantôt perplexes, tantôt en colère contre le concept de self-care tel qu’il est mis en scène dans les médias sociaux. Je n’ai pas tellement pris de plaisir à lire ces textes, mais je ne pense pas que c’était le but non plus. Ces lectures m’ont vraiment secouées et pour être honnête, j’avais hâte d’avoir terminé.
Les recueils collectifs sont toujours intéressants parce qu'ils permettent de mettre en dialogue une diversité de voix, ce qui peut vraiment participer à enrichir le traitement d'un thème. Le sujet de ce livre, le selfcare et les critiques, souvent politiques, que l'ont peut adresser au concept ou en tout cas à sa récupération, s'y prêtait bien. C'est un thème vraiment important à explorer à mon avis et j'étais heureuse de voir ce livre sortir.
Toutefois, les recueils collectifs ont comme faiblesse leur inégalité : certains textes nous plairont inévitablement moins, et d'autres plus. C'était le cas ici. Certains textes ne m'ont simplement pas rejoint. J'ai quand même vraiment eu un coup de coeur pour les trois derniers textes, celui de Marie-Claude Garneau (pour la plume habile et touchante), de Pierre-Luc Landry (pour le côté politique qui manquait parfois ailleurs) et de Kama La Mackerel (pour ses réflexions si justes). Je souligne aussi la puissance du texte de Caroline Dawson et le comic relief que nous offre Éric Leblanc. J'ai finalement bien apprécié la structure du recueil, il y avait une belle évolution à travers tout ça.
Réflexion intéressante sur le self-care. J’en ressors avec une vision tout à fait différente. Je ne peux pas dire que j’ai apprécié tous les textes du recueil également. J’aurais mis 5 étoiles à quelques-uns.
"Je contemple la journée hors de moi : elle ne m'appartient pas. Dans quelques mois, je l'aurai oubliée, comme si elle n'avait jamais existé, déjà engloutie, infinitésimale et insignifiante devant l'histoire de l'humanité, les galaxies, l'univers et les trous noirs. Elle reste néanmoins ma journée, humble, inutile, et je l'écris parce que je l'oublie." -Ouanessa Younsi
Je me suis reprise par deux fois pour lire ce livre. Je ne crois pas qu'on puisse le lire d'un bout à l'autre en continu. On en lit plutôt des bribes et on saisit rapidement de quoi il est question. De mal-être, de détresse et de souffrances. Cette fois-ci, j'ai bien aimé le texte de Jennifer Bélanger. À ma première lecture, j'avais plutôt aimé celui de Marie-Andrée Gill. J'imagine qu'on y trouve ce dont on a besoin chaque fois qu'on le lit. Mais ça reste à prendre à petites doses pour moi.
Recueil varié. Plein de textes autour du prendre soin de soi, parfois commercial ou bobo… parfois en simplicité. J’ai bien aimé les textes d’Antoine Charbonneau-Demers et d’Éric LeBlanc.