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177 pages, Hardcover
Published January 1, 2021

'Puis c'est le vent et le froid qui t'ont fait frissonner différemment. Tu t'es rhabillé triste et sans peur. Tu t'es mis à sangloter sans trop savoir pourquoi. L'image qui te venait était celle des enfants perdus qui s'éloignent en marchant, droit devant, avec ces larmes froides qui brouillent tout.' p.62Bas Jan Ader made art of himself. Most of his works shows how gravitation gets hold of him. How he falls. How he falls from a tree branche, how he rides a bicycle into a canal, how he sits on a chair on a roof until he falls. His falling was unavoidable. Is this why he cried?
'...tu imagines te faire filmer en train de pleurer, grave, effondré, ruisselant. C'est assez doloriste, comme s'il fallait faire payer ton corps d'une manière ou d'une autre, alors même qu'avec tes airs de dandy l'ironie et le détachement prévalent.' p.83

'Le mouvement lent de ta chute intrigue moins que l'immobilité de tout le reste. Le ciel n'a pas bougé, les nuages, les étoiles invisibles non plus.' p.98His last project was to cross the ocean form the States to the U.K. all alone, on a little boat. It should have taken him a few months but he never arrived. Nine months later his boat was found, empty. His body was never found. Was his disappearance an accident? Did he commit suicide? Is this his ultimate performance art work? Is this his final fall? Was he crying because he knew he’ll disappear?

'On pourrait écrire que tu t'es noyé mais on dit que tu as disparu. C'est plus acceptable, l'expression permet de taire ce qu'il y a eu de terrible dans ces quelques heures où la mer, le vent, le ciel teinté de violet, de marron, de couleurs étranges, dissimulées par les pluies diluviennes qui tombaient, se sont mélangés avec ardeur. D'abord entre eux et ensuite à ton bateau et enfin à toi.' p.144The work of Bas Jan Ader fascinates me, because I cannot understand it.
'Tu as pensé à la douceur du mouvement régulier des vagues et alors que tu imaginais sentir l'odeur des algues, du sel, c'est celle de l'humus, de la forêt qui t'a emporté, avec l'évidente désinvolture des vrais miracles.' p.157

'Tu avais compris qu'on ne te demandait pas grand-chose, on ne te demandait pas d'être un enfant heureux, pas d'être un enfant parfait mais au moins de jouer à celui qui l'était, d'avoir un masque adapté à la situation, que tu fasses bonne figure, ce qui voulait dire un regard recueilli et attentif aux autres.' p.42In a certain way the links Thomas Giraud suggests between the life and work of Bas Jan Ader look to me a bit farfetched and oversimplified. Reading the story of his life is nevertheless interesting. I guess this book offers a fascinating reading experience for people who know nothing or very little about the work of Bas Jan Ader, unlike me.
'Je suppose que ça a dû être étrange de mettre tes jambes, tes bras et ton ventre dans ses vêtements, de t'habiller en fantôme. Vous deux mélangés. Peut-être qu'il restait un peu de son odeur que les lavages ne faisaient pas disparaître. Comme s'il t'était possible de retrouver un instant disparu.' p.54
Certains ont dit que c’était un suicide déguisé, que tu n’avais plus soif de rien, qu’on ne traversait pas l’Atlantique avec si peu de moyens, avec ce bateau inapproprié sans en attendre quelque chose. Personne ne sait, personne ne peut savoir, personne ne pourra savoir. Il faut faire avec, ce peut-être qui, je crois, était le peut-être que tu acceptais aussi ; les choses n’étaient probablement pas tout à fait claires pour toi entre le fait de vivre, de mourir ou même d’être entre les deux ou, par moment, au-delà.