Admirateur de Kissinger qu’il a rencontré de nombreuses fois, Gérard Araud raconte l’homme dans toute sa complexité et le parcours exceptionnel de celui qui fut l’un des plus grands acteurs de la politique étrangère du XXe siècle. C’est l’histoire d’un jeune Juif né en 1923 en Allemagne, dont la famille fuit in extremis le nazisme pour New York. D’une intelligence lumineuse, travailleur et cabotin à l’excès, il sut naviguer en toutes circonstances du Bronx à Harvard jusqu’à la Maison-Blanche. Conseiller national de Sécurité puis secrétaire d’État auprès du président Nixon, Henry Kissinger joua un rôle central dans l’histoire du monde : fin de la guerre du Vietnam, ouverture vers la Chine en 1972, détente avec l’URSS et guerre du Kippour… Ses prouesses furent nombreuses, au Moyen-Orient ou en Russie, ses revers aussi, au Chili ou au Cambodge. Négociateur hors-pair, l’homme suscite autant d’admiration que de détestation. Pourtant, il exerce toujours son influence alors qu’il a quitté le pouvoir depuis plus de quarante ans. Tous les grands se bousculent encore pour le consulter : Poutine, Xi Jinping, Modi ou Macron. C’est en diplomate que Gérard Araud retrace, avec de savoureuses anecdotes, la trajectoire de ce mal-aimé des Américains, homme d’esprit et génie de la Realpolitik qui régla le jeu des puissances pour garantir la paix du monde.
Henry Kissinger est certainement le seul secrétaire d’État des États-Unis qui est passé à la postérité au niveau mondial, c’est dire l’impact qu’il a eu sur la politique étrangère américaine. Et, comme le rappelle à juste titre Gérard Araud, cette performance est encore plus remarquable pour un enfant émigré juif allemand qui a fui la guerre. Le diplomate français retrace dans ce livre qui n’est pas une biographie – mais s’en rapproche – le parcours de celui qu’il qualifie de diplomate du siècle. L’approche classique, chronologique, nous permet d’apprécier l’ascension de celui qui, même lorsqu’il a quitté le pouvoir, a continué d’exercer une influence importante auprès des puissants de ce monde, à commencer par les présidents des États-Unis qui se sont succédés depuis. La majeure partie du livre s’attarde sur son activité sous les mandats de Richard Nixon qui couvrent deux chapitres majeurs du siècle dernier, la guerre froide et la guerre du Vietnam.
J’ai adoré ce livre qui nous fait découvrir les coulisses du pouvoir par le truchement du plus célèbre des hommes de l’ombre. Je termine cette lecture avec l’envie de lire le livre de Gérard Araud Histoires diplomatiques et le grand oeuvre de Kissinger, Diplomatie – je l’ai déjà à la maison, mais il fait un peu peur quand même.
Ce livre est portrait assez objectif du diplomate. Araud, y présente autant ces qualités que ces défauts. qu'on aime ou non, on ne peut nier la grandeur du personnage. Les quelques anecdotes personnelles sont intéressantes et rende le livre plus intime. Je regrette juste une certaine constance chronologique, ne connaissant que brièvement l'histoire des Etats Unis, j'ai eu parfois un peu de mal à suivre le cours des évènements avec tous ces retours en arrières. Ce pendant je recommande, c'était le premier livre que j'ai pu lire sur Kissinger et je pense qu'il synthétise bien l'homme et le diplomate qu'il était/est.
« Kissinger devient le symbole de tout ce que la droite conservatrice menée par Ronald Reagan déteste et de tout ce que la gauche morale méprise. »
Excellent et passionnant travail biographique. Un destin et un homme assez exceptionnel quelles que soient les opinions politiques et un regard très intéressant sur nos cousins d’Outre Atlantique et une petite partie de leur psyché 👏👏👏
Retrace toute la vie d’Henry Kissinger avec une description détaillée et accessible du contexte historique et des contributions de Kissinger à la politique étrangère américaine. Super livre !
While Le Monde Diplomatique is an absolute masterclass on diplomacy, I could only find the brilliant political analysis and cynicism of Gerard Araud in the last chapters. It is more on the man itself than on the analysis of his decisions. Perhaps I had too much expectations.