Saviez-vous que Napoléon, lors de la campagne d'Égypte, a embarqué avec lui 167 savants chargés d'étudier le pays ? Que c'est un Français, René Caillié, qui a été le premier Occidental à atteindre la ville de Tombouctou et à en faire la description ? Que le légendaire Brazza, en parcourant 1 500 kilomètres dans l'impénétrable forêt congolaise, a défriché le futur empire colonial français ? Ou que, au XIXe siècle, une femme, Alexandra David-Néel, a réussi à atteindre la cité interdite de Lhassa ? Si vous pensez que la géographie n'est qu'une matière scolaire ennuyeuse, vous vous trompez. La connaissance de la Terre s'est faite à partir d'histoires rocambolesques, d'aventures incroyables, d'explorations périlleuses... Les aventuriers ont sillonné le monde entier, parfois au péril de leur vie. Passion des princes et des savants, ou des voyageurs qui rêvaient de terres encore inconnues, c'est après la Révolution, avec la fondation de la Société de Géographie en 1821, que cette discipline ambitionne de devenir une science à part entière. Le XIXe siècle voit aussi s'affronter les grandes puissances européennes, autant pour le savoir que pour la conquête coloniale. L'Incroyable Histoire de la géographie est le récit étonnant des grands événements qui ont construit cette science, alors même que la Société de Géographie célèbre son bicentenaire.
Première partie très intéressante mais le livre se transforme peu à peu en une promotion mal déguisée pour la société géographique qui est d'un ennui mortel. On notera aussi l'absence totale de réflexion sur les conséquences historiques de la géographie, notamment la colonisation, qui est passée sous un silence total et souvent tourné en dérision au prix d'une vérité "scientifique" tout puissante. Je trouve qu'il y avait vraiment beaucoup mieux à faire et à dire.
10 000 ans d'exploration du monde, ça donne des centaines de personnages et de lieux du monde entier et de toute époque qui tente d'exister d'une case à l'autre en à peine 240 pages. C'est dense, c'est pas digeste et c'est pas intéressant avec le manque cruel d'un fil linéaire qui aurait pu sauver la chose en nous permettant de nous raccrocher à quelque chose au milieu de ces sauts constant dans le temps.
Intéressant sur le fond, sur la structuration de la géographie et les angles choisis pour son enseignement. Profondément marqué d’un affligeant colonialisme dont les auteurs n’ont pas su défaire en évoquant la « découverte » de certains lieux.