Après avoir été approchée par une compagnie de théâtre, Véronique Côté se lance dans l’écriture d’une pièce sur la prostitution, La paix des femmes. Au cours de ses recherches, elle découvre l’existence de deux camps irréconciliables: d’un côté, les pro-tds, pour «pro-travail du sexe», de l’autre, les abolitionnistes. Alors que les premières militent pour la décriminalisation de la prostitution, les secondes cherchent à l’éliminer. C’est comme femme et comme artiste que Véronique Côté prend ici la parole, accompagnée de Martine B. Côté, pour dénoncer cette idée qui veut que «ça a toujours existé, et ça existera toujours». Elles écrivent pour les femmes et contre le système qui les exploite.
C’est vraiment bien écrit par contre je trouve qu’il n’y a pas assez de solutions proposées. Je reste pas d’accord sur la position du texte grandement à cause de ça. Oui, le constat est terrible, mais les solutions pour faire autre chose doivent être disponible, facile, efficace et compréhensible pour une partie de gens qui ont beaucoup moins de privilèges que les autrices. C’est une des faiblesses, selon moi, pas que je sois la plus grande fan de dire ses privilèges pour les dire, mais comprendre comment chaque femme est littéralement à un cheveux de tomber là dedans sans avoir vécu la précarité qui pousse certaines personnes à exercer ce métier, c’est un peu poche. Et je dis ça sans haine, sans rien en fait. C’est un texte courageux avec de belles idées, mais je reste avec cette idée de ok ben on fait quoi.
Aussi, il y a tout un pan qui est ignoré, mais qu’on frôle avec les cam girl, Only Fan, etc. Je crois que ça aurait valu la peine de creuser dans cette agentivité là aussi, dans la marchandisation du corps.
Mais bon c’est courageux oui, mais incomplet (peut être par peur parce que c’est vraiment un sujet difficile et confrontant).
Je viens de terminer Faire corps. Ouf, quel sujet difficile, quel courage d'en parler. J'ai souligné cette phrase, p. 15: "Nous sommes toutes prostituables." Ça donne une idée de cet essai percutant.
La question de la prostitution n'est pas facile, car elle divise. On ne sait pas trop quoi en penser... C'est la libération ou c'est l'exploitation du corps? Les sentiments troubles qu'on peut avoir devant le discours "c'est un travail comme les autres" est-il uniquement lié à des restants de morale? Dans Reflet dans un oeil d'homme, livre qui ne m'a pas tellement marquée, sauf une ligne: Nancy Huston disait que si c'est un travail comme les autres, pourquoi aucun parent ne le souhaite pour son enfant?
J'avais lu La Maison d'Emma Becker pour comprendre comment on peut en faire un travail. Avait-elle eu une expérience différente du fait de sa situation privilégiée? Elle était Française, savait qu'elle avait la liberté de partir, elle ne le faisait pas pour l'argent. Bref, elle avait cette agentivité tant défendue. Et selon les statistiques de l'essai de Véronique Côté et Martine B. Côté, ce qu'elle racontait est une réalité très lointaine de celle qu'expérimentent la plupart des femmes dans cette situation.
Peut-être que le malentendu vient de là: on souhaiterait croire que toutes les femmes ont cette agentivité, qu'on nait toutes égales, sans se questionner sur ce que fait l'environnement, l'éducation, les inégalités, les abus, etc...
J'ai donc eu l'impression que ce livre avait mis des mots des interrogations. En toute humanité et plein d'ouverture, c'est un livre qui reste toujours nuancé, qui ne condamne pas. Ce ton est encore plus porteur pour démarrer la réflexion.
Je m'attendais à un dialogue entre les pro-tds et les abolitionnistes afin d'avoir un regard plus nuancé sur la nature du débat. Oui, elles partagent les arguments pro-tds, mais de manière biaisée, comme si leurs arguments manquaient de légitimité.
Somme toute, je suis contente d'avoir eu l'occasion de me faire une tête sur la position abolitionniste. Étant issue du milieu universitaire, il y a parfois un tabou à se proclamer abolitionniste, comme les autrices le mentionne. Je trouve les fondements de leur position tout à fait honorables, et j'aspire à me faire une meilleure tête sur la prostitution afin d'avoir un regard plus englobant de la situation. Le livre aura donc eu l'effet désiré : susciter l'indignation, me sentir concernée, allumer la flamme.
Ce livre est un réel baume sur mon cœur féministe abolitionniste. Texte écrit avec grande sensibilité, humanité et intelligence sur la question de la prostitution et de l’abolitionnisme.
Un texte essentiel, extrêmement clair et puissant. Toutes les sections frappent dans le mile, mais cette citation quant à la perception actuelle de la prostitution chez les jeunes me semble tout particulièrement pertinente: « La même vieille activité, mais marketée autrement, portée par une rhétorique qui a réussi à faire de la marchandisation du corps de la femme une source d'empowerment. Le mouvement body positive et son idée centrale, être bien dans son corps, savamment détournés pour rendre cool le travail du sexe. La même vieille exploitation, présentée comme le summum de l'émancipation. »
Je n’ai jamais rien lu d’aussi convainquant! C’était vraiment touchant. Je pense sincèrement que tout le monde devrait lire cet ouvrage pour changer l’imaginaire des gens…
« Les abolitionnistes sont du côté des femmes prostituées mais contre l’industrie qui les marchande »
« La prostitution s’inscrit dans le continuum des violences faites au femmes, au même titre que le viol et la violence conjugale »
« La décriminalisation rend ce commerce légitime dans l’imaginaire des hommes (de tout le monde en fait). Tout endossement de l’État banalise cette activité encore plus, la rend acceptable aux yeux des jeunes femmes sans bien en mesurer les impacts sur leur vie et leur santé, la rend correcte et admissible aux yeux des hommes et des garçons … »
Y'a tellement de choses à dire sur le livre. C'est sûr qu'on peut difficilement cacher le fait que 1) Ça explique le débat abolitionnistes vs pro-tds et 2) Ça se place très clairement du côté des abolitionnistes.
C'est un livre alarmant et qui cherche vraiment à l'être. La plupart des informations semblent vraies, j'ai pas trop contre-vérifié chacune des sources mais c'est pareil évident qu'on ne peut pas laisser ça aller. Le sujet m'a vraiment fasciné, mais j'ai quand même voulu entendre une perspective différente, pas forcément pour "défaire" tout ce que ce livre m'a dit mais juste pour compléter le portrait et avoir une autre vision des choses.
Je pense que la distinction entre "offre de service entre adultes consentants sans intermédiaire" et "exploitation sexuelle" mériterait d'être précisée. Dans une vision abolitionniste, est-ce qu'une femme qui auto-gère son offre est une criminelle? Il y a un flou qui est weird là-dessus.
Sinon, un gros bravo aux organismes "abolitionnistes" qui prennent le temps de supporter les femmes qui veulent sortir du milieu, notamment sur les processus légaux qui peuvent être extrêmement drainants et inégaux. À mon avis, le fait de faciliter la sortie des femmes qui veulent une autre option est admirable. Je me pose pareil la question si des meilleures conditions sociales/économiques pourraient par défaut offrir plus d'options aux femmes et que ça pourrait aussi faciliter le fait de rester loin de ce milieu (pour celles qui n'en veulent pas ou pour celles que c'est leur seule option).
Il reste que la solution abolitionniste passe par plus de lois et de criminalité, ce qui me semble être un élément qui va un peu trop dans la direction d'un état policier. Je suis pareil d'accord que c'est très difficile de changer un problème systémique sans passer par les lois; par contre une modification légale peut facilement aller dans beaucoup de directions.
Au final, j'en sais pas tant que ça et je dois me battre contre le réflexe d'avoir automatiquement une opinion tranchée sur tout. Même si je ne suis pas d'accord avec tout, c'est pareil un bon point de départ pour réfléchir sur le sujet.
La prostitution. Un autre sujet tabou qui dérange lorsque abordé. Un sujet où on remet la responsabilité complète à la femme, où on fait croire à la notion de choix. Où ne parle pas des conséquences physiques et psychologiques sur le long terme. Pour moi l'abolitionnisme est la position à laquelle j'aspire voir notre société se développer, dire non aux oppressions des femmes, aux violences qu'elles subissent et dire non au fait de voir encore les femmes comme un objet de marchandise qui a un prix. Dans la société dans laquelle je veux vivre les hommes ne consomment pas les femmes, ne les agressent pas, ne les violentent pas, ne les tuent pas. Dire non à la prostitution c'est pour moi dire non à toute exploitation sexuelle. C'est dire à cette industrie issue du capitalisme sexiste.
J'ai lu cet essai pour en savoir plus sur la pièce de théâtre La paix des femmes qui sera présentée à La Bordée la saison prochaine. Je ne m'attendais pas à être autant chamboulée par cette lecture. Les autrices prennent le temps de nous raconter ce qu'elles ont découvert au fil de leurs recherches sur la prostitution et ses enjeux au Québec, elles nous livrent tout ça avec authenticité, bienveillance et avec le plus grand souci de citer des sources crédibles, de donner des exemples parlants. On ne passe pas à travers ces 100 quelques pages rapidement, il faut parfois poser le livre et prendre une grande respiration. Et malgré cet inconfort, je dois remercier les autrices d'être allées au bout de leur projet d'écriture.
Je trouve toujours assez difficile de noter un texte qui n’est ni narratif, ni poétique. Dans l’ensemble, Faire corps est un très bon essai sur un sujet excessivement difficile à aborder avec le tact et le respect qu’il mérite, et je trouve que les autrices parviennent bien à exprimer leur opinion abolitionniste en mettant l’accent sur la nature inhérente de victimes des femmes dans le milieu de la prostitution. Je trouve cependant que certaines des idées/des positions plus complexes auraient davantage dû être argumentées au lieu de n’être que déclarées. Je remarque aussi que le chapitre des solutions est un brin trop simpliste à mon goût. Mais bon, il s’agit tout de même d’un essai pertinent, courageux, percutant et facile à lire que je n’ai pas honte de recommander.
Un manque flagrant de rigueur, et de la paresse intellectuelle. Par exemple, a la page 96, affirmer que criminaliser les clients a causé une baisse de 13.6% en 1996 d’hommes qui avouent être clients à 8% qui l’avouent en 2008, elles ne prennent pas en considération que les clients seront beaucoup plus enclin a nier l’être quand c’est illégal.
Ou encore a la page 85 elles affirment que la demande est extrêmement forte pour les mineures, sans fournir aucune source. Mon prof de français de 6ième année aurait pas laissée ca passer, mais ici on nous sert ca comme une vérité.
Écoutez donc les travailleuses du sexe qui œuvrent dans le milieu à la place de tenter de promouvoir un cadre législatif qui cause du tort, et est responsable pour la mort de tellement de femmes.
Un livre nécessaire! Pour reprendre les mots de Véronique Côté, je ne m'étais jamais penché sur le concept de prostitution, ne me sentant pas apte à me prononcer sur cet enjeu, le croyant étranger à ma vie. Ce Document d'Atelier 10, je n'avais pas vraiment le goût de le lire, mais je m'y suis tout de même plongé. C'est excessivement intéressant, pertinent et même troublant. Le monde dans lequel on vit mérite mieux pour nos femmes, et particulièrement celles qui se retrouvent dans le milieu terrible de la prostitution. À lire!
Jai beaucoup aimé ma lecture. Les autrices nous montrent les deux visions féministes associées à la prostitution et qui se différencient principalement par leur prémice. On comprend à travers notre lecture que la prostitution est un enjeu qui concerne toutes les femmes. J'aurais cependant aimé qu'on parle plus des hommes et essayer de mieux comprendre pourquoi on peut croire qu'une femme soit ainsi un droit acquis.
Une bonne remise à jour de sa littérature féministe. Les propos sont timides, les rappels du statut des autrices forcent le lecteur à questionner la pertinence de leur expérience (allant à l’encontre de l’intention des autrices). L’essai m’a ouvert à cette nouvelle branche féministe, mais je n’y ai pas trouvé d’explication quant à la socialisation des jeunes qui mène à la dynamique de la prostitution. Je me suis ouvert l’appétit.
J'ai adoré ce livre coup de poing qui m'a ouvert les yeux sur toutes les horreurs liées à la prostitution. Un livre qui fait mal et crée un malaise, mais qu'il faut absolument lire pour comprendre, se mobiliser, changer les choses, aller de l'avant. Écrit avec de la rage au coeur, mais non pas de la rage mais plutôt de la paix et de l'espoir dans le propos.
Une lecture qui élargit la pensée critique sur la prostitution. On la détache de la sexualité et la ramène à l'exploitation du corps des femmes, voire sur l'ensemble des problèmes qui découlent de la domination assumée sur les femmes. J'en ressors concernée, remplie de questions, et finalement pas tant tranchée sur le sujet.
Merci de continuer de porter la voix de celles qui luttent encore et toujours contre "la plus vieille job du monde". Je salue votre courage, il me permet de garder la flamme et de garder espoir en un monde plus doux et égalitaire.
Excellente introduction sur le sujet de la prostitution. On dirait que je n’avais jamais voulu m’aventurer à réfléchir à ces enjeux, et le livre a répondu à cette crainte de me mêler à ces réflexions et bien plus encore. Bien qu’il n’entre parfois pas très en profondeur - par exemple, le mot final sur les « solutions » - il s’agit d’une parfaite entrée en matière qui est accessible et permet aux personnes qui voudraient aller plus loin de consulter d’autres ouvrages. Je pense que si le livre avait été plus gros, il m’aurait peut-être intimidée, c’est pourquoi je pense que tout dans ce document a été fait avec justesse.