Un modeste bungalow aux cadres de fenêtres peints en vert. Sur la porte, une couronne de fleurs en plastique est accrochée au-dessus du heurtoir doré. Une veilleuse de la Vierge est allumée en permanence, même si personne dans la maison ne peut prétendre croire en Dieu. Olive rentre aux petites heures du matin. Elle revient du Nook, au bout de la route du Mort. Elle est boueuse, mal en point, et lorsqu’elle se plonge dans la baignoire, un filet de sang s’échappe d’entre ses jambes. Dans les pièces d’à-côté, ses soeurs dorment à poings fermés. Elle dit qu’un homme l’a accostée et l’a forcée, mais sa famille, son enseignante et ses amies croient qu’elle ment. Entre les cours, la préparation d’une danse et les visites au dépanneur, des vers de terre lui sortent du nez, une vigne pousse dans sa cheville et une puanteur de plus en plus prenante la suit partout. Tu redeviendras poussière transcende la tradition du récit fantastique pour se transformer en une charge terrible et émouvante contre l’indifférence.
Heather O'Neill was born in Montreal and attended McGill University.
She published her debut novel, Lullabies for Little Criminals, in 2006. The novel won the Canada Reads competition (2007) and was awarded the Hugh Maclennan Award (2007). It was nominated for eight other awards included the Orange Prize, the Governor General's Award and the IMPAC Dublin Literary Prize. It was an international bestseller.
Her books The Girl Who Was Saturday Night (2014) and Daydreams of Angels (2015) were both shortlisted for the Giller Prize.
Her third novel The Lonely Hearts Hotel will be published in February 2017.
Her credits also include a screenplay, a book of poetry, and contributions to The New York Times Magazine, This American Life, The Globe and Mail, Elle Magazine, The Walrus and Rookie Magazine.
Percutant et terrorisant. Un livre qui ne nomme pas les choses directement, mais qui les hurle au deuxième degré. J'en suis vraiment restée bouleversée.
« Olive ne voulait pas rentrer chez elle. Elle ne s’y sentait plus chez elle. Elle ne pouvait plus dormir dans son lit. La seule façon de convaincre qui que ce soit qu’il lui était arrivé quelque chose, c’était de retourner à cet endroit dans les bois. »
Un tout petit livre qui ébranle et fait réfléchir. Il fait officiellement partie de mon top 5 de l’année 2021.
Une nouvelle effrayante publiée en édition limitée et reliée à la main. Le meilleur : la couverture s'illumine dans le noir! On revisite le mythe du zombie, récupéré pour illustrer de façon métaphorique le mal-être qui ronge la protagoniste de l'intérieur et l'indifférence de son entourage. Peut-on dire qu'on est en vie quand on se sent mort en dedans et qu'on a l'impression d'être un fantôme aux yeux des autres? À la fois gore et poétique, c'est un texte touchant et bien d'actualité.
Ce deuxième micro-récit de la série Ectoplasme est fort intéressant! J'ai été captivée par le personnage d'Olive qui se voit refuser l'aide qu'elle ose demander à la suite d'événements tristes qui ont saccagé son intimité. La suite déjantée nous transporte dans un récit sombre, écoeurant et sordide fort bien mené. J'en aurais pris plus!
Avec Heather O'Neil, le meilleur est toujours à la fin. Le problème est qu'il faut souvent se taper des pages et des pages de clichés avant d'en arriver à la substance intéressante de son discours. Cette petite plaquette de 38 pages ne fait pas exception.
J'ai adoré cette nouvelle! Je n'étais pas un fan de la façon que l'autrice a abordé le viol dans "The Lonely Hearts Hotel" sans avertissement. Dans ce cas-ci, ça a été exécuté avec beaucoup de sensibilité selon moi.
« Elle ne s’y sentait plus chez elle. Elle ne pouvait plus dormir dans son lit. La seule façon de convaincre qui que ce soit qu’il lui était arrivé quelque chose, c’était de retourner à cet endroit dans les bois. »
Olive, jeune adolescente banale, rentre chez elle bien après son couvre-feu. S’en suit une pluie de reproches qui s’abat sur elle, sans que personne ne prenne le temps de l’écouter réellement. Les jours s’écoulent dans sa vie ordinaire de banlieue, tandis que des fragments de la tragédie nous sont dévoilés et que des évènements troublants font leurs apparitions.
Une nouvelle captivante aux multiples paradoxes. Olive nous semble simultanément brillante mais obscure, pétillante mais vaincue, vivante mais morte. Qu’est-il donc arrivé cette nuit-là?