Le 11 mars 2011 à 14h46, au large des côtes de l'île japonaise deHonshu, un séisme de magnitude 9,1 provoque un tsunami atteignant parendroit plus de 30 mètres de hauteur. À l'Est du Japon, 54 des 174villes côtières sont englouties par la vague, ainsi que la centralenucléaire de Fukushima Dai ichi... Trois des six réacteurs de lacentrale fusionnent alors, entraînant un désastre nucléaire sansprécédent. Plus de 160 000 personnes sont évacuées du département enquelques semaines et se sont trouvées sans logement.Cécile Asanuma-Brice, résidente permanente au Japon dans le cadre deses recherches en sociologie urbaine au CNRS, était présente au momentdes faits. Par la suite, la codirection d'un laboratoire de recherchessur les suites de la catastrophe de Fukushima lui a donné une place dechoix pour suivre la gestion politique de ce désastre nucléaire.Dans cet ouvrage, elle analyse les différentes dimensions de lacatastrophe, notamment au travers de témoignages qu'elle a recueillien japonais auprès des résidents (réfugiés ou non), du directeur de lacentrale nucléaire de Fukushima, Masao Yoshida, et du Premierministre, Naoto Kan, tous deux en poste au moment des faits. Leursrécits dissonants interrogent les modalités de gestion de l'ignoranceet du droit à savoir. Dans des circonstances qui mettent en jeu la viede millions de personnes, qui régit l'accès à des informations desanté publique vitales? Qui peut décider de la non-évacuation d'uneville sinistrée ou du relogement des populations dans une villeradioactive?L'ouvrage est une mémoire vive, archives inédites d'un désastre, maisaussi, une analyse scientifique des politiques de relogement desréfugiés, des enjeux des mesures de radioactivité et du suivipsychologique des populations traumatisées.Autant de questionnements pour comprendre, ne pas laisser faire etsurtout ne pas refaire.