Lily ? Lily Pastré ? La Lily Pastré ? Célèbre auprès des mélomanes pour avoir été à l’origine du Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, la comtesse Pastré (1891-1974) a été bien plus qu’un riche mécène. Voici le récit de la vie d’une grande excentrique, d’une grande généreuse, d’une grande amie des artistes, des années folles aux Trente Glorieuses en passant par le tourbillon de la Deuxième Guerre mondiale. Née à Marseille, héritière des célèbres apéritifs Noilly Prat, elle épouse un aristocrate et vit à Paris dans un entre-deux-guerres tourbillonnant de fêtes et de concerts. Sa passion première, c’est la musique. Elle est l’amie des plus grands compositeurs et interprètes du moment. Dans sa villa du sud de Marseille, elle reçoit des personnalités aussi diverses que Christian Bérard et Édith Piaf, Luc Dietrich et André Masson. Pendant la guerre, au risque de sa vie, elle cache et aide des musiciens juifs, tels Clara Haskil et Darius Milhaud, les sauvant d’une mort certaine. Elle apporte son soutien à l’Américain Varian Fry, qui a arraché des milliers de vies à l’occupant nazi. Dilapidant son immense fortune en transformant son domaine en une Villa Médicis du sud de la France, elle cofonde le festival d’Aix qui, à la sortie de la guerre, signifiait le retour de la France comme grande nation artistique. À travers le destin hors du commun d’une femme à la personnalité fascinante, c’est aussi une partie méconnue de l’histoire de Marseille qui revit. Lily Pastré incarne la démesure d’une cité au caractère insoumis depuis la nuit des temps et la liberté d’une Provence cosmopolite dont tant d’artistes sont tombés amoureux.
Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec La Folie Pastré ? "Je suis tombée sur cette publication par hasard et j'ai été attirée par sa couverture bien sûr mais surtout par le sujet, ma ville, Marseille et la campagne Pastré, mais c'est le genre de livre que j'ajoute à ma wishlist sans trop y croire. Jusqu'à ce que je le croise en librairie et là, l'évidence."
Dites-nous en un peu plus sur son histoire... "La Comtesse Pastré, armée de son amour pour l'art et peut-être aussi d'une certaine forme de naïveté, a accueilli chez elle pendant la Seconde Guerre Mondiale, tout ce que la France comptait d'artistes répudiés..."
Mais que s'est-il exactement passé entre vous ? "J'ai mis un peu de temps à entrer dans l'historie. L'écriture d'Oliver Bellamy est belle mais exigeante, il s'éparpille un peu aussi, veut nous parler de tout et de tous, d'artistes que je n'ai pas la culture suffisante pour connaître et qui, je l'avoue, m'intéressent moins que la Comtesse. Moi, ce que je voulais, c'est toujours plus de Lily et j'ai cru que ce texte ne serait pas un coup de coeur, et sur ce point, je me trompais lourdement. J'ai adoré en savoir plus sur cette période de l'histoire, et ce qui se déroulait dans ma ville à ce moment-là, reconnaître les noms des rues, m'immerger dans le décor, j'ai recopié des passages entiers qui parlent de Marseille et des marseillais mais surtout, surtout, j'ai adoré cette femme, sa générosité sans limite, qui ne demandait rien en retour et qui, de fait, obtint bien peu. Je l'ai trouvé touchante, extraordinaire, unique. Elle m'a envoûtée. Je ne voulais plus la quitter."
Et comment cela s'est-il fini ? "Cette lecture m'a donnée envie de lire des romans sur la Seconde Guerre Mondiale à Marseille, j'aimerais en savoir plus sur le quartier Saint-Jean qui a été entièrement détruit par les allemands, j'ai envie de lire sur la campagne Pastré, d'aller y faire un tour, d'écouter du Mozart, d'explorer l'histoire de Varian Fry, de plonger dans Songe d'une Nuit d'Été... Si ça ce n'est pas la marque d'un très bon livre."