Une maternité ferme. Un accouchement tourne mal. Un enfant meurt. Interpellé, le préfet n'a qu'une chose à dire : « nous sommes comptables de la dette publique ». Et le verrou est mis.
Proposition de la littérature : tourner la clé.
À l'évidence, tout tient dans une formule - mais qu'est-ce qu'elle tient cette formule ? Un ordre, des intérêts, un verrouillage. En guise de quoi on dit : LaDettePubliqueC'estMal. C'est un assommoir : trente ans de répétition, des parleurs, des figures, des grimaces - tous les tours de l'autorité. Qui n'y feront rien : ce seront toujours des contes. Mauvais livre de contes : l'ouvrir, le désosser, le bazarder.
Je ne sais pas ce que je m'attendais en lisant ce livre. Une démonstration éclairante sur le langage utilisé pour parler de la dette publique, qui nous soumet et fabrique notre consentement, dans un registre plus littéraire et moins académique que d'habitude ?
Au lieu de ça j'ai eu une essai au style volontairement abscons, où j'ai l'impression qu'il manquait la moitié des mots dans une phrase, comme si je lisais les notes prises par l'autrice pour rédiger l'ouvrage et pas l'ouvrage lui-même.
La moitié du temps je ne comprenais pas ce dont il était question. Les digressions sur la mythologie grecque, Madame Bovary et Alice aux pays des merveilles m'ont parue hors de propos et semblaient être là pour faire plaisir à ceux qui sacralisent les références littéraires.
Bref, c'était pas clair, et j'en suis sorti encore plus confus sur le sujet.
Travail littéraire et linguistique édifiant montrant combien la "langue du capitalisme néolibéral" distord la réalité des finances publiques - à grands coups de vérités générales erronées - pour faire toujours passer les intérêts des puissants et des marchés financiers en priorité. "La littérature peut : ramener de l'indicible dans le dicible, figurer de l'infigurable, rétablir des prédicats effacés. Le reste : retrouver taille collective et terminer le jeu, ce n'est pas dans un livre" (p.138)
Propos plus qu'intéressant et démonstration parfaitement réussie avec des parallèles parlants et pertinents Malgré tout peut être un peu difficile à suivre parfois à cause du choix de la forme, et quelques manques de précisions techniques, un approfondissement plus explicite sur les réalités économiques aurait peut être été bien venu