Chaillan Marianne – Où est donc le bonheur ?
Ma propension au bonheur est assez faible. Je suis pessimiste par nature et l’histoire de mes anciens est ponctuée de drames raccourcissant irrémédiablement l’espérance de vie moyenne de la famille. Etre heureux a toujours été pour moi : une énigme et un objectif inatteignable du fait de mon incompréhension envers ceux de mes congénères qui arrivent au boulot avec le sourire, qui regardent le visage de leur femme vieillir sans fléchir ou qui vont aux enterrements comme une tâche à accomplir revenant au bureau le lendemain avec flegme en vous demandant si vous, ça va. Pour moi, le bonheur est un travail, non un acquis. Pour parvenir à métaboliser les molécules d’ocytocine et de sérotonine nécessaires à mon sourire bimensuel, je dois me baser sur les dernières études sociologiques sur le Bonheur dans les pays développés (par rapport au PIB) sorties dans The Economist, un dossier complet sur la Joie par le Yoga dans Psychologies magazines, un podcast intitulé Lutter contre la dépression saisonnière de Christophe André ainsi qu’une conversation sarcastique avec mon meilleur ami sur le dernier échec de ma vie. Et c’est dans le cadre de cette routine « santé mentale pour se lever le matin » que j’ai lu : Où est donc le bonheur de Marianne Chaillan.
Ce livre est une sorte de best of de tous les livres sur le bonheur que j’ai lus précédemment. Bon, je ne vais pas ressortir Carpe diem et tout cela mais quelques rappels importants :
Le bonheur n'est ni le plaisir ni la joie. Il est statique et diffus. C’est une plénitude transcendant le temps.
Il faut dans la mesure du possible se satisfaire du réel, ne pas idéaliser une vie imaginaire.
Considérer son travail comme une fin en soi et non un moyen : c'est saisir le présent.
Trouver son ikigai.
Acceptation.
Il est insensé de faire dépendre son bonheur de quelque chose en dehors de soi : un amour, une reconversion, une maison… On aura sinon un sentiment d’incomplétude perpétuel. On passera alors sa vie à chasser toujours une chose qui nous manque. La vie n’a ainsi de valeur que par nos accomplissements, pas pour la vie elle-même. Pour ceux qui sont coincés dans ce schéma, le bonheur est donc dans le futur et dans la réalisation d’un projet. Ils méprisent le présent et diffèrent de vivre.
Le bonheur n'est ni une possession ni une émotion de plaisir mais le jugement que nous portons sur nous et ce que nous sommes.
La vie est sa propre fin, chaque instant est le propre but de la vie.
La maladie, la douleur et la mort font partie de la vie, ce sont des expériences de vie.
La vie n'a pas de but. Le but qu’on lui donne est un masque, il faut le prendre comme un jeu et arrêter de jouer si le masque ne nous plaît plus.
On ne peut pas trouver la paix en évitant la vie.
« Vous voulez être heureux ? Vivez. Vivez vraiment. Détournez-vous de la vie calme et répétitive, ce somnifère qui fuit le risque, les passions violentes et les aventures. Soyez fidèle à l’esprit de la vie : créez, changez, faites place à la surprise et aux hasards. Osez. Soyez cette vague qui déferle, se brise et renaît ailleurs, plus loin. Vivez »
Ne vous contentez pas de vivre votre vie, existez vraiment.