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Football-fantaisie

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Est-ce un récit de science-fiction? Une histoire d’amour? Une bande dessinée expérimentale qui déconstruit les codes de la communication? En fait, c’est un peu tout ça. Football-Fantaisie est le livre le plus inusité et le plus ambitieux de Zviane – ce qui n’est pas peu dire!

C’est l’histoire de deux petites filles, Frédérique et Annabelle (12 et 6 ans), qui s’enfuient du laboratoire d’un scientifique fou. Prêt à tout pour les rattraper, il lance à leurs trousses un robot tueur! Piou piou piou!

Elles aboutissent à Football-Fantaisie, une petite ville insulaire d’un archipel situé un peu au nord de la Gaspésie. Mais l’affaire, c’est que les habitants de l’île parlent une langue incompréhensible! Les fillettes n’y comprennent rien!!

Réussiront-elles à rentrer à la maison?
Histoire haletante portée par un découpage survolté, Football-Fantaisie foisonne de détails délirants et de détours imprévisibles. Mais entre deux «bing bang pof klapow», Zviane tisse un récit inventif dans lequel elle explore les souvenirs collectifs doux-amers de la grève étudiante de 2012, de l’émeute du Forum de 1955, de la crise d’Octobre, des guerres linguistiques et de la place des médias dans toutes ces tensions culturelles.

516 pages, Paperback

Published December 7, 2021

13 people are currently reading
170 people want to read

About the author

Zviane

45 books109 followers
Zviane is the pen name of Sylvie-Anne Ménard, a Canadian comic book writer and illustrator, and musician from Montréal, Quebec.

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Community Reviews

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105 (32%)
4 stars
125 (39%)
3 stars
61 (19%)
2 stars
25 (7%)
1 star
3 (<1%)
Displaying 1 - 30 of 41 reviews
Profile Image for anne larouche.
373 reviews1,583 followers
April 13, 2023
Livre complètement déjanté mais genre pardon c’est beaucoup trop cool???
Profile Image for Jeik Dion.
159 reviews19 followers
January 14, 2022
C'est rare qu'après une lecture de BD, je recommence immédiatement l'album du début. C'est ce que j'ai fait pour Football Fantaisie. Je crois que c'est probablement une de mes Bd québécoises préférée depuis longtemps. Ça m'a marqué profondément et je ne sais même pas trop pourquoi. Il y a quelque chose dans la liberté du dessin qui me parle. J'ai été hypnotisé par le rythme du récit. Good job Zviane, tu es vraiment inspirante. Criss que tu torches.
188 reviews9 followers
December 22, 2021
Il y aurait un long et touffu texte à faire sur celle longue et touffue bande dessinée, sans doute le tractatus logicophilosophicus de son époque et sans aucun doute aussi la meilleure bande dessinée de l'année. Bientôt.
Profile Image for Annie-Pier Guay.
101 reviews11 followers
March 8, 2022
Déjanté, magnifique.
Je voulais avancer, sans que ça finisse!
Quelles idées, quel talent, quel art!
Profile Image for Fe.
54 reviews
December 27, 2021
Récit surréel illustré de façon inventive. Si l'assemblage est soigné, de la mise en page (bien) faite main aux dialogues efficaces, des "Easter eggs" sur les tranches de livres aux décors et paysages magnifiques de Banane-Banane, on pardonne le trait parfois brouillon puisqu'il permet de maintenir ou donner le rythme. On joue avec les codes de la BD, avec le langage, avec les onomatopées, avec la philo, avec les couleurs — bref on joue; c'est parfois frustrant, mais ça finit par être plaisant et même instructif.

Ceux qui ont lu le blogue replongeront volontiers dans l'univers de Football-Fantaisie et les nouveaux lecteurs rouvriront à coup sûr l'imposante brique pour redécouvrir des bijoux cachés, des double-sens ou simplement apprécier de nouveau la beauté de l'œuvre.

Zviane fait partie des génies de la BD queb, et chaque nouvelle parution nous fait davantage apprécier sa vision rationnelle (ou raisonnée?) de notre monde chaotique et sa créativité qui paraît sans bornes.
Profile Image for Marianne V.
Author 2 books20 followers
February 13, 2022
D'abord, les fautes de français, même volontaires, m'ont fait décrocher de l'histoire. Qu'on fasse des élisions, qu'on adapte au français québécois, oui, mais quand il manque des "s", des accents, je ne vois pas le but. Ensuite, le dessin n'était pas vraiment clair, des bouts je confondais des personnages et pendant près de la moitié du livre, j'ai pensé qu'un personnage central était une vieille madame avec un tic de langage au lieu d'un jeune scientifique fou avec une toque et des allergies saisonnières. Le fait que pendant plusieurs cases les dialogues étaient uniquement en banane-banane, ça n'aidait pas à la compréhension non plus : au début c'est drôle, après c'est juste énervant. Dommage parce que le fond de l'intrigue est très imaginatif et qu'il y a quand même un certain suspense. Mais ça reste une déception pour moi.
Profile Image for Oli Tutu.
90 reviews28 followers
December 21, 2022
Ça se voit que c’était écrit en feuilleton; Football-Fantaisie ne fait que s’améliorer alors que la lecture avance, et qu’on voit Zviane trouver de mieux en mieux ce qu’elle veut raconter, comprendre ce qu’elle veut faire. C’est à peu près au tier du livre que c’est devenu un pur plaisir de lecture pour moi.
Plein de themes et d’éléments le fun à explorer au second plan: une trame secondaire politique/médiatique, plusieurs personnages secondaires bien définis (parfois dans leur simplicité), et le clash des langues. Football-Fantaisie est écrit dans divers niveaux de français (allant du maîtrisé au purement phonétique), en anglais, en langue des signes, en code informatique, et dans la langue (fictionnelle) de l’île de Banane-Banane où la majorité de la trame s’étale.

(Conseil personnel: lire à haute voix les dialogues de cette langue cousine du français, pour pleinement l’apprécier dans sa sonorité, les significations qu’on y devine, son humour.)

J’ai ri de plus en plus fort alors que j’avançais. Plusieurs séquences et moments hilarants. Apparemment Zviane a écrit sans brouillon, sans ébauche, en passant directement à l’encre, ce qui se voit dans le style visuel très clair, un peu chaotique, et souvent humoristique dans la simplicité qu’utilise Zviane pour montrer un moment, une réaction, une émotion.
Profile Image for auré.
214 reviews2 followers
December 31, 2025
Genre 3,5 (dernier livre de l’année !)
Profile Image for Valérie Rioux.
67 reviews11 followers
March 15, 2022
C tsu un chef-d'oeuvre? 😱
Il y aurait beaucoup à dire sur la manière dont Zviane a pensé chaque détail. C'est musical, ça nous ramène à penser au schéma de Jakobson en éclaboussant les conflits de politiques et linguistiques du Québec, l'histoire est déjantée et bouleversante en même temps, et je pensais jamais être aussi réconfortée par des fractales-mandalas. Tout ça avec une licence Creative Commons BY-NC. Colossal.
Profile Image for Karine Mon coin lecture.
1,727 reviews301 followers
April 2, 2022
3,5
J'aime bien le côté grand n'importe quoi, les références et les clins d'oeil cachés un peu partout. Ceci dit, je ne suis pas toujours fan du trait de Zviane, malgré son dynamisme.
Profile Image for Shaynning - Libraire Jeunesse.
1,461 reviews33 followers
November 6, 2022
Mention "Olibrius" BD Jeune Adulte 2021*

Incontournable Décembre 2021

Version courte:

Atypique roman graphique, Bd, bidule à bulle aussi sensible qu'addictif, Zviane s'approprie la BD pour nous faire vivre un intriguant cocktails d'émotions, dans cette histoire où se côtoie un peu de fantastique et d'Histoire. Avec ses nombreuses singularité graphiques , ses communications aux formes multiples et sa structure hors-norme, cette grosse Bd va vous demandez de sortir de votre zone de confort, mais ça en vaudra sans doute la peine. Lectorat Jeune Adulte.

Version exhaustive: ( parce que les oeuvres marquantes méritent des détails)

Bon sang! Oui, c'est le mot. D'abord, on reste quelque peu déstabilisé par l'oeuvre en question. Sa couverture particulière, son épaisseur ( 519 pages, on ne rigole pas!), son titre pour le moins étonnant, son style graphique qui pourrait être le résultat de crayonnages d'enfants, son choix de couleurs très limités et monochromes, mais surtout, SURTOUT! Par la présence de divers style de communication, dont une très improbable langue: le Banane-bananien, dont le nom seul fait foi de tout. Dire que cette BD est originale est donc un euphémisme, et je ne parle pas du temps considérable que cela aura prit à son autrice. La dernière fois qu'une BD m'avait déstabilisé ainsi, c'était avec "Chinese Queer", une autre grosse BD au style graphique volontairement singulier dont faire une critique relève pratiquement d'un tour en montagne russe. Et dont je ne me sens pas qualifié pour le faire. Bon, tentons quelque chose, alors!

Déjà, vous devez savoir que c'est une BD québecoise, alors on reconnait déjà un genre peu rependu, mais qui commence à se faire connaître. Ensuite, le lectorat est quelque part entre Jeune Adulte et Adulte, en témoignent la complexité des sujets malgré son apparence simple, et quelques scènes choquantes. Enfin, malgré son graphisme particulier et le casse-tête cérébrale de ces divers langages ( J'y reviendrai), j'en sors étonnamment indemne et même surpris de trouver le tout assez bon, en fait. Ça me rappelle mes premiers sushis: on peut être légèrement rebuté, mais au final, on en redemande. Il faut simplement passer par-dessus ses préjugés et ses habitudes.

(À partir d'ici, la critique peut contenir des divulgâches - et beaucoup de liens)

Devant l'ampleur de la tâche de faire un résumé, une analyse et une critique, comme je le dis souvent: procédons par étapes. Autant commencer avec ce qui saute le plus aux yeux: le dessin. Je dois admettre que visuellement, on pourrait croire que même un enfant de 7 ans pas doué en proportions arriverait sensiblement au même résultat. Des bras trop longs, des nez en boule, beaucoup de minimalisme quand les personnages sont loin, j'ai du mal à donner un nom à ce style, très enfantin. Même le mouvement est impossible: il y a beaucoup de scènes où Fred tire Annabelle par un bras, alors que cette dernière flotte littéralement comme un drapé derrière l'adolescente qui court, ce genre de mouvement qu'on voit dans les mangas, mais aussi les BD belges comme Spirou et Fantasio, où les expressions sont très accentuées et les mouvements très amples. Bref, on ne peut pas dire que ce n'est pas dynamique! J'ai du mal avec le graphisme, même si au fond, il est très drôle et il sert bien son sujet. Je suis de ces lecteurs de Bd qui apprécie les belles illustrations, pleines de belles couleurs, de jolis détails, de personnages réalistes et de fonds très stylés, alors qu'ici, c'est tout le contraire. Rien n'est beau: les lignes sont brouillonnes, les personnages peu esthétiques et les couleurs vraiment peu attrayante. En même temps, c'est dur de croire qu'un illustrateur choisit ce style singulier sans réflexion. Comme dans "Chinese Queer", justement, où le graphisme moche traduisait en fait un constant état d'ébriété ou d'intoxication de la part du personnage principal. Je n'ai juste pas saisi le pourquoi d'un tel choix dans cette Bd-ci. Peut-être pour illustrer une certaine absurdité? Ou pour traiter d'un sujet lourd en employant un graphisme léger? le seul petit détail que j'ai trouvé mignon se trouve dans le personnage d'Annabelle, qui a 6 ans. Quand elle parle ou s'exclame, sa tête change de forme et prend ce qui s'apparente à un bec d'oiseau ou une bouche de Pac-Man, comme si elle devenait un oisillon qui gazouille.

Ensuite, l'histoire. On commence directement dans l'action: Une adolescente , Frédérique, tente de fuir un robot, qui visiblement, est programmé pour la tuer. Dans cette plaine verdoyante où se déroule cette scène se trouvent deux autres personnages: Annabelle, qui a 6 ans, qui pleure juste côté d'un cadavre, l'autre personnage, Olivier Beaulieu, fraichement mort. Ces deux filles se sont échappées d'un laboratoire, avec Olivier Beaulieu, l'adulte fraichement mort. On comprend qu'un savant sans doute cinglé veut les détruire et tente malhabilement de pousser ses deux sbires, Mathias et François, à les retrouver.On comprend aussi que 32 et 80 ( Frédérique et Annabelle) ont des pouvoirs sur la matière. Et elles se retrouvent dans la ville "Football-Fantaisie", une des villes de l'Île (et province) Banane-Banane, pour fuir l'homme qui est à l'origine de la machine, "Ariane", qui leur a fait développer des pouvoirs, Joan Brûlé. Dans cette ville, elle y rencontreront plusieurs personnages, qui nous feront connaitre les enjeux de cette si singulière province, détestée des autres, avec leur langue étrange et leurs particularités, leur côté irréductible et revendicateur plus vifs que jamais alors que se profilent des élections fédérales. À travers de nombreux retours en arrière, toujours appuyés d'une ligne du temps en dessins, on remonte aux origines du projet entourant les deux jeunes filles et l'implication du personnage mort d'entré de jeu, Olivier Beaulieu. Nous suivons aussi, en parallèle, le personnage d'Alice, une adolescente insulaire de Football-Fantaisie, qui nous donne une vue en contre-plongé de la province, mais aussi certains médias qui couvrent les évènements. C'est toute une fresque qui se peint sous nos yeux.

Vous l'aurez sans doute pressentie, cette Bd qui a des airs de "Charlie", de Stephen King, fait également dans le Social ( avec un gros "S") en fond de trame. J'ai cru y reconnaître le Printemps Érable 2012 ( les grosses manifestations québecoises liées aux hausses de frais scolaires, aussi connus sous le nom officieux "des manifestations des carrés rouges"), la Crise d'Octobre des Felquistes ( le Front de Libération du Québec qui a plongé le Québec dans une période de violences et de tensions sociales), la Révolution tranquille (*qui a marqué les années 60, au Québec, qui aura vu naître la fibre indépendantiste et nationaliste de la "Nation Québecoise" et aura marqué la fin d'une Église Catholique étouffante et totalitaire, entre autres importantes choses) et plus globalement les élections fédérales canadiennes. Un peu d'Astérix, aussi, avec ces irréductibles habitants ? Dans ce Canada inversé, ce qui constitue normalement le Québec est à l'Ouest et ce qui constitue la Colombie-Britannique à l'Est. de plus, la majorité des canadiens sont francophones ( très drôle!) alors qu'une minorité, les citoyens de Banane-Banane, parle leur étrange langue, composée de mots français, mais qui n'ont aucune logique connue, comme "Livret latin!" ou " Éclipse" ( La Police). C'est vraiment comique.

On peut se demander comment parvenir à comprendre les Bananiens comme Alice, jeune contestataire particulièrement coriace, ou la personne âgée qui a secouru Annabelle et Fred, qui a un penchant pour le cannabis et qui dresse des rats à la cannelle pour ses coup montés avec l'exterminateur de rats, ou encore les citoyens de Football-Fantaisie que l'on croise un peu partout. Non, pas la peine de chercher à traduire, ce n'est pas la peine. On peut comprendre ce qui se passe sans comprendre leur jargon. Surtout que la dame âgée en question est muette, elle communique en langue des signes ou grâce à son cellulaire. Il est a noté que cette BD n'a pas de fautes, du moins pas au sens où on l'entend. Je le précise car Annabelle, qui a 6 ans, a de multiples "fautes" d'orthographe et de syntaxe dans ses bulles, pour être en accord avec son langage peu développé et souvent fautif. Ça peut faire saigner des yeux au début, mais au final, son langage sonne comme la phonétique, l'écriture par sons. Enfin, il y aussi des personnages anglophones et nulle traduction ne vous sera fournie ( ou presque). Donc, côté langage, c'est un joyeux cocktail explosif, qui sollicitera à coup sur votre aire De Broca et votre lobe frontal!

En un sens, je trouve cette pluralité linguistique brillante. Pensez-y: les enjeux liés à l'incompréhension au sein d'une société passe souvent par la barrière de la langue. Mais au fond, cela ne traduit-il pas aussi une absence d'ouverture d'esprit? Parce que si on se donne les moyens, on peut passer par-dessus les différences de langues. le Canada a une courte Histoire, mais depuis le début, les enjeux autours des langues est un défi. Déjà, reconnaître la langue française comme seconde langue officielle a été une bataille. Cette reconnaissance n'empêche pas la lutte pour sa survie de continuer et encore aujourd'hui, la "question francophone" reste un enjeu, pas seulement au Québec, la seule province officiellement francophone. Et bien au-delà de la question des langues officielles viennent aussi les considérations sur les défis langagiers ( comme le bégaiement d'Olivier), la question des allophones ( ici les anglophones), le mutisme ( comme celui de la dame âgée). Dans la BD, tous ces personnages communiquent et ils le font souvent avec une barrière.

En outre, difficile de ne pas reconnaitre en Banane-Banane le Québec lui-même, éternelle province mal aimée et mal perçue, dont on doute toujours de la légitimité et de la pertinence même si, paradoxalement, on redoute viscéralement sa souveraineté. La Bd ne pousse pas dans les grandes considérations politiques, mais elle les sous-tend, les affiche et les exploite. Les tensions montent entre les Canadiens et les gens de Banane-banane, avec notamment la brutalité policière, véhiculée ensuite via les médiaux sociaux, qui eux-même alimente la désinformation, qui elle même instaure un climat de tension sociale, qui sert ensuite de carburant aux requins politiques et partis plus ou moins corrompus et intéressés. Je sais: c'est pas la joie. Et ironiquement, c'est assez réaliste, quand on y pense. C'est tout le génie de la BD: même pas besoin d'aller loin, on comprend très bien ce qui se déroule sous nos yeux. Et le plus drôle, c'est que tout ce merdier ne constitue pas la trame principale. Rappelez-vous: Annabelle et Fred!

Nos deux protagonistes se partagent la vedette, mais c'est Fred que l'on suit, plus concrètement. Âgée de 12 ans, elle est la fille d'un homme influent et sans doute riche, qui veut que sa fille soit la première à détenir les "pouvoirs" du projet Ariane, la machine de Joan Brûlé, le savant cinglé qui en veut à sa vie. Joan est un génie, indubitablement, mais à travers son projet secret, il développe lentement mais surement une incurable paranoïa. D'où son désir de tuer les filles, avant qu'on ne comprenne qu'il a créé une arme, ni plus ni moins. C'est là un autre enjeu: avancer dans la science, sans que chaque découverte ne se solde en projet d'armement. Un enjeu somme toute juste, si on observe comment on en est venu à jeter une bombe sur une ville japonaise du nom de Hiroshima. On verra aussi comment Olivier, le premier sujet du projet Ariane, est aussi le seul à avoir comprit comment exploiter la matière, alors que Joan, qui devait aussi en être dépositaire, n'y parvenait pas. Cet état de fait met en lumière une chose: le génie n'est pas synonyme d'omnipotence. On peut être le plus simple des esprits et avoir de formidables potentiels, comme on peut être un scientifique au savoir révolutionnaire, mais être étonnamment inapte à certaines choses.

Il faut que je vous parle d'Olivier. Son importance ne saurait être comparée à cette façon prodigieusement indigne d'être assassiné à peine deux pages entamées ( avec l'explosion de sa tête, notamment). En revanche, son importance est mit en en lumière par cette forme de silhouette qui est la sienne sur la couverture. Olivier était ce que j'aime appeler un "personnage pivot". N'eut été de lui, tout aurait été différent et cela contraste avec le fait qu'il se sentait inutile, stupide et incapable. Olivier était le support moral de Joan, le mentor de Fred, l'amant de Rebbecca et l'âme du projet Ariane, dont il est le premier produit. C'est lui qui questionne l'éthique du projet, réconforte les filles, bien jeunes pour vivre dans un labo caché, et fait preuve d'une tendresse et d'une humanité réellement touchante, même s'il peut être lent, malhabile, bégayant et naïf. On peut penser à tort que sa mort digne des prix Darwin, au début de la BD, en fera un personnage tertiaire, mais en réalité, c'est un personnage central. J'aime voir ce genre de personnage masculin prendre plus de place dans la littérature, parce que ce sont de formidables héros.

Enfin, il y a toute la question autours des "petites choses" dont parle Olivier pour parler de sa vision "kaléidoscope" qui lui fait voir le monde en particules. C'est là l'intérêt de projet Ariane: voir ce qui lit les choses, comme un grand tissu. Ce pouvoir n'est pas juste concret en tant que "sens particulier", dans la BD, mais aussi abstrait, dans sa forme sociétale. le "Tissu social" est un terme réellement utilisé dans le jargon des sociologues et même des intervenants de tout genre, pour désigner cette composante qui nous lit tous, citoyens d'une même ville, d'une même Nation ou d'un même pays. Quand le tissu déchire, on retrouve les tensions, les animosités exacerbées, la violence et la révolte, comme ici, dans cette histoire. Pourtant, quand on tisse des liens, le tissu devient solide et c'est de cette façon que la société progresse. Bon, c'est très simplifié comme description, mais sommairement, on peut entrevoir ce concept dans la BD. le parallèle entre le pouvoir du projet Ariane et la composante sociale est simplement évidente. le verre qui brise - que vous pouvez également voir sur la couverture et qui est l'objet des expériences entourant la manipulation des molécules - en est même une belle allégorie. J'ai presque envie de dire que "Football-Fantaisie" est une histoire de "petites choses". Des grandes, des petites, des scientifiques, des sociales, des laides, des belles, des choquantes et des attendrissantes. Une grande fresque de multiples petites choses. Qui peuvent se briser, mais qui peuvent aussi se rassembler. La poésie n'est pas dans le texte, comme vous pouvez le constater.

Finalement, le rythme. Impossible de lâcher cette grosse brique, tant on y plonge avec enthousiasme. Un récit marqué par un nombre croissant d'éléments, plusieurs ponts plus ou moins subtiles et de jeux dans la forme, cela me donne à penser que Zviane réussi un tour de force en jouant sur la structure même de la Bd pour rythmer son récit, même si le récit aussi est habile.

C'est le genre d'oeuvre qui demande un brin de folie pour surmonter ses nombreuses fantaisies, mais qui a le potentiel de plaire, pour un peu qu'on laisse de côté ses désirs de jolis illustrations et de phrases poétiques. C'est le genre de Bd qui repousse les limites de son genre en naviguant sur des sujets humains avec une structure non-orthodoxe. C'est une de mes collègues libraire du département BD qui m'aura convaincu de lire cette grosse brique étrange et pourtant intrigante et, merci à elle, j'ai l'impression d'avoir découvert quelque chose de différent et qui se démarque des autres BD.

Cette BD a d'ailleurs été placée dans les "Incontournables BD" en librairie ( celle pour laquelle je travaille) pour le mois de Décembre 2021.

Je termine avec une citation qui m'a plu concernant cette BD atypique:

"Dans ce costaud roman graphique, la bédéiste québécoise Zviane joue autant avec les codes linguistiques que les codes graphiques, avec toute l'intensité qu'on lui connaît. du bonbon!"

— Julie Roy, L'actualité , 1 décembre 2021

Pour les bibliothécaires et profs: contient quelques scènes violentes et sexuellement explicites, ainsi que quelques petits jurons anglais, dont le très peu original mot en "S".

*La mention "Olibrius" est un "tag" personnel pour démarquer certaines oeuvres littéraires jeunesse qui peuvent être à priori rebutant ou étonnant, mais qui relève finalement de quelque chose d'original et d'étonnamment pertinent ( ou qui fait passer un bon moment, à tout le moins).

Catégorisation: BD JAD, Jeune adulte, 17 ans+, Fantasy urbaine
144 reviews1 follower
January 8, 2022
Woah! Mais qu’est-ce que je viens de lire là!?

Univers complètement déjanté! J’ai pas tout compris à la première partie. J’ai trouvé la seconde plus facile à suivre.

Beaucoup de références propres au Québec, mais pas seulement à ça non plus.. Le politique en prends pour sa soupe! :)

J’ai bien aimé le style des dessins, qui s’adaptent aux moments de tension.

C’est tout un mélange! Je ne sais pas encore si j’ai aimé ou pas, mais clairement, j’ai trouvé ça marquant!!
100 reviews
April 8, 2022
Wow! Quel voyage!!! On dirait que Zviane a invité un nouveau Dune! Quelle ingéniosité!

Pas un livre à lire avant de se coucher, c’est quand même prenant mentalement pour s’assurer de tout suivre. À relire assurément, j’ai raté des bouts!

Je pense que j’aurais aimé de l’aide avec la traduction du novlangue zvianiesque!
Profile Image for Anabelle Longchamps.
158 reviews4 followers
May 4, 2025
QUELLE ŒUVRE INCROYABLE !!!
Tellement absurde. Tellement bon !

« Coup de théâtre dans la campagne électorale. Plus tôt aujourd’hui, Céline Delaroche du parti Nouveau-Parti a insinué qu’elle n’investirait pas dans la construction du pont St-Salami, reliant Banane-Banane au continent ».
Profile Image for Miriam Blair.
315 reviews1 follower
January 27, 2023
Friggin' bonkers awesome. I loved it. Beautiful drawings, wild story, nuts. Also there's a very obvious allegory about Quebec and Canada in there but I have no idea what it's saying. Is it saying nothing at all? Even cooler. Genius.
Profile Image for Anthony Lacroix.
Author 6 books142 followers
February 12, 2022
Les nombreuses fautes et ce qui me semblait être parfois une longue suite de cabotinages par onomatopées a gâché mon plaisir.

1.5
Profile Image for Stephanie Racette.
1,151 reviews6 followers
January 3, 2022
Janvier 2022. Trop déjanté pour moi. Je constate et apprécie le travail colossal du point de vue des illustrations (5/5!) mais le récit? J’ai peiné à me rendre au bout. Seul les retours en arrière m’étaient réellement compréhensibles et les moments où les dialogues étaient en vrai français.
Ça me dérangeait cette langue bizarre de Football-Fantaisie et même le français calqué sur la langue parlée: ça m’agaçait.
Je me sens juste complètement nulle de n’avoir pas su digérer cet ovni.

Peut-être à la relecture?
This entire review has been hidden because of spoilers.
Profile Image for Lazy Spice.
40 reviews1 follower
July 2, 2022
4 étoiles pour le cœur du livre: Fred et Annabelle, et les personnages importants dans leur histoire. 1 étoile pour le reste. Je pense que Zviane aurait dû faire deux livres au lieu d'essayer de brocher ça ensemble. C'est vraiment bien dessiné, mais y'a tellement d'éléments qui sont là pour aucune raison. Juste... aucune. Imaginez si la moitié du Seigneur des Anneaux était consacré à des personnages sans rapport à l'anneau, dont le dialogue est incompréhensible, et dont les histoires n'ont aucune résolution, et ça vous donne une idée.
Profile Image for Eric Paradis.
437 reviews6 followers
January 3, 2022
Ouf ! C’est vraiment bizarre et difficile à suivre. J’ai parfois eu l’impression d’avoir une p’tite idée de ce que c’est d’être unilingue du point de vue de la majorité (la langue indéchiffrable des habitants de Banane-banane) expliquant peut-être la véritable solitude des deux solitudes canadiennes quand on est Albertain et que le français nous est aussi opaque que la langue parlée sur Football-Fantaisie…
Profile Image for Alexandra Meissner.
227 reviews2 followers
January 7, 2026
C'est vraiment un exercice intéressant sur la langue, puisque plusieurs personnages parlent une langue incompréhensible ou ne se parlent pas entre eux. Le niveau de langue des personnages est également représenté par l'orthographe de leurs dialogues (?). L'histoire en tant que telle est aussi intéressante, le tout se passe à travers un soulèvement populaire.
Je recommande à ceux qui sont prêts à mettre leur cerveau au point zéro et à plonger dans une histoire à plusieurs niveaux.
Profile Image for Elisabeth Morazain.
40 reviews
December 18, 2021
Zviane nous amène dans son univers unique. Les différents niveaux de langage sont respectés (ainsi que l’orthographe plus phonétique des enfants !). Elle a de plus inventé un langage pour bien représenter la région où se déroule l’action. J’ai embarqué dans l’histoire… et oups! Le cadeau de Noël a légèrement été utilisé avant Noël…. 😁
Profile Image for Agathe Cadieux.
200 reviews20 followers
April 1, 2022
Au début de ce livre je ne comprenais rien du tout, mais plus que ça avance, plus que des liens se créent et des parallèles se font comprendre. C'est fou le portrait qu'on comprend dans ces pages, et le style du dessin, le langage et l'histoire se complètent vraiment bien. Je vais assurément lire plus d'oeuvres de Zviane!
Profile Image for Alexandre Cotton.
44 reviews4 followers
December 21, 2021
J’ai jamais lu quelque chose d’aussi FUNKY, DRÔLE, RECHERCHÉ!!
C’est tellement une belle œuvre dans le paysage de la BD Queb, j’en reviens pas! Le hype était colossal et ce que Zviane nous livre est totalement MONSTRUEUSEMENT BON!

Quelle job Wow; bravo!
Profile Image for Chloé Bowie.
23 reviews5 followers
January 27, 2022
Mais dans quoi me suis-je lancé!? La lecture de cette bande dessinée colossale de Zviane à été une pure dose d'adrénaline et d'émotions. Complètement déjanté avec des personnages attachants, des illustrations out of this world !!! C'est un 12/10
496 reviews7 followers
Read
March 16, 2022
Trop bizarre… je ne sais pas trop quoi en penser.
Profile Image for Octobre B.
26 reviews14 followers
May 11, 2022
Je suspecte Zviane d'être fan de l'excellent film d'animation Mind Game parce que j'ai retrouvé dans Football-fantasie le même rythme, la même énergie, le même génie un peu psychédélique.
Displaying 1 - 30 of 41 reviews

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