Saloustios est un romain d’origine Celte, né en Gaule au début du quatrième siècle, probablement aux alentours de Bordeaux. Ayant reçu une éducation soignée, il suivit une carrière administrative de questeur puis préfet, en Occident comme en Orient et fut l’un des familiers de l’empereur Julien, lequel est connu pour avoir essayer de rétablir le paganisme après que Constantin ait fait du Christianisme le culte romain officiel. Dans cet ouvrage d’à peine vingt-cinq pages, Saloustios décrit de manière concise et précise quels est la vision du monde du paganisme, sur la nature de dieux, leur rôle, la providence, le problème du mal, la vertu, l’éducation, etc… Le tout est écrit dans un style ni trop sec, ni trop abondant. Les dogmes choisis le sont de manière à pouvoir accorder au maximum la théologie avec la plupart des écoles philosophiques, et sont basées sur des démonstrations fondées sur des principes choisis par inférence suite à l’observation du monde. On retrouve en grande part la théologie de Plutarque, en particulier celle qu’il avait développée dans « Les délais de la justice divine », « le destin », ou dans « Isis et Osiris ». On se retrouve donc avec une théologie enrichie des solutions aux problèmes soulevés par la philosophie, avec une providence, des dieux qui se répartissent le monde par domaines, une exégèse riche, une morale raffinée, une démonologie complexe, la fortune, et une économie des âmes basée sur la métempsychose jusqu’à une libération définitive.
Sans être original, ce petit ouvrage a le mérite de présenter de manière claire et concise les derniers raffinements de la pensée théologique païenne. S’il n’est jamais fait référence au christianisme, on voit pour autant que ce paganisme se rapproche en bien des points de la doctrine chrétienne, en particulier la providence et le jugement des âmes après la mort.