Une disparition inquiétante, un appel au secours. Il n’en faut pas plus pour que Roger Staquet et Paul Ben Mimoun reprennent du service. Après Une mort pas très catholique, le vieux flic retraité et le jeune inspecteur sillonnent la région liégeoise à la recherche d’Honorine, réfugiée sans papiers qui s’est volatilisée… un soir d’été. Pas de flocons dans le ciel de la ville, mais une autre neige, addictive, illégale, pour laquelle on n’hésite pas à tuer. Une énigme difficile que nos amis auront beaucoup de mal à résoudre.
Contente de retrouver le duo de choc de "Une mort pas très catholique", l'aventure continue pour le duo Dumont-Dupuis qui nous font vivre une nouvelle enquête du tandem Paul Ben Minoun - jeune flic - et son comparse Roger Staquet - policier retraité.
On retrouve avec plaisir la belle et jeune journaliste Clarisse. Elle mène un combat engagé en aide aux sans-papierS. Elle contacte Paul et Roger car elle est inquiète. Son amie Honorine a disparu, ce n'est pas son genre, elle craint qu'elle soit en danger. Ce qui est le cas car elle est bien malgré elle témoin de la mort de son cousin Léon NKoulou, dégagé, assassiné froidement par des trafiquants dans les bois dans les Ardennes.
Honorine a pris la fuite, détentrice de preuves compromettantes, on est sans nouvelles de sa part, sa vie est en danger.
C'est à Liège que se déroulera l'intrigue, l'occasion de découvrir la ville, ses lieux, sa gastronomie et son folklore.
C'est super bien agencé, au programme : suspense, amour, humour, trafiquants, poursuites, un scénario qui tient la route.
Il y a du rythme, les pages tournent très vite, on a envie de savoir. J'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture.
C'est aussi l'occasion de mettre en avant la collection "Noir Corbeau" de la très dynamique maison d'éditions Weyrich.
Lisez-vous le belge ? C'est le moment !
Ma note : 9/10
Les jolies phrases
Elle était longue, la liste des causes qui pouvaient transformer un être banal en monstre.
Clarisse avait beau prétendre qu'elles étaient proches toutes les deux, des amies, il ne pouvait se défendre d'un sentiment de doute à ce sujet. Des amies ? Quand l'une habitait un quartier branché de Liège et l'autre une rue pourrie dans le fond de Seraing ? Quand l'une avait fini ses études de journalisme et l'autre ...?
L'école aussi pouvait tomber dans les pièges de la discrimination et jusqu'où un jeune raciste éconduit par une jolie condisciple pouvait-il aller ?
Il appartenait à cette ville, en connaissait les moindres recoins et en contrepartie elle l'apaisait, lui procurait un sentiment de sécurité. Tout le contraire de ce que devaient ressentir les réfugiés, surtout les jeunes femmes sans doute, coincées entre un pays d'origine qui niait leurs droits et un pays d'accueil qui refusait de leur donner des papiers.
Mais les bouchons, déjà susceptibles en temps normal de transformer un moine bouddhiste en chien enragé, risquaient bien, s'ils n'agissaient pas d'une manière ou d'une autre, de les rendre fous tous les deux.
A défaut d'appeler Paul, elle essaierait alors au moins de semer des cailloux derrière elle, même virtuels ; cette tactique ancestrale avait déjà fait ses preuves dans les contes pour enfants. Nul doute qu'elle pourrait encore être utile, même si l'ogre arborait cette fois un accent russe et des tatouages de crânes surmontant une paire de tibias entrecroisés.