A l'été 1930, sur l'île Blanche, la plus reculée de l'archipel du Svalbard, une exceptionnelle fonte des glaces dévoile des corps et les restes d'un campement de fortune. Ainsi se résout un mystère en suspens depuis trente-trois ans : en 1897, Salomon August Andrée, Knut Frznkel et Nils Strindberg s'élevaient dans les airs, déterminés à atteindre le pèle Nord en ballon ― et disparaissaient. Parmi les vestiges, on exhume des rouleaux de pellicule abîmés qui vont miraculeusement devenir des images. A partir de ces photographies au noir et blanc lunaire et du journal de bord de l'expédition, Hélène Gaudy imagine la grande aventure d'un envol et d'une errance. Ces trois hommes seuls sur la banquise, très moyennement préparés, ballottés par un paysage mobile, tenaillés jusqu'à l'absurde par la joie de la découverte et l'ambition de la postérité, incarnent l'insatiable curiosité humaine qui pousse à parcourir, décrire, circonscrire et finalement rétrécir le monde. Livre d'une richesse inépuisable, aussi poétique que passionnant, Un monde sans rivage propose un voyage opiniâtre dans les étendues blanches du Grand Nord, un périple à travers le temps en compagnie de ces trois explorateurs et de bien d'autres intrépides, une méditation sur l'effacement et une déclaration d'amour à la photographie dans ses deux mouvements d'aval et d'amont : fixer les souvenirs et réactiver perpétuellement la machine à rêves.
Biographie de l'auteur
Née en 1979 à Paris, HEIEne Gaudy a suivi des Etudes d'arts plastiques. Membre du collectif Inculte, elle a notamment publié Plein hiver (Actes Sud, 2014) et Une île, une forteresse (Inculte, 2016). Elk vit en Seine-Saint-Denis.
C'est un roman-fleuve qui plonge son lecteur dans un univers inconnu, celui de l'Arctique. Un monde fascinant et inhospitalier. Un monde un brin absurde, aussi : les plaques de glace qui le composent sont en mouvement constant, si bien que l'on peut s'y déplacer tout en demeurant immobile. Ce monde fut le terrain de jeu de trois explorateurs qui, à l'été 1897, tentèrent d'atteindre le pôle Nord au moyen d'un ballon dirigeable. L'aventure, hélas, tourne au fiasco. Peu après son départ, l'aérostat piloté par messieurs Andrée, Strindberg et Frænkel s'écrase sur la banquise.
Pour les trois hommes, c'est le début d'une longue marche. Ils n'ont pas d'alternative : s'arrêter, c'est geler, et mourir. Alors, ils marchent. Ils marchent au milieu de nulle part, bravant la fureur des éléments, convoquant les images de leurs êtres chers et tentant, tant bien que mal, de lutter contre l'engourdissement et la résignation. Tel est l'objet du roman d'Hélène Gaudy : une expédition qui tourne au drame et qui, bien vite, devient une entreprise de survie. Une entreprise captivante pour tout lecteur n'ayant jamais connu l'Arctique et ses difficultés.
Au-delà de ses phases narratives, le roman nous fait le portrait de l'une des régions les plus reculées du globe. C'est un univers de glace et de neige qui se révèle à l'œil du lecteur. Même si ce roman est avant tout le récit d'une catastrophe, il est de fait particulièrement plaisant de déambuler dans ce palais de givre aux côtés de nos héros.
L'endroit devient d'autant plus tangible qu'Hélène Gaudy, désireuse de donner du volume à son histoire, met l'expédition en parallèle avec d'autres voyages légendaires de ce début de siècle. Les noms de Nansen, Shackleton et Amundsen se mêlent ainsi à ceux des protagonistes du récit, dessinant devant les yeux du lecteur une admirable fresque de " conquêtes de l'inutile ". En définitive, UMSR parlera à tout lecteur assoiffé d'épopée et d'aventure. Et saura persuader les plus hardis d'entre vous de s'aventurer du côté du Grand Nord, dans ce coin du monde où tout est blanc et qui, pourtant, n'a rien d'un paradis...
Un roman historique pas mal, mais pas extraordinaire, qui raconte une expédition suédoise en montgolfière vers le Pôle Nord. L'expedition échoue rapidement et les trois aventuriers se retrouvent sur la banquise avec pour seul objectif de survivre. Malgré une non-linéarité intéressante et un développement original de l'histoire, à travers divers éléments (photos, journaux etc.), le livre reste parfois trop superficiel, survolant les personnages et leurs histoires trop rapidement. On rentre trop peu dans l'action au présent, et donc l'histoire semble manquer d'enjeux personnels. Pareil pour l'idée astucieuse d'entremêler les histoires d'autres explorateurs mais les liens tissés sont trop légers pour vraiment rajouter la dimension recherchée. Bref, un livre qui a de l'idée mais manque d'éxécution.
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El 11 de julio de 1897, tres hombres partieron del archipiélago de Svalbard, un cúmulo de rocas y glaciares ubicado al norte de Noruega, rumbo al polo norte. Era un trío sueco: el ingeniero Knut Frænkel y el fotógrafo/científico Nils Strindberg, liderados por el físico, aeronauta y excéntrico Solomon August Andrée. La empresa en sí misma no era nada nuevo, el siglo XIX había visto desfilar una nutrida lista de expediciones más o menos serias con el mismo objetivo. Lo diferente, en este caso, sería el método. Andrée pensaba alcanzar el polo sin tocar el suelo, a bordo de un enorme globo de hidrógeno llamado Örnen (Águila), supuestamente maniobrable a través de un sistema de cuerdas y contrapesos.
Los nombres de Andrée, Strindberg y Frænkel no son muy recordados hoy en día por razones fáciles de adivinar: fracasaron. Escasos minutos tras despegar, el globo ya iba rozando el agua, forzando a los hombres a tirar por la borda 200 kg de arena, además de los 500 kg de cuerdas y pernos que se zafaron al instante. Sin este peso, Andrée y sus compañeros estaban a la merced del viento. Por 30 años, nadie supo su destino.
Un mundo sin orillas es una novela basada en la malograda expedición de Andrée, excepto que no lo es realmente, o no del modo esperado. La razón por la cual me permití relatar tanto de lo sucedido es que el desenlace de la expedición no es, en realidad, el destino del relato de Gaudy, sino su punto de partida. Los sucesos concretos y secuenciales de la trama de la expedición son secundarios; lo que está en el centro es una exploración sensible del vacío dejado por estos hombres a su partida, así como su gradual transformación en una presencia fantasmal, documental, fotográfica, por medio de la cual podemos reconstruir, intuir y asomarnos brevemente a su fortuna, pero nunca aprehenderla por completo.
Subyacente a su narración del viaje de Andrée y otros intentos desventurados de conquistar los límites del planeta, la novela plantea una crítica melancólica al proyecto de la modernidad: el ordenamiento del mundo, su completa medición, clasificación y posesión humana. Podemos pensar que estamos por encima de la naturaleza, que la sobrevolamos como los suecos pensaban hacer en su globo, pero al final Gaudy afirma que nuestras limitaciones y el poder del mundo terminarán por pasarnos por encima. Sin embargo, los escombros del naufragio también tienen valor: a la manera de Barthes, Un mundo sin orillas subraya con insistencia la facultad de la fotografía, en particular, para captar algo de la herida fundamental que hay en el fondo de las cosas, permitiendo su reconstrucción por miradas curiosas como la nuestra.
El resultado, más que una novela histórica, es una ficción documental conmovedora que también funge como un ensayo sobre las posibilidades del recuerdo y sus materializaciones, desarrollada en un estilo descriptivo y paciente cuya belleza a veces llega a lo arrebatador, si bien puede tornarse repetitivo en otros momentos, sobre todo si el lector ya conoce el rumbo de las historias clave de la exploración polar insertadas aquí como ejemplos bellos, pero secundarios.
This was an odd and wonderful story of three Swedish gentlemen(maybe one was Norwegian) who thought flying over the North Pole in a patchwork helium balloon was a jolly fine idea.
It would have been easy to turn the true tale into a Monty Pythonesk adventure but the author gently wove their simple lives, loves and dreams into their daredevil yet tragically stupid efforts to make history.
The author used the photographs and journals found with the explorers remains to reimagine the thoughts and actions of the young men during the expedition.
Andre the leader and his mates choofed off in their balloon in bespoke suits and boxes of champagne and assorted luxury victuals.
Shouldn’t have left it to the men to pack for the trip huh.
Unfortunately ol’ Andre neglected to tell his mates before they floated off that the rather large ballon had a fair few tiny holes that the even tinier helium atoms were leaking out of slowly. But not slowly enough.
The lads were aloft just long enough to crash onto a mob of pack ice far away from the North Pole.
So things went from bad to worse for the gentlemen.
"nous ne connaissons plus la soif de découvrir mais la terreur de perdre qui pourtant nous pousse au même geste, à la même urgence, regarder, capturer, inventorier, appuyer une nouvelle fois sur le déclencheur, sans savoir davantage ce que diront ces images dans l'avenir, ce qu'on y lira de l'époque où elles ont été prises, du désir de garder encore un peu près de soi ces montagnes écorchées, cette mer de mercure, ce sol de pierraille, d'y répandre une lumière que rien n'arrête, une clarté sans refuge, et à force d'éclairer, d'écarquiller les yeux, les détails se perdent, cette baie, cette échancrure, ce rivage, tout est surexposé, d'une clarté acérée et dangereuse, il faudrait fermer les yeux pendant des années, des siècles, jusqu'à ce que ce que le monde se repose de notre regard, que les lieux redeviennent des mythes qui revivraient en nous à l'état de souvenirs ou d'illusions possibles, jusqu'à ce qu'on ne soit plus sûrs qu'ils ont existé." (p. 302)
A eviter... Com base em 40 fotos turvas, e fragmentos muito pequenos do jornal de bord, e sem grande interesse do comandante desssa expedicao, mais de 30 anos depois deles desaparecerem, ela constroi uma narrativa com detalhes, impossiveis de se verificar. A expedicao tentava em 1897 alcancar o Polo norte em balao. Extrememente mal preparados, nao tinham Plano B, nem planejado o retorno. Extremamente mal equipados tambem.
Vraiment pas le genre de livre qui se lit d'une traite. D'abord parce qu'il est très descriptif et que le narration est hachée : on saute des personnages, des époques, des expéditions... Ensuite parce que c'est vraiment âpre. A ne pas lire en cas de déprime saisonnière. Ce n'est pas un livre facile mais il est gratifiant de le finir.
Ca m'a un peu fait penser au style de WG Sebald, *Les Anneaux de Saturne* : le côté didactique et à peine narratif, l'attention accordée aux animaux et à l'environnement. Aux mémoires de Yourcenar, aussi.
A fines del siglo XIX, julio de 1987 tres exploradores Salomon August Andrée, Knut Frænkel y Nils Strindberg se subieron a un globo Aerostático a la conquista del polo Ártico a partir de las islas Noruegas Svalbard. A poco andar la expedición fracasa y el objetivo pasó a sobrevivir en las inmediaciones del círculo polar. Durante años no se tuvo noticias de ellos y después de años y en 1930 se encontraron los restos de estos intrépidos expedicionarios y se pudo rescatar documentación, carretes fotográficos (que en un trabajo de expertos se llegó a rescatar imágenes) y bitácoras de los primeros días de su arriesgada expedición. En este episodio histórico Hélène Gaudy narra magistralmente deduciendo por sus caracteres de los expedicionarios y su perfil psicológico, cómo fueron esos primeros días dramático al ver que su expedición no tendría éxito y focalizándose en encontrar tierra firme y tener la esperanza de ser rescatados. En un relato algo lento, pero si dejar de perder a atención el lector viaja junto a estos expedicionarios, sintiendo el frío la inclemencia del tiempo, como sus sueños. A través de sus diarios y colección fotográfica se puede deducir la importancia que tenían a pesar de que no estarían vivos para contarlo, nunca flaquearon en esa titánica lucha por llegar a su objetivo. Quizás faltó mayor ritmo y más profundidad al relato, pero aun así es una gran narración que merece ser leída y vivida en las íntimas reflexiones de los expedicionarios y con telón de fondo de ese paisaje de hielo desolado, frío y blanco.