« Je suis née dans une famille a priori normale et sans histoire. Mais, un jour, tout bascule : mon beau-père abuse de moi et me fait vivre un enfer pendant plus d'un an. Comment trouver la force de parler quand on n’a que 11 ans ? Je la trouve cette force pourtant, mais ma parole est bafouée et mon vécu nié. Comment une famille en apparence aimante a pu transformer ma vie en une succession d’angoisses et de souffrances ? Comment survivre et se reconstruire après ça ? »
Une BD pour lever le tabou de l’inceste et donner l’espoir : oui, tout le monde est concerné, oui, il faut en parler et, oui, on peut se relever.
J'ai lu ce roman graphique d'une traite hier soir, après avoir eu tellement de mal à l'ouvrir, et à le lire. Alors c'est les larmes aux yeux et parfois sur les joues que je l’ai lu. Je me suis tellement insurgée aussi, de lire le discours que des adultes peuvent porter à une enfant victime d'une telle horreur. De lire la minimisation, et parfois même la culpabilisation des actes par des proches et des professionnels de la santé Une horreur. Mais un livre tellement touchant, et empreint d'humour, même dans la douleur de la pire atrocité. Dire que j'ai apprécié ce livre serait tellement malvenu, au vu du sujet qu'il aborde, on ne peut pas aimer ça, mais c'était d'une vraie beauté, et l'autrice est d'une telle force. De même que toutes les victimes d'inceste, de viol. Vous êtes fort.e.s et courageu.x.se.s. Et ce n'était pas votre faute ❤️
J’ai découvert Samboyy grâce à son compte Instagram, je suis tout de suite tombée amoureuse de ses dessins, de son style. Les personnages ont des physionomies douces, des visages ronds, et j’aime beaucoup ce choix des couleurs bleutés. Lorsqu’elle a parlé de la sortie de son livre qui devait parler d’un sujet très important pour elle, j’ai tout de suite eu envie de le lire.
J’ai retrouvé tout au long des pages, son personnage principal qui la représente, car c’est une BD très intimiste puisque Samboyy nous parle d’elle, elle se confie, elle nous livre sa vie, ses sentiments. Elle se raconte de sa naissance à sa vie actuelle. Elle parle de son enfance heureuse avec ses parents, jusqu’à ce que ceux-ci divorcent suite aux nombreuses conquêtes du père. Sa mère se remettra ensuite en couple, et c’est là que tout bascule pour Sam. Cet homme ne va lui apporter que des malheurs, il boit, fume des joints, il a des paroles désobligeantes et blessantes et surtout, le pire de tout, il va avoir des gestes incestueux envers Sam. La pauvre Sam se replie sur elle-même, est mal dans sa peau, se tait, évidemment je dirai. Elle ne se sent bien qu’à l’école, ou chez sa copine ou en colonie, bref, dans tous les endroits où son beau-père n’est pas. Sam nous raconte avec beaucoup de sensibilité sa descente aux enfers, puis sa remontée avec la rencontre de personnes qui sauront l’écouter, lui parler. Ce qui est le plus choquant, mais qui ne m’étonne pas du tout, c’est le comportement de sa mère qui est en plein déni, qui ne soutient pas sa fille. C’est terrible pour Sam.
Ce que vit Sam m’a profondément touchée et émue. Ça a aussi énormément résonné en moi avec ma propre histoire personnelle. Je n’ai pas été victime d’inceste par un proche direct, mais ai été victime de viols d’un homme abject, et j’ai connu cette honte, le déni de ma mère qui ne me croyait pas, et ne me croit pas encore, 40 après les faits. Je me suis totalement reconnue en Sam à ce moment là. Je me réfugiais aussi dans l’école, dans les devoirs et surtout dans les livres…d’où, sans doute, ma passion actuelle pour la lecture. Mais bon, je ne suis pas là pour parler de moi, c’est surtout pour souligner le fait que j’ai tout de suite été touchée par Sam et son histoire.
Le sujet peut paraître dur pour certains. Des amies m’ont dit ne pas pouvoir lire des livres traitant de faits si durs. Je les comprends aisément. Et pourtant, c’est un sujet dont on doit parler le plus possible pour libérer la parole de victimes qui n’osent pas parler. Et ici, l’autrice le fait avec tellement de douceur, de sensibilité, et même avec des touches d’humour qui allègent l’ambiance. Les dessins ne sont pas choquants du tout, il n’y a jamais de scènes outrancières, tout est dans la suggestion, on deviné que Sam va être violentée, mais jamais ce n’est dessiné. À ce moment là, les dessins sont confus, comme remplis de gribouillis. D’ailleurs, en détaillant t bien le dessin, j’ai remarqué que lorsque Sam n’est pas bien, angoisse ou a peur, l’autrice dessine alors une sorte de gribouillis, justement, au niveau de son ventre, comme une angoisse qui prend au diaphragme. Et selon l’ampleur de cette angoisse, le gribouillis est plus ou moins gros. J’ai beaucoup aimé ce détail qui fait nous rendre compte de l’état de stress du personnage.
Avec cette BD, Samboyy s’est libérée d’un poids. L’écriture, le dessin, aident beaucoup. Au travers de son personnage, elle a pu exprimer ses douleurs, ses maux. On la voit souffrir, mais aussi se reconstruire. La résilience prend tout son sens ici. Et elle a eu raison de parler, pour elle bien sur, mais aussi pour tous les autres, atteints comme elle dans leur chair, dans leur âme. C’est très très difficile de se relever et de se reconstruire après de tels actes, Sam a su le faire, et je la trouve épatante pour cela. Malgré la prescription des faits, elle a porté plainte, et c’est une chose tellement difficile à faire. Du fond de mon cœur, je la félicite pour cela, car je n’ai jamais eu le courage de le faire.
Cette BD va me rester en tête pour un long moment. Je suis contente de l’avoir lue, malgré tout ce qu’elle a retourné en moi. Car comme le dit si bien Sam à la fin, malgré les apparences, tout ne finit pas en happy end. Les crises d’angoisse restent, elles s’espacent, mais sont toujours là, les cauchemars aussi, encore plus d’ailleurs. La vie n’est pas facile tous les jours. Les cicatrices sont bien présentes, profondes, refermées mais elle sont là, marquées à jamais dans notre peau. Et il y a des jours avec et des jours sans, mais il faut continuer d’avancer et ne pas regarder en arrière.
J’ai adoré cette lecture. Le compte Instagram de Samboyy est déjà un coup de cœur pour moi, et cette BD en est un aussi. J’aime l’originalité de ses dessins bleutés, la rondeur des visages, la douceur qui en ressort. Ce qui compense la brutalité des faits et des propos. J’espère de tout cœur que Samboyy va bien maintenant. Le livre a une très belle postface de Andréa Bescond, la réalisatrice du film « Les chatouilles » en 2018, où elle parle elle aussi très bien de la BD de Samboyy. Le titre est très bien trouvé, ce petit doigt magique qui sait tout et murmure la vérité aux oreilles des parents, on y croit tellement étant enfant…et pourtant ce petit doigt n’a pas chuchoté à l’oreille de la maman de Sam pour lui dire ce qu’il se passait…il ne sait peut-être pas tant de choses que cela…
Je vous recommande sincèrement la lecture de ce livre illustré. C’est une BD qui devrait être lue par tous, qui devrait se trouver dans les écoles, les collèges, les bibliothèques, pour libérer la parole, pour aider toutes les victimes à s’exprimer, à se débarrasser de ce poids qu’elles portent. C’est une BD pleine d’espoir, pleine d’amour. Elle peut être lue par tous, enfants comme adultes, tellement les dessins et les paroles sont douces et pas choquantes du tout. Passez outre votre réticence face à ce fléau, et allez à la rencontre de Samboyy. C’est une personne tellement combative, tellement courageuse, qu’on ne peut que lui rendre hommage. De mon côté, je vais continuer à la suivre avec beaucoup de plaisir et d’intérêt. Je la remercie d’avoir osé, osé parler, osé se défaire du poids du silence et de la culpabilité, je lui souhaite tout le bonheur qu’elle mérite. Quand à nous, parents, adultes, il faut absolument rester à l’écoute de nos enfants, et des enfants en général, ne pas prendre à la légère un changement de comportement, une tristesse, un mal être. Il faut les aider à poser leurs mots sur ce qu’ils ressentent et vivent. Car les aider enfants permettra leur épanouissement en tant qu’adultes. Et surtout, surtout, ces hommes ou femmes qui osent faire du mal à un enfant, doivent être punis lourdement…
Je crois que cette BD restera un très bon moment de lecture et d’émotions. Je lui garde une place dans mon cœur, et je pense que je la prêterai pour aider justement à cette libération de la parole des enfants, et pour aider aussi les adultes à prendre conscience du fléau du secret qui entoure bien trop souvent ces actes.
Je remercie chaleureusement Samboyy pour tout ce qu’elle m’a fait vivre pendant ma lecture et tout ce que j’ai ressenti. Un grand merci également aux éditions Leduc de permettre de rendre public et accessible ces récits.
Résumé : Dans ce roman graphique autobiographique, l'autrice nous raconte son histoire, et principalement son enfance. Au départ, une famille "normale". Des parents qui s'aiment puis qui se séparent assez rapidement, comme dans beaucoup de familles. Une mère aimante, un père plutôt absent, mais elle est quand même heureuse. Puis, sa mère rencontre un homme, ils forment une nouvelle famille recomposée. Un jour, tout bascule : son beau-père abuse d'elle. Puis, pendant plus d'un an, va la terroriser et lui faire vivre un enfer. Malgré son jeune âge, elle va trouver le courage de se confier à sa mère. Mais les horreurs qu'elle a subies sont minimisées, sa confiance en l'adulte bafouée. Et pire encore, en sa propre mère, qui aurait dû la protéger, ou au minimum la croire. On va ensuite suivre Sam qui grandit et se construit comme elle peut, avec ses rêves, ses espoirs et son combat pour la vérité et vaincre ses angoisses.
Mon avis : Je connaissais déjà l'autrice pour ses dessins postés sur Instagram, des tranches de vie dont j'adore le trait. Dans ce roman graphique émouvant et révoltant, Sam se dévoile avec beaucoup de sensibilité, mais également d'humour, qui aident à supporter l'horreur de son histoire. Ici, en plus de l'inceste, comme une double peine, une mère qui ne la croit qu'à moitié, mais en tout cas qui ne prend pas sa défense. Ça me révulse ! Comment tu peux prendre fait et cause pour ton compagnon alors même qu'il a brisé ton enfant, la chair de ta chair ? Tu es censé l'aimer plus que tout, et le protéger de tous les dangers. L'auteur, en nous offrant son témoignage, a fait preuve d'énormément de courage, et j'espère que grâce à son livre, d'autres oseront parler, mais surtout se battront jusqu'à ce que la vérité éclate, soit reconnue. Merci, et surtout bravo !
Comme toujours, c'est vraiment difficile de noter un livre qui raconte la vie de quelqu'un parce qu'on ne peut pas se détacher de l'impression de noter cette vie alors que nous n'avons aucun droit d'avoir un jugement quelconque sur la vie d'une personne.
Je tiens donc à distinguer ici le fait que ma critique s'appuie non pas sur la vie de Sam et sur son vécu mais bien sur le moyen de véhiculer ce vécu jusqu'à moi lectrice, en l'occurrence sa manière de l'écrire et de le présenter.
Le dessin assez minimaliste et délibérément mignon ne m'a pas tellement dérangé même s'il ne cadre pas vraiment avec le thème abordé, soyons honnête. Mais ça rend très certainement le livre moins lourd et noir qu'il l'est déjà. De ce coté donc plutôt bon point.
J'ai bien aimé le fil de l'histoire mais même si cette dernière me touche personnellement, je me suis sentie assez détachée pendant toute ma lecture (peut-être justement à cause de ce côté trop proche du vécu). Certains passages m'ont semblé longuets (notamment toute la partie où elle décide de chercher activement le bonheur). J'aurais aimé avoir plus de détails plutôt sur la procédure qu'elle a entamé, sur son avancement dans la thérapie, ce genre de choses. Mais à nouveau, c'est son récit et elle le mène à sa manière sur les sujets qui, pour elle, lui semblent importants. Mais du coup c'est là qu'on ne se rejoint pas et où je dois dire que j'ai un peu moins apprécié ce qui se raconte ici et que ça m'a moins touché.
Bien sûr, le livre est utile pour toutes les personnes qui se sont un jour retrouvées dans cette situation et je comprends que les réactions soient pour la plupart dithyrambiques.
Pour moi, si le fond n'a besoin d'aucun changement, la forme ne m'a pas totalement convaincue et ceci justifie ma note.
Nous découvrons l’univers doux et chaleureux de Samboyy qui, avec plein de courage nous témoigne de son enfance marqué par les soucis d’une famille bancale et surtout l’inceste que son beau-père lui à fait subir. Malgré plusieur tentatives pour alerter sa mère, aucun adultes ne prête attention à son vécu. Avec le temps elle développe plusieurs technique pour se protéger et survivre dans un noyau familiales asphyxiant et anxiogène. Dès sa majorité elle part vivre sa propre vie pour se reconstruire, elle nous livre son parcours de reconstruction et sa quête du bonheurs. Après plusieurs année et une longue thérapie elle décide de porté plainte afin que justice soit enfin faite. C’est un très beau roman graphique malgré le sujet abordé. La beauté des illustration et l’émotions qui s’en dégage est forte. J’admire la force de Sam qui malgré avoir vécu l’impensable, a réussi à se relever pour enfin sortir de la survie. Bravo
C’est mon p’tit doigt qui me l’a dit est une BD autobiographique touchante, émouvante sur l’inceste. Samboyy a su restée dans les illustrations de cette BD fidèle à son compte Instagram. Avec beaucoup d’humour et d’auto-dérision, elle nous conte son passé, jusqu’à ce jour où tout à basculé. Depuis, une lente reconstruction c’est mise en route. Car oui, même si le chemin est long, on peut se relever.
C’est mon p’tit doigt qui me l’a dit, est une bonne façon d’aborder le sujet avec un enfant. Les éditions Leduc Graphic avec leur nouvelle collection permettent également au lecteur concerné de ne pas se sentir seule.
Une BD qui réussit le pari d’être à la fois poignante et drôle. Le dessin y est déjà pour beaucoup, mais l’autrice a réussi à nous dire suffisamment sans verser dans le voyeurisme. On comprends sa douleur. J’avais la rage, le dégoût de l’injustice face aux réactions des adultes et du jugement. Voilà le monde dans lequel on vit. Il faut ouvrir les yeux, écouter les victimes et bien les prendre en charge. A lire pour comprendre l’inceste et son impact sur la victime. La postface dis « il devrait être dans toutes les écoles » et je suis bien d’accord. Pour ouvrir les yeux, pour ouvrir la parole, et pour la liste des ressources à la fin.
Une lecture humoristique sur un sujet de société tabou. À plusieurs reprises j'ai dû m'arrêter devant la violence du parcours. Merci pour ce beau témoignage.