Vous comprendrez, vous aussi. Vous les verrez un jour comme je les vois. Et, enfin, je vous pardonnerai.
Le dardasse recouvre le monde. Préserver le territoire de son emprise est un travail constant, et éreintant. Seule évasion pour les Agnats dont c'est la tâche : des jeux virtuels et des visites holographiques aux Ardents, ces êtres génétiquement modifiés au physique fantasmagorique. Le culte qui leur est voué unit les destinées des deux peuples, jadis déchirés par la guerre.
Mais voilà qu'Amira, l'Aînée des Ardents, poupée de paille vivante, est entraînée dans une intrigue qui menace de tout bouleverser…
Une plante extrêmement envahissante a recouvert le monde où seuls deux peuples subsistent de part et d’autre d’un mur. Au sud, les Agnats, malgré leur technologie avancée, s’entassent tant bien que mal sur des terres de plus en réduites. Leur seule échappatoire : des jeux et visites virtuels au nord du mur afin de contempler les Ardents, peuple féru de beauté, aux morphologies très diverses, qui a hissé l’ingénierie génétique au rang d’art. Par leur exil au sud du mur, les Agnats expient ainsi le sort qu’ils ont autrefois fait subir aux Ardents. Mais de nouveaux événements viennent remettre en question cet étrange équilibre entre les deux peuples.
Commençons par les points forts : le worldbuilding est extrêmement original et captivant. L’autrice parvient très bien à s’approprier plusieurs tropes de la science-fiction (ainsi que de la fantasy, bien qu’on soit ici dans de la pure SF) et à en faire quelque chose de tout à fait passionnant. D’ailleurs, la dynamique Agnats/Ardents est franchement intéressante et ses diverses évolutions encore plus. Ces deux peuples sont codépendants, notamment sur le plan technologique et culturel. On serait bien en peine de dire lequel des deux profite le plus de l’autre et lequel a le plus de torts vis-à-vis de l’autre.
L’histoire est racontée de plusieurs points de vue : l’Aînée des Ardents (sorte de mascotte génétique); son précepteur Agnat; le gagnant du dernier concours de beauté Ardent; un jeune père de famille Agnat ainsi qu’un ingénieur génétique Ardent. En parallèle, on suit également le parcours de la reine qui a mené à cet équilibre entre les deux peuples deux cents ans plus tôt. Cette multiplication des points de vue permet d’éviter un certain manichéisme. Toutefois, comme chaque chapitre ne fait que trois ou quatre pages, on glisse très vite sur chaque personnage et on a l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose. D’autant plus qu’il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’exposition à faire… Finalement, les cent premières pages m’ont donné l’impression de patiner avant de voir enfin l’action démarrer. Aussi, les thèmes abordés sont tellement nombreux qu’on a de la peine à cerner les enjeux de l’histoire. Cela rend malheureusement le roman plutôt confus.
Bref, je ressors de cette lecture avec une impression mitigée. Toutefois, il s’agit du premier roman de l’autrice et à voir la qualité de son worldbuilding, celle-ci a un réel potentiel. Je serai très curieuse de suivre son évolution et de lire ses prochains écrits.
Oh que j’avais hâte de me lancer dans la lecture du livre qui lance la nouvelle collection Imaginaire chez les éditions VLB! Comme on voit la science-fiction et le Fantasy prendre de plus en plus de place dans la scène littéraire mondiale (et dans les séries & films), il était temps que le Québec emboite le pas à cette tendance! Le livre ardent, c’est une dystopie où deux peuples vivent ensemble, mais séparés, dans un équilibre emmené par une reine, quelques années auparavant. Si au début je me mêlais constamment entre les noms des peuples (Agnats/Ardents), lequel était qui, habitait où, etc., j’ai persévéré et rapidement compris les passages qui me mêlaient le plus. Plus le récit avance, plus il nous sert des clés de compréhension qui permettent d’apprécier l’histoire à sa juste valeur. Si vous entretenez une curiosité pour ce genre littéraire, je vous conseille de vous lancer dans ce monde dystopique fort intéressant qui entremêle règne de beauté, besoins médicaux et cruautés. En plus, je ne le soulignerai jamais assez, la science-fiction reflète presque toujours les peurs de notre société actuelles. C’est vraiment un terreau fertile pour entamer des réflexions !
Ce livre est un peu comme un bouton de fleur: ça prend du temps pour que ça commence à s’ouvrir peu à peu avec chaque chapitre. Puis on commence à voir les petites connections entre les personnages, les paysages, et les différents éléments narratives - ces petits fils qui grandissent, s’entremêlent, se donnent du couleur, et ce n’est pas qu’à la page finale qu’on peut admirer la fleur complètement ouverte, avec toute sa douce beauté.
Ce livre m’a exigé d’attention et de la patience, et, en revanche, il m’a émerveillé et m’a apaisé. Il y a ici plusieurs couches et niveaux des métaphores, des symboles, des émotions et de la signification. Par exemple, si vous avez de la misère de distinguer entre les deux peuples et des leurs noms dans le roman, c’est peut-être pas par hasard.
J’avoue que je n’ai pas tout compris, mais j’ai été séduit par ce que j’ai compris, ainsi que par la plume élégante, délicate et forte de l’autrice, tout comme son personnage d’Amira. Je crois que ce n’est pas nécessaire de comprendre le tout pendant la première lecture pour l’aimer. Comme ça, la deuxième lecture sera aussi enrichissante. C'était pareil à mon autre lecture géniale de cette année, le recueil des nouvelles de Page Cooper, et à beaucoup de mes autres livres préférés.
C’est maintenant quelques jours que les personnages et l’univers du roman avec ses paysages du sable et de la dardasse restent dans ma tête comme un souvenir d’une pause de lecture rafraîchissante dans la vie frénétique de mon quotidien. Fortement recommandé!
J’ai malheureusement décidé d’abandonner ce livre.
Pour vrai, je suis certaine que ce livre peut plaire à plein de personnes mais pas à moi. Voici les concepts qui me plaisent moins, mais s’ils vous plaisent, possiblement que ce livre pourrait être pour vous. :)
C’est un livre où l’on suit, en alternance, beaucoup de personnages dès le départ.
Les chapitres sont courts/très courts et ça devient quasiment des fragments pour certains moments. Il faut donc se souvenir de chaque moment pour être capable de relier les événements entre eux.
Il y a alternance entre le présent et le passé.
Il y a un aspect très lent. On découvre l’univers peu à peu, mais pour les 100 premières pages en tout cas il ne se passe pas beaucoup d’événements significatifs.
Je n’ai pas lu Dune, mais je l’ai vu et j’avais vraiment des images similaires en lisant Le livre ardent.
J’ai aussi eu un sentiment qui me rappelait N.K. Jemisin, la 5e saison.
C’est un livre de politique, d’enjeux sociaux et tout ça dans un désert aride.
De beaux personnages que j’ai noté sur un signet pour ne pas trop me perdre parmi tous les personnages.
Parseval (cornu) & Néti; Gregor & Matcha (auxquels je me suis beaucoup attachés; Davios & Stella; La Reine Astiane & l’amant Esse (versus le roi More); Pol, Nèss et leur bébé Lachna; Amira (dite la 9e des « aînées »); Et les passeurs Milo, Frann et Marius.
À parti de la page 95, tout est mis en place, vous pourrez lire l’histoire plus aisément.
Un monde près du « post-apocalyptique » en ce sens qu’une plante extrêmement envahissante est apparue et a tout détruit: les cultures & pâturage. Elle a pris place partout ou presque… et c’est à cet endroit que nous vivrons l’histoire de 2 peuples, les ardents(génétiquement modifiés) d’un côté et, de l’autre, les Agnat (les… je vous laisse les découvrir ;p) .
Un livre qui demande beaucoup d'attention aux détails pour en saisir l'intrigue et qui ne tient pas du tout le lecteur par la main. Honnêtement, vu le temps qu'il m'a fallu et la pause de plusieurs mois prise pendant ma lecture, je ne me suis donné aucune chance d'apprécier le livre à sa pleine valeur. J'ai passé le ¾ livre à devoir revenir en arrière pour voir qui est de quel côté du mur à quel moment, qui est Agnat, qui est Ardent, qui est lié à qui... Un peu trop exigeant pour le moment où je l'ai lu. Les thèmes et l'écriture m'ont plu, par contre! À relire éventuellement, pour mieux comprendre les enjeux.
Univers intéressant, belle écriture. Toutefois l'histoire m'a laissée un peu de marbre. On suit beaucoup de personages point de vue qui alternent de courts chapitres; en conséquence, j'ai eu l'impression de survoler l'intrigue et de ne connaître personne en profondeur. C'était un peu froid, comme roman, il y avait comme une distance qui faisait que je n'arrivais pas vraiment à accrocher. Pas mauvais, mais pas marquant non plus.
J'ai acheté mon exemplaire au kiosque de Joie de livres, lors du Salon du livre de Montréal de fin novembre 2024.
Ce livre est un 3,25 à 3,5 / 5 pour moi et il m'a laissé sur ma faim.
Réflexions détaillées sans divulgâcher le récit
- j'aime beaucoup la collection VLB imaginaire, dans laquelle j'ai découvert en 2024 les oeuvres de Mélodie Joseph ainsi que Les lignes invisibles de Su J. Sokol. Cette collection est co-dirigée par Geneviève Blouin et membre Mathieu Lauzon-Dicső
- j'ai bien aimé le worldbuilding de cette œuvre, et ce d'autant plus pour un premier roman publié. L'univers est cohérent et bien pensé
- la qualité de la prose est irréprochable : belle sans se perdre non plus dans la poésie lyrique
- là où le bât blessait un peu plus pour moi et que je n'ai pas réussi à bien accrocher aux nombreux personnages qui parsèment le récit avec différentes perspectives aka "points of view" (dont certains sont dans le passé, pour des fins de compréhension de la société). Je ne suis pas convaincu que les scènes du passé étaient nécessaires au récit. Par ailleurs, le fil conducteur du récit semble parfois confus pour le lecteur et le scénario se révèle un peu simpliste et décevant (par rapport aux autres livres de SFF que j'ai lus récemment).
En conclusion : le livre a de très bons côtés mais il m'a laissé sur ma faim. J'étais très content de découvrir cette jeune auteure québécoise et je serai intéressé de lire ses prochains romans car je suis convaincu que son style va encore s'améliorer.