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384 pages, Paperback
Published September 16, 2021
« Car outre exigence qui me condamne à la désillusion, je suis faite d’excessivité et d’abondance. »

Je serai l’encre sympathique
De vos amours éphémères
Tant pis pour la vie qui coule amère
Comme un vin trop fermenté
Qui se dissipe en parfum charnel
Je serai l’horloge
Qui bat comme le cœur
A la vitesse irrationnelle
Sans amertume sans rancœur
A la douceur de ramener à soi
La permission de vivre
Chaque jour
Comme si demain
Ne devait surprendre personne*
- Visages décalqués, LE LIVRE NOIR (septembre 1988 – février 1989)
Il se pourrait qu’on repeuple dès hier
Les antichambres du silence*
- Les antichambres du silence, LE LIVRE NOIR (septembre 1988 – février 1989)
L'amour d'un homme pour une femme,
C'est un livre d'enfant
Aux mille et une nuit.
Aux mille et une nuit,
Où tes yeux ont navigué en moi
Sur des lacs étoilés.
Aux mille et une nuit,
Aux cités charnelles,
Où tes désirs m'habitent,
Où ta voix m'appelle,
Sur des lacs lumineux,
Au-dessus des étoiles liquides.
- LES NOCTURNES, le 6 décembre 1987
Sans doute de nous deux c'est moi qui aime le plus fort
Mais il faut partir avant
Avant qu'il ne soit trop tard dans le coeur de tes bras
Avant que tu ne m'oublies dans l'horizon du soir
Avant que tu n'aies l'illusion de me posséder entièrement
Car vois-tu je suis tout comme le vent
tout comme le vent qui caressera ton visage
Pour toujours
Et qui portera en lui la saveur de ta peau
Où j'ai vu mon empreinte mon image
Une nuit ou peut-être toute la vie*
- Le Sillage du soir venu, LE LIVRE NOIR (avril - septembre 1988)
Il n'y a pas de moyen de concurrencer Dieu
Ni moi ni personne
Il y a seulement un moyen de se concurrencer soi-même
Et de s'affranchir par delà les limites
Pour se témoigner à chacun le don de la vie
Qui vient d'on ne sait où
Qui aboutit autre part
Mais de vous mon Dieu je ne sais rien
Si ce n'est les countours tranchants de doute
Si ce n'est les éclaircissements de l'amour
Qui renouvellent chaque jour votre substance
Tout le reste n'est qu'incohérence
- LE LIVRE NOIR (avril - septembre 1988)
« Non, je ne crains pas d’écrire car là est toute ma vie, car là est mon bonheur et ma douleur parfois. Mais lorsqu’il m’arrive de frôler ces visages de l’existence que peu de gens connaissent ou réalisent, je me rends compte que ce n’est pas moi qui suis forte : ce sont mes mots. C’est tout ce que j’ai pour vivre intensément, c’est-à-dire plus vrai, plus fort que ce que le destin me réserve. Je suis déjà réservée aux voyages les plus fous car je suis née pour me surpasser moi-même, car je suis née dans l’espoir de ne jamais mourir les mains vides. »

Le silence est vivant,
La solitude est humaine.