Les « psys » et autres travailleurs sociaux sont en train de devenir les auxiliaires de l'économie : il n'est désormais question que de produire des individus motivés, capables de faire valoir leur singularité, valorisant leur « capital » humain, pouvant être évalués. Peut-on se contenter de dénoncer cette dérive ? Il faut d'abord « sentir » le désastre. On suivra ainsi l'auteur dans sa déambulation avec des usagers de crack, dans des squats, dans une prison, avec les assistantes familiales de l'Aide sociale à l'enfance, avec les chômeurs en grève, avec les Rroms expulsés. Pour l'auteur, qui a appris son métier de psychologue avec Tobie Nathan, soigner oblige les thérapeutes à entrer en relation avec les « mondes » des patients, avec tous les risques que cela implique. Ils doivent assumer la rupture politique avec un système qui intègre, neutralise ou subordonne les différences.
Un livre qui, au premier regard, promet par son originalité.
Le livre commence avec des situations cliniques d'une certaine pertinence. C'est dans la section analyse que les choses se corsent. Les idées avancées, souvent intéressantes, sont malheureusement retenues par un constructivisme acharné et une conception étrange d'un monde idéalisé de soins dégenré et de communs fantasmés.
Somme toute, une lecture frustrante qui contient certains outils utiles pour celleux qui sauront dépasser l'auteur pour les utiliser à meilleur escient.