«Alors que les réseaux sociaux ont permis à plus d’individus de prendre la parole et à différentes réalités d’être enfin nommées, il semble que le terrain discursif soit de plus en plus miné. Nous n’avons jamais pu autant nous exprimer librement, et pourtant, nous avons le sentiment que communiquer ses idées n’a jamais été aussi complexe et risqué. »
C’est avec ce point de départ tout en nuances que la journaliste Judith Lussier tente de comprendre la cancel culture. Cet essai examine ce phénomène complexe aux contours flous qui sème parfois la panique et alimente de nombreuses chroniques, sans faire l’économie d’une réflexion sur les dynamiques de pouvoir qui dictent sa trajectoire.
À offrir à Noël à tous vos oncles qui écrivent « du gros n'importe quoi ces accusations là » «féministes radicales à cheveux bleus » et « on revient au temps où on brûlait les sorcières » en commentaires sous les publications Facebook de tous les médias.
3,5 - Même si on sent quand même son opinion, Judith Lussier livre un portrait relativement nuancé de la situation. Cela dit, la réflexion ne va pas assez loin pour moi. Le dernier chapitre propose des pistes de réflexions intéressantes et aurait eu intérêt à les pousser davantage. J'aurais aussi aimé qu'il y ait davantage de mise en contexte pour les différentes statistiques mentionnées. C'est d'autant plus curieux qu'elle écrit justement en milieu de livre qu'en "oubliant" quelques détails, on peut faire dire n'importe quoi aux nombres pour susciter l'émotion. D'ailleurs, les sources citées auraient parfois pu être un peu plus béton.
Pertinent, d’actualité, une lecture essentielle afin de comprendre mieux ce phénomène, finalement pas si nouveau. On y décortique tous les cas les plus médiatisés à ce sujet. J’ai envie d’envoyer ma copie au PM…
J'ai personnellement vraiment pas beaucoup aimé ça. Je mets trois étoiles parce que je pense que ça reste pertinent dans l'espace discursif public et que plein de monde peuvent trouver ça intéressant, mais ça restait très loin de mes préoccupations et j'ai trouvé la lecture somme toute assez pénible.
Excellent essai sur la rectitude politique ou dans le jargon commun le politiquement correct. L’auteure nous explique bien les fondements ou devrais-je dire le commencement de la censure avec des exemples concrets. Mais pourquoi on censure,dira-t-on ? À qui la faute ? La droite, la gauche, la politique, la société ? L’auteure utilise beaucoup d’exemples pour que l’on comprenne bien les mots qu’elle utilise, qui parfois j’ai dû chercher dans le dictionnaire. Ne vous inquiétez pas pour ça ça n’enlève rien à la lecture au contraire, je trouve que ça amène le niveau de lecture à un tout autre niveau bien supérieur de ce que j’ai l’habitude de lire et ça me plaît bien!
Tout ça pour dire que si vous chercher à comprendre la censure ou bien comprendre à mon avis, le majeur problème de la société d’aujourd’hui (ce n’est pas le seul, mais clairement très actuel) vous devez le lire!
Jusqu’où la censure va nous mener en tant que société ? Ne devrait- on pas chercher à changer les choses, sans passer dans les extrêmes et essayer de s’entendre une bonne fois pour toutes ? Ce n’est pas pour demain en tout cas !
Bonne lecture et bonne réflexion 🤗
Je suis maintenant fan de ses écrits même si ce n’est que le premier que je lis de cette auteure! Je vais tous me les procurer!
On sent vraiment la rigueur journalistique et l’introspection. C’est un ouvrage pertinent qui offre des analyses nuancées et des pistes de solutions concrètes pour évoluer en tant que société.
Gros bémol cependant. Je ne suis plus à convaincre. Avant même d’ouvrir le livre, j’adhérais déjà à la proposition. Je ne suis donc pas le public cible de ce genre de livre. Quelqu’un comme mon père, homme dans la soixantaine, sensiblement fidèle aux valeurs de sa génération mais qui a beaucoup évolué au fil de discussions avec ses fils, est le réel public cible selon moi. Par contre, quoi que magnifiquement écrit, la façon de formuler les idées semble peu accessible pour ce genre d’audience (je serais prêt à mettre un p’tit 2$ sur le fait que mon père n’aurait pas passé la première page).
Comme je l’ai dis, ça reste un excellent livre, à lire assurément.
Un super essai qui s'attarde à remettre en contexte pas mal tous les cas d' "annulation" qui se sont déroulés au Québec dans les dernières années (et quelques cas états-uniens, français et un belge), à présenter qui sont les protagonistes de ces événements et qui décrivent ces soi-disant annulation. On passe aussi du temps à montrer les conséquences à long terme de ces "annulations" (souvent, il n'y en a pas ou sur de la très courte durée), mais aussi sur les personnes qui ont émis la critique en premier lieu (et souvent pas demandé d' "annuler" l'objet de la critique). On insiste aussi bien sur le fait que l'action de critiquer est souvent retournée comme une accusation de censure par certains acteurs ce qui a ultimement but de censurer une parole critique.
L'ouvrage a le mérite supplémentaire de présenter comment la censure émanent de la droite et du gouvernement (que ce soit autour de Daniel Marc Weinstock, le retrait d'un capsule sur le racisme systémique, le harcèlement de personnalité, etc.) n'est jamais présenté comme étant de la "cancel culture", et est même normalisé ce qui débalance l'idée que ce serait les "woke" qui censurent et non pas une plus large "droite".
J'apprécie aussi que Lussier s'attarde sur les annulations intra-communautaires et des conséquences qu'elles ont, qui est réellement le plus susceptible d'avoir des répercussions dramatiques.
Il ne s'agit pas d'un ouvrage scientifique, mais bien d'un ouvrage du vulgarisation et de démystification donc la bibliographie est très réduite (et pas listée en fin d'ouvrage sinon qu'en l'appareil de note donc pas organisé) et consistent souvent en des articles de presse et émissions radiophoniques ou télévisuelles. On vulgarise et fait l'histoire de la cancel culture au Québec donc ce n'est pas surprenant, mais on pourrait être déçu de l'absence de réflexion philosophiques plus profondes (bien que ces discussions ne manquent pas).
Il y a un bon portrait des acteurs sur la scène québécoise et qui joue quel rôle dans cette médiatisation de la cancel culture et on glisse quand même des bonnes critiques des enjeux de pouvoir (très foucaldien) qui se joue au Québec et qui se sert du pouvoir pour vraiment nuire à un autre groupe et de quel manière. Il y a aussi de nombreux paragraphes sur comment la structure des réseaux sociaux contribuent à amplifier, à escient, les problèmes avec de nombreux exemples à l'appui.
C'est aussi un excellent guide d'autodéfense intellectuel qui identifie des enjeux, des structures, de manière de procéder pour les éclaire et les démonter. Il y aussi de bons passages sur la capacité d'empathie et ses limites infortunes (souvent pour les gens qui nous ressemblent le plus).
Je crois que l'ouvrage est assez "neutre" (à escient, il faut lire l'intéressant passage sur la (non-)utilisation du terme de patriarcat par Judith Lussier) pour le donner à un large éventail de personnes sur le spectre politique et ça ne convient pas qu'à la "gauche" comme lecture, c'est vraiment aussi destinée aux gens qui sont plus "conservateurs".
"[...] assoyez-vous trois heures avec n'importe quelle personne qui a été bannie de l'espace public et votre perspective sera irrémédiablement transformée. Même chose si vous prenez le temps d'écouter une victime. Tout le monde gagnerait probablement à tendre davantage l'oreille aux personnes incarnant une posture qui entre en conflit avec ses convictions et autres a priori" (p.212) Malgré ce que cette citation qui pourrait nous faire penser le contraire, l'essai montre bien qu'il ne s'agit pas d'un "les torts sont des deux côtés", mais qu'il est nécessaire toutefois qu'on tende l'oreille aux personnes qui tentent de s'exprimer et qu'on rejette trop rapidement la critique au risque de la faire taire dans l'espace public.
Bref, je n'ai que des bons commentaires sur cet essai, j'en aurais pris personnellement un peu plus au niveau théorique, mais encore une fois, ce n'est pas l'objectif de cet ouvrage d'en faire une théorisation scientifique ou philosophique.
Lecture très pertinente et très d’actualité qui aborde avec nuance les deux cotés de la médaille de la Cancel culture avec des exemples concrets de toutes sortes de milieu. Je vais certainement faire circuler ce livre dans mon entourage!
Lecture vraiment pertinente qui cherche à soulever toutes les nuances de la cancel culture. Ça m’a pris du temps le lire, mais que je l’ouvrais, c’était un vrai page turner! Ce qui est dommage, c’est que j’ai l’impression que les événements racontés sont déjà datés, mais je pense que ça fait aussi partie des nuances qui proviennent des changements rapides de notre société.
J’ai bien aimé ma lecture mais je pense que je ne suis pas la personne qui peut bénéficier le plus de cet essai. C’est un cas de "prêcher dans sa paroisse" en ce qui me concerne, mais c’était très validant comme lecture.
Je dois avouer que j'étais emballée à l'idée de cette lecture. Comme je suis beaucoup les réseaux sociaux et l'actualité et que je me sens parfois prise d'un vertige face à toute la polarisation qui habite nos débats virtuels, j'espérais que cet essai de Judith Lussier puisse m'offrir des clés supplémentaires à la compréhension de ce phénomène.
130 pages de revue de littérature (que je connaissais déjà) et un long chapitre partisan de la gauche plus tard, je sors de cette lecture les mains un peu vides.
Néanmoins, je me permets de déposer une citation qui m'a beaucoup plue et qui aborde de front ce que je souhaitais que ce livre soit: "Il [la cancel culture] ne s'agit pas que d'un raisonnement intellectuel ou même éthique sur le bien et le mal, duquel on pourrait tirer des conclusions claires et arrêtées. La cancel culture nous pousse à nous questionner sur nos limites, notre capacité d'empathie, notre rapport à la justice, notre besoin de se sentir en sécurité et en relation avec les autres membres de notre communauté, notre façon très personnelle de gérer le rejet [...]" (p. 211).
This entire review has been hidden because of spoilers.
L’autrice traite d’un sujet qui évolue continûment, surtout depuis l’avènement des réseaux sociaux. Un sujet dont elle met en contexte en exposant les exemples d’actualité les plus récents. Un essai qui amène à réfléchir à notre utilisation des réseaux sociaux, et à notre rôle dans cette culture du bannissement. «Selon la théorie du 1-9-90, seulement 1% des internautes utilisant des plateformes sociales généreraient du contenu sur la Toile, 9% interagiraient avec le contenu, et 90% observeraient simplement le tout de façon passive.» Parfois, se sortir la tête de notre bulle, nos algorithmes, nous donne une autre perspective sur le contenu que l’on consomme, et les conséquences que l’on octroie à ces situations. Comme le mentionne Judith, nous devons tendre vers une culture qui est responsabilisante. Croire que l’humain est apte à changer, et à s’éduquer. Bien sûr, il y a certaines conditions à ce propos, entre autre tenir compte du privilège.
J’apprécie certains des arguments de Judith Lussier, mais je trouve qu’il y a quelques angles morts, notamment:
- La cancel culture au sein de la gauche elle-même, au sein de groupes militants et qui tend à marginaliser des personnes déjà marginalisées - Le lien avec les critiques du féminisme carcéral... Je comprends que le système judiciaire soit inadéquat pour s’occuper des violences sexuelles, mais je ne veux pas du tout encourager une culture de la vengeance et de la punition, faisant porter tout le blâme à quelques agresseurs, que ce soit en les mettant en prison ou en les cyberintimidant en ligne. (Lussier en parle un peu en conclusion, mais je pense que ça aurait pu mériter un chapitre complet.)
Lecture intéressante et pertinente, qui m'a emmenée a pousser ma réflexion un peu plus loin qu'elle n'allait déjà. Bien qu'on sente parfois l'allégeance de Judith Lussier au progressisme, il y a aussi d'autre moment où je me suis mordue la lèvre devant les nuances vraiment généreuses offertes aux personnes qui défendent des idéologies conservatrice et à la ''droite'' dans son ensemble.
Je comprends que c'est une dynamique sociale extrêmement complexe mais j'aurais aimé que l'on approfondisse aussi des moments où des critiques ont fait avancer les causes défendues et/ou des stratégies permettant d'éviter les impasses démontrées. Il m'apparaît que le livre en aurait probablement perdu en neutralité par contre, mais étant bien loin d'être neutre moi-même 🤷😁
Ce livre est fortement recommandé. La cancel culture et toutes ses spécificités est une discussion à avoir autant avec notre génération qu’avec les générations plus vieilles, qui ont parfois de la difficultés à s’ouvrir à la génération d’aujourd’hui. L’autrice a fait un excellent travail sur la recherche et l’explication de plusieurs facteurs et mots importants dans la société d’aujourd’hui. C’est le fun d’être en plein cœur de plusieurs sujets qui ont été fortement médiatisés dans les dernières années et de savoir le d’écoulement de ceux-ci. Bref, je vous le conseille si vous êtes une personne qui veut en apprendre plus sur le sujet ou simplement approfondir vos connaissances actuelles.
"Alors que l'on s'inquiète de voir la mémoire de certains hommes être effacés, on ne pense pas à toutes ces femmes ainsi qu'aux personnes racisées ou autochtones qui ont façonné l'histoire sans jamais être honorées de la sorte. Avant de s'inquiéter de ce que l'on efface ou que l'on "cancelle", on pourrait aussi réfléchir à ce qui n'a jamais été célébré."
Un essai qui remet beaucoup de choses en perspective et qui ne vous dira pas quoi faire, mais vous offrira des pistes de réflexion.
Mon bémol ? J'aurais préféré qu'un certain essayiste/chroniqueur soit cité moins souvent parce que c'est lui donner trop d'importance.
Essai très pertinent, néanmoins certainement situé dans une espace temps précis (Québec de 2020-2021 avec des exemples très précis suivants les dénonciations #metoo). J'ai trouvé que certains passages étaient loins dans ma mémoire, mais c'était toujours aussi intéressant plusieurs années plus tard.
Les passages abordant à demi mots l'hypocrisie antiféministe de certains adeptes de la dénonciation de la cancel culture m'a tout particulièrement intéressée. Certains chapitres étaient plus difficiles à passer à travers selon, mais en gros c'était une très bonne lecture (très bon exercice de vulgarisation de la part de l'auteure).
Le titre le dit, l'autrice le rappelle dans l'introduction, il s'agit de réflexions et non d'une "réponse arrêtée à [n]os angoisses." On y trouve une panoplie d'exemples et d'analyses de cas. On y parle autant de la droite que de la gauche.
La terminologue en moi a beaucoup apprécié le chapitre "Le pouvoir des mots".
Excellent ouvrage pour mieux comprendre "ce phénomène complexe aux contours flous", comme le dit si bien le 4e de couverture.
J'ai beaucoup apprécié les réflexions que Judith Lussier partage dans cet essai. Elle s'appuie sur de nombreux exemples qu'elle prend le temps de contextualiser. Un lecteur non familier avec le concept de l'émission Piment fort, par exemple, en apprendra sur l'essentiel en quelques phrases. Bref, on sent tout au long de l'ouvrage que l'autrice s'est rigoureusement documentée et a pris soin de livrer sa pensée avec beaucoup de clarté! À lire!
« Un milieu qui pardonne trop facilement des comportements toxiques banalise ce type d’agissements et permet à ces derniers de se reproduire. À l’inverse, un milieu trop intransigeant est susceptible de favoriser une culture de la méfiance et du secret qui n’est pas plus saine: les comportements toxiques se produisent, mais ils demeurent cachés parce que les conséquences liées à leur dénonciation sont jugées trop graves. On devra collectivement trouver un équilibre.»
Un essai tellement nécessaire et pertinent! Judith Lussier reprend les événements des dernières années, les décortique, les analyse, en pèse le bon et le mauvais, le tout en restant le plus neutre possible. À lire et à mettre entre toutes les mains pour amorcer ou approfondir notre réflexion sur l'usage des réseaux sociaux et sa culture ru bannissement.
J'ai bien aimé cet essai, ces réflexions sur la « cancel culture ». C'est bien documenté et actuel.
Mon bémol personnel : j'ai l'impression que le contenu devient une sorte de suite au livre précédent de l'autrice, On ne peut plus rien dire. J'aurais aimé, par exemple, en savoir plus sur les mouvements de foule et les différents mécanismes derrière une « annulation ».
J'ai bien aimé, comme j'ai lu récemment ''On ne peut plus rien dire'' de la même autrice, j'ai trouvé ça un peu répétitif. Par contre, j'ai aimé le discours nuancé de Judith Lussier en nous replongeant dans les dénonciations des dernières années.
J'ai adoré cet essai qui a une touche humoristique malgré le sujet complexe. La lecture est très accessible et donne beaucoup d'exemples concrets et actuelles dans la société québécoise pour bike comprendre. Cela donne de belles réflexions et permet d'ouvrir le dialogue.
Un essai complémentaire à On ne peut plus rien dire : le militantisme à l’ère des réseaux sociaux. Ce livre comprend des concepts actuels qui sont expliqués clairement, en plus d’être soutenus par de nombreuses ressources.
2.5* pas terminé (peut-être que la fin m'aurait flabbergastée) pas mauvais juste que j'ai pas accroché au style d'écriture (parfois quétaine et prévisible). quelques bonnes réflexions et d'autres moins, donc vraiment un 5/10 pour moi
Essai intéressant et d’actualité. Recense de nombreux exemples notamment québécois et porte à la réflexion. Sujet qui n’a pas encore fini d’évoluer et de susciter étonnement et interrogation.