- Service Presse -
Avant de réaliser une chronique complète sur ce livre renversant, je tiens à faire une première liste non-explicite, mais qui donne le ton, des trigger-warnings que l'on retrouve dans ce roman.
- torture explicite
- décor malsain
- relation toxique
- viols explicites
- maltraitance sur animaux
- meutre
- suicide et suicide collectif idéalisé
- enlèvement
- apathie face à la violence, à la torture...
- domination malsaine
- dissection très fréquente et explicite -sur animaux et humains-
- description de cadavres explicite
Bien. Maintenant que j'ai posé le décor, si vous êtes toujours partants, allons-y. Parce que ce livre est plus noir qu'aucune autre dark romance. C'est de loin le roman le plus perturbant que je n'ai jamais lu (et j'ai lu Angel Arekin...).
Il est à la fois fascinant et horrifiant de se plonger dans ce thriller frissonnant. Tout est dérangeant : le décor, la noirceur des personnages, leurs desseins, leurs désirs, leurs faiblesses...
L'auteure a fait un travail remarquable sur la psychologie des personnages, notamment celle de Dorian, inspiré de Dorian Grey, qui est un tueur en série, sociopathe et psychopathe, complètement fou -je le pense schizophrène-, d'après les quelques scènes où on est dans son esprit et où il hallucine quasiment en permanence. Il n'y a pas un aspect de Dorian qui ne soit diabolique -et je pèse mes mots-.
C'est une lecture à la fois extrêmement difficile à lire de par toutes les transgressions morales qu'elle fait, mais aussi délectable.
Le premier soir, j'ai hésité à m'asperger d'eau bénite.
"les vrais délices se savourent dans les cris et l'odeur rance de la chair en souffrance"
Le style d'écriture est également très recherché, et colle parfaitement avec l'époque à la fin du 1800. Si au début, elle était un peu lourde à mon goût, je me suis habituée au lyrisme très poussé de la narration, faite de très très nombreuses métaphores.
Il est important de noter qu'Elodie Faiderbe a effectué un travail époustouflant en matière de recherche que ce soit en anatomie -on ressent vraiment que tout ce qui est dit a été analysé, et vérifié- ou en culture générale (poison, animaux, histoire, Egypte ancienne, taxidermie, tueurs en série...), et j'ai trouvé très intéressant que tout colle avec l'époque.
Le décor et l'intrigue principale sont macabres au possible, Dorian est un tueur en série qui, après avoir assassiné les parents d'Emilia en a fait sa pupille pour qu'elle puisse un jour réussir à le tuer.
La psychologie d'Emilia est très poussée, puisque si elle est la plus saine de ce livre, elle n'en reste pas moins élevée par un psychopathe. Cela créé des dialogues à la fois hilarants et tordus où chacun se chambre pour savoir quand Emilia va réussir à achever le grand Dorian et de quelle manière, tandis que ce dernier la torture.
Vraiment, ce livre est excellent et j'ai pu aller jusqu'au bout en mettant de côté mes valeurs, ma Foi chrétienne, mon empathie, et tout ce qui constitue une morale digne de ce nom.
Les touches d'humour et de séduction ont permis à cette lecture de ne pas être uniquement macabre, mais aussi d'un certain point de vue raffraichissante.
J'ai hâte de connaitre la suite.
"il se penche vers moi pour ne pas être entendu par son ami. Sa main caresse paresseusement ma joue droite tandis qu'à la manière d'une funeste berceuse, sa voix mélodieuse tente faussement d'apaiser mes craintes.
- Je te promets d'être doux, min sommerfugl.
Puis d'un geste aussi précis que redoutable, il achève la course meurtrière du stylo.
Et m'égorge."
DISCLAIMER: je ne prône en aucun cas ce qui est fait ou dit dans le texte et ces tw ne doivent pas être pris à la légère, si vous êtes sensibles à tout ce qui a été dit précédemment, ce livre vous choquera.