Michel Tremblay rassemble ici une douzaine de petits et de grands bonheurs musicaux, mais aussi quelques déceptions tout aussi délicieusement racontées : Madama Butterfly de Puccini, Barbara, Un ballo in maschera de Verdi, Céline Dion, Le lac des cygnes de Tchaïkovski… jusqu’à L’offrande musicale de Bach. Ces souvenirs tour à tour poignants et désopilants se concluent par deux codas fictionnelles dans lesquelles La Duchesse, personnage fétiche de l’univers de Tremblay, assiste à un concert d’Édith Piaf, puis au Boléro de Ravel à l’auditorium Le Plateau du parc La Fontaine.
Né en 1942, Michel Tremblay grandit dans un appartement de Montréal où s'entassent plusieurs familles. Ses origines modestes marqueront d'ailleurs ses œuvres, souvent campées au cœur de la classe ouvrière, où misères sociale et morale se côtoient. En 1964, il participe au Concours des jeunes auteurs de Radio-Canada, avec une pièce de théâtre intitulée Le train, et remporte le premier prix. C'est à peine un an plus tard qu'il écrit l'une de ses œuvres majeures, Les belles-sœurs, dont le succès perdure. La pièce est jouée pour la première fois en 1968 au Théâtre du Rideau Vert.
Michel Tremblay est l'auteur d'un nombre considérable de pièces de théâtre, de romans, et d'adaptations d'œuvres d'auteurs et de dramaturges étrangers. On lui doit aussi quelques comédies musicales, des scénarios de films et un opéra. Ses univers sont peuplés de femmes, tantôt caractérielles et imparfaites, tantôt fragiles et attachantes, qu'il peint avec réalisme et humour. Vivant les difficultés du quotidien, ses personnages au dialecte coloré ont d'ailleurs contribué à introduire dans la dramaturgie et la littérature d'alors un niveau de langue boudé des artistes : le joual.
En 2006, il remporte le Grand Prix Metropolis bleu pour l'ensemble de son œuvre.
En 2017, le Prix Gilles-Corbeil lui est décerné pour l'ensemble de son oeuvre.
Pas encore le plus grand fan de nouvelles/petites anecdotes (n'est pas Serge Bouchard qui veut!), mais on parle quand même de Michel Tremblay, comme dans 'la langue de Tremblay'!
Il réussit à nous faire entrer dans chaque anecdote rapidement, mais comme à chaque fois que je lis un recueil de nouvelles/d'anecdotes, j'ai de la difficulté à rembarquer dans la prochaine après en avoir fini une. Le thème principal de la musique en est un puissant par contre. Même si les anecdotes dans leur ensemble donnent une impression un peu confuse et pêle-mêle, le thème central est bien abordé par Tremblay. On sent son amour indéfectible pour la musique et comment elle s'immisce dans tous les aspects de notre vie, et surtout les moments d'émotion intense. J'ai ressenti au fond de mon âme tous ces passages sur l'aspect cathartique de la musique, comment celle-ci peut faire ressortir la mélancolie, la nostalgie, comment elle nous aide à aller au bout de l'émotion, à nous drainer, pour ensuite nous faire sentir frais et rasséréné.
On s'écarte de l'image qu'on se fait d'un Tremblay classique, et pourtant c'est un si gigantesque monument qu'on veut tout croire ce qu'il écrit, on lui prête une aura un peu mystique; les anecdotes n'en sont que plus croustillantes. Et on se retrouve quand même dans le Montréal, le Plateau Mont-Royal qu'on connaît, qui nous fait sourire dans notre identité québécoise imparfaite mais fière.
Au final, un texte sympathique, qui se lit vite fait bien fait un dimanche après-midi glacial, dans l'attente des sorties culturelles et gastronomiques qu'il décrit avec détail. Merci à Ben pour le prêt.
Écouté en livre audio, avec la magnifique lecture de Gilles Renaud et quelques extraits sonores, ce livre de Michel Tremblay m’a fait passer un très agréable moment!
Michel Tremblay est dans mon top 5 d’auteurs que j’aime lire. C’est un rituel de lecture annuel. Comme j’aime aimé les offrandes musicales, dans chacun des chapitres il nous raconte une histoire en lien avec un souvenir musical.
Je me suis sentie moins transportée que je ne l’aurais espéré. C’est bon, mais rien de transcendant. J’ai par contre écouté la musique mentionnée au fur et à mesure et ça ajoutait beaucoup à l’expérience. Je m’ennuyais de Barbara, ça m’a fait du bien de la réécouter.
Un livre que j’ai écouté en audio… Une première pour moi qui aime tourner les pages d’un bon roman. Une alternative positive pour remplacer la fameuse vieille « playlist » Deezer de Coldplay quand je fais mes fameux exercices routiniers pour renforcir mon genou. A quand mon prochain livre audio?
Seize petites histoires qui racontent l'amour de la musique de l'auteur. Michel Tremblay est à son meilleur (à mon avis) dans cette partie de son oeuvre, ses livres qui racontent ce qu'il aime par dessus tout depuis longtemps: le cinéma, le théâtre, la lecture et maintenant la musique. Souvenirs et imagination s'enchainent sans qu'on sache vraiment où l'un commence et l'autre finit. Mais c'est sans importance parce que c'est Michel Tremblay qui raconte, et ça, j'adore ça.
Je suis une fan incontestée de Michel Tremblay, j’ai lu tous ses romans et quelques-unes de ses pièces de théâtre.
Je dois avouer que dans les dernières années, certains de ses romans m’ont un peu déçue. J’ai donc été très heureuse de renouer avec l’auteur que j’idolâtre depuis mon adolescence avec ce nouveau roman, qui est dans la même veine que ses excellents « Les Vues animées », « Douze coups de théâtre » et « Un ange cornu avec des ailes de tôle ».
J’ai adoré lire sa série de mémoires autour des œuvres musicales qui ont marquées sa vie, de manière positive ou pas. Vraiment un bon roman qui me rappelle les œuvres qui m’ont fait connaître et aimer l’auteur!
Isolé au chaud à Key West durant la pandémie de Covid-19, l’auteur en profite pour revisiter des souvenirs musicaux qui ont marqué son parcours. Que ce soit son intérêt pour l’opéra ou l’on met en scène de façon grandiose des tableaux de la vie, ou son attrait pour Céline Dion ou Édith Piaf, Tremblay raconte comment ces expériences l’ont alimenté et ont parfois contribué à son inspiration. De Madame Butterfly au Boléro de Ravel, on est convié à un voyage dans le temps. Le Michel adolescent jusqu’à l’homme de 77 ans d’aujourd’hui nous invite au partage. On découvre quelques moments clés de son expérience extatique face à la musique. L’auteur termine le livre par deux codas pour Édouard, l’un de ses personnages fétiches.
Citations : « …j’avais mes favoris, des chanteuses, des chanteurs, des metteurs en scène, des chefs d’orchestre qui savaient aller chercher en moi ce qu’il, y avait de plus sensible, de plus vulnérable, et que je laissais avec un plaisir presque masochiste me manipuler, me noyant avec délices dans leur façon d’interpréter un rôle, de moduler une phrase musicale ou d’éclairer une scène particulièrement émouvante sous un jour nouveau. » pp. 16-17
« Et je cru que mon cœur allait exploser. Une gigantesque vague de hurlements, absolument irrésistible, nous propulsa sur nos pieds malgré nous. Quatre mille personnes (moins deux) qui crient Çliiine en même temps, des piochements, des sièges qui se relèvent sans qu’on les rétienne, des bras qui s’étirent au point de nous cacher la scène, même debout. » p. 97
Si je n’avais pas assisté à ce concert ce soir-là, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou n’existerait peut-être pas. » p. 110
J’ai reçu ce livre en cadeau dans l’échange de Noël de mon club de lecture virtuel. L’auteur nous partage de nombreux souvenirs liés à la musique: des opéras, comédies musicales, pièces classiques. Ces instants se déroulent à des moments variés: pendant la pandémie, durant sa jeunesse notamment. Ils se déclinent aussi dans un large éventail de tonalités: révélation, inspiration, désespoir, deuil. Pour ne pas terminer sur une note trop sombre Tremblay conclut avec deux offrandes mettant en scène Édouard, alias la duchesse de Langeais.
Depuis mon adolescence, j’ai toujours adoré lire Michel Tremblay, mais à mes heures. Ce recueil de courtes anecdotes, culminant avec deux histoires d’Édouard (personnage culte s’il en est un), rempli de la musique qui a bercé chacune d’elles et narré d’une voix de maître par Gilles Renaud (car j’ai écouté la version d’OHdio), vaut les un peu plus de trois heures d’écoute.
Un pur délice. Un grand bonheur qui m’a fait oublier les nouvelles Covid totalement déprimantes. On rit, on pleure, on est joyeux ou un peu tristes mais on écoute les musiques qui ont plu à l’auteur en même temps qu’on le lit et ça nous remet tout en perpective. Il y avait longtemps qu’un livre ne m’avait pas fait autant de bien!