Jump to ratings and reviews
Rate this book

Le Chien du Forgeron

Rate this book
Approchez, approchez ! Alors que tombe la nuit froide, laissez-moi vous divertir avec l’histoire de Cuchulainn, celui que l’on nomme le Chien du Forgeron ; celui qui s’est rendu dans l’Autre Monde plus de fois qu’on ne peut le compter sur les doigts d’une main, celui qui a repoussé à lui seul l’armée du Connacht et accompli trop d’exploits pour qu’on les dénombre tous.
Certains pensent sans doute déjà tout connaître du Chien, mais l’histoire que je m’apprête à vous narrer n’est pas celle que chantent les bardes. Elle n’est pas celle que l’on se raconte l’hiver au coin du feu. J’en vois parmi vous qui chuchotent, qui hésitent, qui pensent que je cherche à écorner l’image d’un grand homme. Pourtant, vous entendrez ce soir la véritable histoire du Chien. L’histoire derrière la légende. L’homme derrière le mythe.
Approchez, approchez ! Venez écouter le dernier récit d’un homme qui parle trop…

256 pages, Kindle Edition

First published August 19, 2021

12 people are currently reading
157 people want to read

About the author

Camille Leboulanger

13 books11 followers

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
34 (23%)
4 stars
56 (39%)
3 stars
41 (28%)
2 stars
7 (4%)
1 star
5 (3%)
Displaying 1 - 26 of 26 reviews
Profile Image for L'encre de la magie .
425 reviews160 followers
December 1, 2024
J'ai trouvé la plume de Leboulanger sublime! C'est mon premier livre de l'auteur et je compte bien découvrir plus de son univers.
N'étant pas forcément calé niveau mythologie celtique, j'ai vraiment pris ce récit comme un conte que l'on écouterait. D'ailleurs c'est un peu le cas. Le style est propre, la lecture super fluide et l'histoire en elle même, propre aux mythes et légendes avec ce héros orgueilleux et sa lance légendaire.
Je n'ai pas mis 5 étoiles car je n'ai pas eu de coup de cœur, mais le roman est vraiment de qualité et j'ajoute que la maison d'édition Argyll a fait un superbe travail dessus : le toucher est doux, les finitions impeccables. C'est un très bel objet livre ! 🤩

Bref un récit qui saura ravir le cœur des amoureux de Légendes celtiques 🤩
Profile Image for Benjamin - Les Mots Magiques.
406 reviews112 followers
September 7, 2021
Si vous ne connaissez pas ce roman, il s’agit d’une interprétation de la légende de Cuchulainn, une figure importante dans la mythologie celte (que je ne connaissais pas du tout pour ma part). Ce roman permet de découvrir ce mythe et d’en apprendre plus sur cet étrange personnage.

Commençons par le très positif : j’ai absolument adoré la plume de Camille Leboulanger que j’ai trouvé à la fois fluide, travaillée et abordable. Du début à la fin, j’ai vraiment apprécié la narration, d’autant que le narrateur s’adressait directement à nous, ce qui rendait le récit d’autant plus immersif.

Mais si j’ai particulièrement apprécié la première moitié du roman ainsi que le tout dernier chapitre, je dois avouer que je suis plus mitigé sur le reste du roman (ça ne représente que 3 chapitres mais le roman en compte 8 donc ce n’est pas non plus anecdotique). Dans la seconde moitié, le rythme a pas mal ralenti (ou peut-être qu’il s’est maintenu mais que le plaisir de la découverte de l’univers s’est un peu estompé) et je me suis parfois ennuyé. Et le personnage du Chien n’étant pas franchement sympathique, ça ne m’a pas forcément aidé à m’accrocher dans ces moments.

Ce qui m’a, je pense, le plus décontenancé, c’est qu’à aucun moment je n’ai compris pourquoi ce personnage était légendaire. En me renseignant sur le mythe, j’ai appris que le Chien a fait un certain nombre de voyages dans l’Autre Monde et qu’il avait même certains pouvoirs plus ou moins magiques, mais ces éléments sont à peine mentionnés dans le roman.

Bien sûr il s’agit là d’un parti pris puisque l’auteur s’est plutôt focalisé sur les relations du personnage, et a choisi de mener une réflexion autour de ce que c’est que d’être un homme, ce qui est une approche on ne peut plus valable. Cependant je ne peux pas m’empêcher d’être un peu déçu parce que je m’attendais à un récit plus épique que cela.

Malgré tout, je ne regrette absolument pas d’avoir lu ce roman qui m’a permis de découvrir une plume qui m’a beaucoup plu. Cette lecture va certainement me motiver à sortir Rû, du même auteur, de ma PAL.
Profile Image for Lusionnelle.
197 reviews12 followers
November 20, 2021
Indéniablement, un très beau livre de réécriture de mythe (et même d'un point de vue superficiel mais à souligner : la couverture et l'édition sont très belles).

Je ne connais rien aux légendes celtes, et ça a été un plongeon gourmand dans une de ses nombreuses histoires. Qui plus est, servie avec délectation dans une forme de conte oral, que j'affectionne beaucoup dans les récits, et qui est ici très efficace. Je souligne en particulier que le narrateur est peut-être même mon personnage préféré du récit, c'est dire si cela m'a séduit !

Une écriture particulièrement belle, fluide, envoûtante, qui sied au récit raconté. Une voix de narrateur, donc, très réussie, avec beaucoup de caractère et même d'humour. J'ai aimé sa vision moderne et critique du mythe de la virilité, et plus globalement sur l'art et l'acte de raconter une histoire.

Il faut souligner que le narrateur - plus qu'omniscient : éveillé - va systématiquement pointer, critiquer, tout ce que la légende qu'il raconte a de sexiste et de problématique. Et dans la continuité de ce que je disais plus haut, tout ce que l'acte de raconter a toujours été sexiste : en omettant le rôle des femmes, en leur assignant un rôle uniquement de victime, en transformant de la violence sexuelle systématique en acte de bravoure, récompense due.
Il le narre d'une telle façon qu'il est évident qu'il n'y a, en fait, rien d'héroïque dans le Héro célébré des légendes, le montrant sous des jours bien moins glorieux, malgré les conséquences, elles réelles, de ses actes. Le Chien est sans contexte un personnage odieux, violeur, imbue, stupide dans sa virilité exacerbée, et en fin de compte, sa véritable faiblesse.
Sur ce point, il est parfaitement clair que le narrateur porte un regard contemporain sur son personnage, acerbe, rieur, critique.

Conclusion : un très bon roman que je recommanderai volontiers aux amateur.ices de mythes, légendes celtiques ; de conte oral ; de réflexion sur l'art de raconter ; de réécritures avec un regard contemporain sur la virilité telle qu'elle était dépeinte autrefois et parfois encore glorifiée aujourd'hui...

Pour finir, une réflexion, ou plutôt une interrogation, qui dépasse le cadre de ce livre. Il m'y a fait réfléchir certes, mais ce n'est pas une critique envers lui, ni un procès d'intention. Le roman au contraire ne laisse aucun doute sur les positions de l'auteur à travers son narrateur.

J'aurais préféré que la violence envers les femmes ne soit pas uniquement sexuelle, et de façon aussi systématique. Toutes celles qui ont quelque peu de poids, d'importance, dans le récit subissent un viol. Il n'y a qu'une seule qui va se battre, pour finir violée à son tour. Et ce, devant l'inaction de sa propre sœur, pourtant le personnage féminin dépeint comme ayant une certaine force.
Le roman par le narrateur le critique sans mâcher ses mots ; mais concrètement, ça ne change pas que le récit reste sur cette unique vision du sort des femmes dans l'Histoire. Et c'est quelque chose qui me gêne de plus en plus.

Plus globalement, à partir du moment où l'auteur.ice d'un roman est un contemporain, j'attends en vérité qu'il dépasse cette vision archaïque, même s'il cherche à dénoncer un système patriarcal, violent, systémique ; une virilité toxique ; ou toute autre question de genre, etc. J'aimerais lire des romans contemporains qui ne se contentent pas de perpétrer continuellement une vision historique telle qu'on la retient sur le sort des femmes.
J'aimerais qu'on arrête d'imaginer, surtout dans des récits de mythes, de légendes, et encore pire de fantasy, une violence envers des personnages féminins qui soient exclusivement sexuels. Il y a des violences qu'on peut faire subir à des personnages féminins dans des récits de fiction qui ne sont pas que liées au viol. L'intégrité physique ne concerne pas uniquement les organes reproductifs... Et, on pourrait aussi imaginer que toutes les femmes ne subissent pas de façon passive. La résignation n'est pas la seule réaction possible.
Profile Image for Magali.
Author 15 books19 followers
October 5, 2021
Sous une superbe couverture aux tons automnaux et aux entrelacs celtiques, Le chien du forgeron nous convie à écouter, de la bouche du narrateur et conteur, l’histoire de Cuchulainn. Pour la férue d’Irlande et de mythes que je suis, ce nom m’est familier. C’est celui d’un héros célèbre des légendes irlandaises, héros guerrier connu pour de nombreux exploits. Parmi les épisodes les plus connus de son histoire figure la razzia des vaches de Cooley.

Camille Leboulanger reprend donc cette légende, en prenant un pas de côté. Car l’histoire, ici, est narrée par un conteur qui a, selon ses dires, côtoyé l’homme qui, aux yeux de son auditoire, est une légende. Il a connu l’homme derrière la légende, et désire apporter son regard au mythe, un regard critique, dont il a conscience qu’il ne plaira pas à tout le monde.

J’ai beaucoup apprécié cette façon de faire qui prévient le lecteur/la lectrice que la revisite de la légende de Cuchulainn est celle, propre, de l’auteur, et non pas une énième répétition du mythe. L’humour du conteur apporte d’ailleurs une petite touche légère bienvenue, dans cette épopée guerrière marquée par la violence, quand il réclame à boire pour hydrater son gosier asséché à force de parler !

L’angle d’attaque de Camille Leboulanger, c’est la déconstruction du mythe de la virilité. C’est subtil, c’est fin, cela apparaît de façon très maline entre les lignes, parfois un peu plus clairement via des répliques franches et bien senties du conteur, mais de façon générale, l’approche de Camille Leboulanger se fait avec une finesse et une justesse fort plaisantes !

Car le conteur, en redéroulant l’histoire de Cuchulainn de son point de vue préservé de l’admiration béate des autres, qui ne l’ont pas connu, interroge sur la construction d’une telle légende. Il cherche à comprendre comment, au fil des choix réalisés par ses proches et de ses propres aventures, un petit garçon est devenu un homme soumis à ses pulsions violentes, au point que ceux qui lui vouent tant d’admiration ne le font que pour éviter de se soumettre à sa vindicte. Il cherche à démontrer que, toute auréolée de gloire soit-elle, la légende cache peut-être des vérités moins agréables à entendre.

Si la violence omniprésente dans cette société guerrière, où l’on s’écharpe à coups de lances pour des raisons plus ou moins solides, où un homme aussi peu sympathique que Cuchulainn est porté aux nues, m’a parfois perturbée – je suis une petite âme sensible et j’ai lu l’ouvrage à une période où mes nerfs étaient particulièrement à fleur de peau – Le chien du forgeron est un petit bijou qui offre un regard original, critique et actuel sur le mythe irlandais.

Il va donc rejoindre mon étagère consacrée aux mythologies et légendes, car à mes yeux c’est un livre à lire si vous aimez les légendes irlandaises. Si vous ne les connaissez pas, je vous le recommande aussi, pour sa façon de nous pousser à nous interroger sur ce qui fait le mythe, et ce qui fait l’homme.
Profile Image for Tim.
650 reviews84 followers
February 11, 2023
'Le Chien du Forgeron' (transl.: The Dog of the Smith) is not a retelling of the myth of Irish hero/demi-god Cú Chulainn (Wikipedia), rather a story that was never told before, according to its storyteller. French author Camille Boulanger takes us back in time, into the world of Irish mythology. I'm not really (really not?) versed in Irish mythology Wikipedia), a bit more though in Norse mythology, even if I have a few books on the Celts in general:

* The World of the Celts by Simon James (my review)
* Myths and Symbols in Pagan Europe: Early Scandinavian and Celtic Religions, by H. R. Davidson (very scholar work)
* The Ancient Celts, by Barry Cunliffe (TBR)
* The Element Encyclopedia of the Celts, by Rodney Castlen (TBR)

Maybe it's time to acquire one that dives into Irish mythology, with some classic tales. Not that my TBR-pile isn't already big enough...

----------

While this is an alternative version of Cú Chulainn's prowess, power, cunning, adventures and what not, the main theme for this novel is masculinity (and its impact on the main character, his family, his life, his enemies, his doings in general).

The territorial focus lies on Ulaid and Connacht.

The story shows a Cú Chulainn who's afraid of nobody, a bit like Gilgamesh, which reminds me of the graphical novel I read three years ago (se here). Already at a young age he'll fight his comrades to show who's the strongest. He'll fight animals (large dog, a boar, ...) to show how even an animal can't hurt him. He treats women like objects (to bed them). He's cunning and sly enough deceive people, to make them think he's not such a bad guy after all. Case in point: behaving like a civilised person when asking for a girl's father for her hand. On the other hand, in all his arrogance, when sent out to learn four lessons, he comes across as simple-minded. He's a child who never was like other children, didn't have a normal youth, hence not a normal adulthood. Muscles and power were all that mattered.

The story is divided over eight chapters that take us gradually through the man's birth to adulthood:

01) Les noces de Dechtire: about how the god Lugh impregnates Dechtire, who was married, but could not have a child from her husband, Sualtam; he was a local ruler, yet never became powerful. He ruled by force, imposing his will, but it would only be turned against him, as the marriage was arranged, never one based on mutual love.

02) L'enfance du Chien: about Cú Chulainn's (or the Dog's) weird childhood, where he was told he was special, would be someone to be respected. That ideal was a guide, and so Cú Chulainn focsed on his physical power to dominate his peers, to be stronger than all. Goal: to be the best warrior in his uncle's service.

03) La courtise d'Emer: Of course, as the best warrior, he needed a woman at his side, even if he objectified women. Here too, no (real) love would be found.

04) La forteresse des femmes: This scene reminded me of a scene in the cult film 'Les 12 travaux' (YouTube, at 22:10), where Asterix and Obelix were challenged to resists the temptations of the Island of Pleasure. Here too, the Dog is sent to an island (Isle of Skye) where only women live and rule from within a castle: Dunscaith Castle. There's a priestess/warrior, Scáthach, who's to show the Dog some manners with regards to women, life, and more. For each lesson, there's a challenge to complete. But the Dog wouldn't be the Dog if he didn't find a way to handle it all his way. It would cost him his friendship with Ferdied, his best friend and the only man who would/could keep the Dog at bay in a fight.

05) Sanglotantes noces du Chien: Through cunning and changing style, Cú Chulainn manages to marry the woman of his dreams (or of his desires), but like his parents' marriage, there's no real love involved. Things don't turn out as they should have turned out.

06) Chien de troupeau: This chapter is based on , when cattle was stolen overnight and Cú Chulainn tried to prevent that, fighting every adversory in single combat. Including his best friend Ferdiad, who had decided to change direction after the events/adventures on the island where they (Cú Chulainn, Ferdiad, and a few other "friends"/followers; Cú Chulainn was indeed respected as best warrior/leader of the group) were given four challenges. This personal fight would have a serious impact on the rest of Cú Chulainn's life and behaviour.

07) Le fils unique d'Aife: Aife was the sister of the priestess in chapter 4. Cú Chulainn was mad at Aife, who had warned against his coming, his desire to really learn something, whereas her sister fulfilled her duty, even though she too doubted if her teaching would prove worthwhile. Cú Chulainn made Aife pregnant before returning to Ireland. Connla, their son, would be taught to never turn his back from a fight and not reveal his name. The consequences would be grave.

08) La vengeance des enfants de Calatan: How the Dog's arrogance resulted in a divine deception. But was it a real divine intervention? Here too, Cú Chulainn would have to prove his worth, especially as his life's thread was nearing its end.

Cú Chulainn had a rough upbringing, was promised a bright future, but his divine descent was what set him apart from his peers and everybody else. His power and the fact that he truly believed that he was the best and fiercest warrior quickly turned him into an arrogant person. Through his behaviour and vision of the world, he thought he would acquire a great following, that women would fall for him... yet, in contrast with his determination, his loyalty and his desire to be the strongest of all, his mental view of society prevented him having a bright future. Not too mention that his divine power - battle rage, as you could call it, like the Berserkers in Norse mythology - would both be an advantage (to protect the realm from intruders or thieves) and a disadvantage on a personal level.

His father, Sualtam, as severe or respected as he was in his local region, would not see his son grow up. Rather, he would remain alone after Dechtire and their son moved to her brother's court, where everything was bigger, more colourful, richer.

In the end, as the Dog never lived a normal, peaceful and harmonious life with his parents, any possible friends, ... so too the end of his life wasn't something to be envious about. Something along the lines of "Live fast, die young."

Long story short, even if this isn't a thick book at all: A story very well written, a style that is a joy to read (if you know your French), and a story that invites you to explore the world of Irish mythology a little more.

You really don't have to be an expert in Irish mythology to appreciate this tale. As I mentioned above, my knowledge of Irish mythology is very slim. Luckily, there are various websites and books to fill that void, if only to a basic level. Next to the aforementioned gods and characters, more gods, objects, ... made a guest appearance, like these:

* Conchobar mas Nessa, king of Ulster, rules from Emain Macha (Wikipedia)
* Medb, queen, wife of Conchobar (Wikipedia)
* Cathbad, druid, father of Conchobar (Wikipedia)
* The Morrigan (Wikipedia)
* Manannin mac Lir (Wikipedia) (Which made me think of the same-titled song by the Belgian Angeli di Pietra: listen here)
* Danu (Wikipedia)
* Gáe Bolga (the spear Cú Chulainn created back on the Isle of Skye) (Wikipedia)

General information on the world of the gods can be found in this article.
Mary Jones also has an entire page dedicated to Irish mythology.
The French rap group, Manau, had a song titled 'Le Chien du Forgeron': see this YouTube-link. But they were a little more known with their hit single 'La tribu de Dana'. While I can appreciate the song now a little more (in correlation with Camille Leboulanger's book), rap is far from my musical cup of tea.

And last but not least, if you want to read more about the battle between Cú Chulainn and his best friend Ferdiad, see this Facebook-link.
Profile Image for Steven Báthory.
824 reviews14 followers
October 20, 2022
De mon voyage scolaire en terre celtique et plus précisément en Irlande, je détiens encore un vif souvenir du folklore et de l’ambiance saisissante et emblématique de cette contrée. Pour autant et ne m’intéressant guère à la mythologie à l’époque, je n’ai retenu aucune connaissance quand à celle irlandaise et celtique. C’est pourquoi, ce roman m’a de suite faire l’œil lors de sa parution et je suis ravi de sa sortie au format poche qui m’a permis de rencontrer, en compagnie de ma chère acolyte Tachan – dont l’avis ne devrait tarder – un conteur hors pair.

Indéniablement, Camille Leboulanger et, à l’aide de son mystérieux et secret narrateur, revisite avec une véritable et franche réussite le mythe du héros – pas toujours si héroïque – qu’est le complexe et passionnant Cuchulainn. Je ne m’attendais nullement à faire face à un récit aussi captivant et étayé malgré une densité moindre et cette incursion dans l’univers celtique irlandais se joint à merveille à ma lecture en cours de l’essai dédié à ces mythes et légendes et ayant servi de support à l’auteur, Mythologie du monde Celte de Claude Sterckx. Néanmoins, cette lecture n’aurait pu être aussi vive et percurtante sans la savoureuse plume de celui-ci. Sans détour ni tabou et avec une efficacité redoutable, ce dernier offre un récit des plus immergeant qui soit et j’ai ressenti la constante l’impression de faire partie de l’assemblée à laquelle cette tradition orale était destinée. En ce sens, ce récit m’a fait vivre de vives et fortes émotions et j’ai vibré au rythme de cette violente et parfois sinistre légende récitée par moments avec poésie et lyrisme. Nul doute que la contré d’Ulaid n’était pas seulement qu’un havre de paix lorsque l’on découvre et suit la mystérieuse naissance et la savoureuse évolution de Cuchulainn, appelé aussi le Chien, ce personnage aussi complexe qu’emblématique.

Étonnamment, je ne peux affirmer avoir totalement apprécié cette figure majeure de la mythologie celtique même si j’ai adoré la découvrir dans son intégralité. J’ai été saisi par l’importante complexité mais aussi l’importante profondeur présentes dans la construction de ce brave héros. Ainsi et qu’on adhère ou pas à la psychologie ou au caractère bien trempés de ce quasi dieu, nul doute que celui-ci ne vous laissera pas indifférent tant le Chien s’éloigne du schéma manichéen du bon ou mauvais protagoniste et se révèle un savoureux mélange de nombreuses polarités. Je n’ai d’ailleurs guère réussi à me représenter ce personnage tant je m’imaginais à la fois un jeune homme fort et courageux ainsi qu’à l’inverse, une créature austère mi bête mi humaine. Il faut dire que Camille Leboulanger idéalise nullement son personnage et encore moins l’univers revisité et dévoilé.

Ainsi et en très peu de chapitres seulement, une certaine violence ne cesse d’émaner de sa brutale œuvre et cette dernière s’intensifie au rythme de son intrigue. Il est de même quant à la tension permanente de ce roman. C’est pourquoi, les derniers chapitres débordent de combats physiques mais aussi moraux et offrent une finalité frappante et saisissante. En effet bien qu’inlassablement parsemé de batailles et autres offensives, Le Chien du Forgeron met fidèlement en avant certaines difficultés sociales et notamment la place de la femme en ces siècles précédents. Celles-ci et sans misogynie aucune de la part de l’auteur sont bien souvent reléguées aux rôles de génitrices potentielles. Par conséquent, j’ai été ravi de rencontrer certaines des célèbres femmes et déesses de la mythologie celtique. Grâce à l’apparition de ces trois fortes femmes dont je tairais les noms, Camille Leboulanger met à l’honneur le symbolisme païen et/ou ésotérique que j’apprécie tant et qui m’anime ces derniers mois. Qu’il m’a été plaisant et enivrant de retrouver par exemple le symbole de la triple lune mais aussi les différents sabbats composant la roue de l’Année, le célèbre calendrier de l’ancien monde celtique tels que Samhain, par exemple. Ces différents choix renforcent l’ambiance mystique de cette œuvre et démontre tout le travail de recherche qu’à méticuleusement réaliser ce dernier.

Ainsi et aussi passionnant historiquement que mystiquement, Le Chien du Forgeron se dévoile une captivante et éloquente revisite du mythe celtique immersif et addictif au possible. Grâce au savoureux talent de conteur de Camille Leboulanger, j’ai eu l’honneur de découvrir un univers aussi riche que complexe et aussi envoûtant que violent. Amateurs de mythologie, nocives ou aguerris, ce récit est pour vous et j’encourage quiconque à découvrir cette divine œuvre.

Cette lecture a été réalisée à l’occasion du Pumpkin Autumn Challenge – 2022 : Menu Automne de l’étrange – La ceuillette des champignons.
Profile Image for Yuyine.
979 reviews58 followers
November 10, 2021
Le Chien du forgeron est une excellente lecture. Outre l’immersion immédiate et le talent de conteur de son auteur, c’est un roman qui dénonce les failles des récits légendaires et égratigne joyeusement la figure du héros plein de virilité. Un regard assurément moderne sur un récit celte ancien qui le rend passionnant, un peu piquant et foncièrement engagé.

Critique complète sur yuyine.be!
Profile Image for Jeanne.
203 reviews24 followers
December 31, 2021
Sympa pour le côté légende/mythologie, mais le propos ne m'a pas convaincue. Je l'ai même souvent trouvé à contresens de ce qu'il prétend dénoncer.
Profile Image for Kahlan.
832 reviews50 followers
April 5, 2023
On se retrouve aujourd’hui avec l’un des personnages les plus importants de la mythologie irlandaise : Cuchulainn, le champion d’Ulster, un guerrier renommé à la double ascendance, humaine et divine. Le chien du forgeron, de Camille Leboulanger, revisite son histoire du point de vue d’un conteur étrange, un soir dans une taverne, en échange de quelques bières. Le vieil homme nous promet la vérité vraie, très éloignée de la légende propagée par la rumeur.

Tout commence avec un mariage de raison, celui de Dechtire, sœur du roi Conchobar Mac Nessa, et de Sualtam, l’un de ses principaux vassaux. Alors qu’elle se refuse encore et encore à ce vieil époux dont elle ne veut pas, la jeune femme disparaît soudain pendant plusieurs années. Lorsqu’elle refait surface, elle prétend avoir été enlevée et violée par le dieu Lug. Quelque temps plus tard, naît Setenta, dont nul ne saura jamais déterminer la véritable parenté.

Élevé dans le culte de ce qu’il est censé devenir, à savoir le plus grand guerrier de tous les temps, le jeune garçon est doté d’un égo surdimensionné et ne doute jamais de rien. Pas une des leçons que la vie lui administrera ne lui inspirera la moindre humilité tant il est persuadé de sa propre importance. C’est la vie, épique au demeurant, de cet être à l’incroyable destinée, égoïste et imbu de lui-même, que le conteur nous livre ici, sans fard ni complaisance.

C’est un personnage ambivalent qu’on a du mal à apprécier, et pourtant, est-il réellement responsable de ce qu’il est devenu ? Quoi qu’il en soit, porté par la verve du vieux conteur, on se surprend bien vite à éprouver de la curiosité pour son histoire. À aucun moment, le récit ne m’a paru lourd ni ennuyeux. L’intrigue est au contraire bien construite, mêlant découverte de la vie dans les forteresses de l’époque avec intrigues politiques, sans oublier la thématique vitale du statut des femmes dans cette société.

Le style demande un petit temps d’adaptation. On nous raconte une histoire, elle ne se déroule pas sous nos yeux, il n’y a que peu de dialogues. Mais on s’y fait vraiment très vite, dès la fin du premier chapitre en fait. La personnalité très marquée du chien nous embarque, et avec quelle facilité ! Cela sonne tout à fait juste et c’est une véritable tragédie car vous vous doutez bien que pareille histoire ne peut pas bien se terminer. Le chien du forgeron est comme une pierre qui dévale la montagne, écrasant tout sur son passage, et volant en éclats une fois arrivée en bas.

Ce fut une très belle découverte, que ce soit l’histoire réinventée de Cuchulainn, ou la plume de Camille Leboulanger. L’immersion est rapide et j’ai trouvé sympathique que, pour une fois, on égratigne un peu la figure du héros traditionnel, le grand guerrier imbuvable aux multiples faits d’armes. J’ai passé un très bon moment et j’ai hâte de découvrir d’autres romans de cet auteur.
Profile Image for Zéro Janvier.
1,728 reviews126 followers
June 19, 2022
Je ne sais plus exactement où j’ai entendu parler de ce roman, mais il était présenté comme le digne représentant d’une fantasy française renouvelée et de grande qualité. Je me suis laissé tenter et je ne le regrette pas : ce livre est exactement tel qu’il m’a été présenté.

Camille Leboulanger nous propose une ré-interprétation d’un mythe en nous racontant la vie et les aventures de Cuchulainn, un héros légendaire celtique. Je dois avouer que même si son nom me disait vaguement quelque chose, je ne savais rien de lui avant de lire ce roman, j’ai donc découvert ce héros comme un novice à travers ce roman.

L’auteur enchaine les épisodes majeurs de la vie du héros : les circonstances de sa naissance, son enfance, l’événement qui le vaudra le surnom de Chien du forgeron, sa place à part à la cour royale de oncle, jusqu’à sa mort.

Le récit lui-même est bien mené et intéressant, mais ce n’est pas forcément l’essentiel ici, ni ce qui fait de ce roman un grand livre de fantasy. Là où l’auteur est fort, c’est sur deux aspects :

D’une part, il propose une ré-interprétation du mythe sur le thème de la virilité, avec un héros qui en représente tous les excès, tous les abus, toute la force d’une domination violente et injuste.

D’une part, il montre comment nait et se perpétue un mythe, comment les récits mettent en avant certains éléments et en occultent d’autres. Dans ce récit, le narrateur est fondamental : il est à la fois « notre » narrateur, celui qui prend la parole à travers le livre, mais aussi le narrateur interne de son public dans le livre. C’est un narrateur et un conteur, qui relate les aventures du Chien à la fois pour son audience et pour nous. Il interpelle le public, il commente le récit, il explique comment il a obtenu certaines informations, il justifie pourquoi il parle de tel aspect et laisse une part d’ombre sur telle autre.

Ce roman nous permet ainsi d’assister à la fois au récit des aventures de Cuchulainn et à la construction d’un mythe, celui du Chien du forgeron, tout en nous interrogeant sur la virilité et sa place dans nos imaginaires. C’est très bien fait et cela place ce livre très haut dans les oeuvres récentes de fantasy française. Cela m’a clairement donné envie de découvrir d’autres oeuvres de Camille Leboulanger. Ne soyez donc pas étonnés si je vous reparle prochainement d’autres romans de cet auteur.
Profile Image for Célindanaé.
6 reviews18 followers
July 14, 2021
Quel formidable talent de conteur dont fait preuve Camille Leboulanger avec Le chien du forgeron. Il nous entraîne dans les pas de cet étrange personnage qui vécut dans un temps où les légendes forgeaient les destinées.
Profile Image for Keven.
3 reviews
August 16, 2023
Il y a des lectures qui vous laissent sans voix. Le Chien du forgeron est une belle découverte.
Profile Image for Mathiarc.
13 reviews
July 4, 2024
Sacrée réécriture !

Camille Leboulanger nous emmène en Irlande à l'époque de l'âge du fer pour nous raconter l'histoire d'un personnage mythique. Tout l'argument du récit est de déconstruire ce mythe en faisant du Chien un personnage assez misérable, incarnation d'une virilité quelque peu pathétique.
On est vite plongé dans le récit, aidé en cela par un narrateur conteur qui n'hésite pas à s'exprimer sur le Chien apportant ainsi une pluralité de nuances.
En bref : un livre qui se lit vite et qui s'illustre par son interrogation sur la façon dont on raconte la vie des personnages mythiques.
Profile Image for La licorne bibliophile.
609 reviews19 followers
June 26, 2024
Dans une taverne, un barde errant désire raconter à son auditoire la vie du légendaire Cuchulainn, le Chien du Forgeron.

Un rendez-vous raté que ce Chien du Forgeron dont j'attendais peut-être trop de mon côté. Le livre n'est pourtant pas mauvais. Camille Leboulanger dispose d'un véritable style littéraire très marqué dans cette oeuvre et qui pourra plaire à d'autres avec ce barde contant son récit contre de très nombreuses tournées d'alcool.

Concernant l'histoire, je ne connaissais pas du tout la légende de Cuchulainn, c'était donc une totale découverte. J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans les premiers chapitres mais une fois lancée, et plus particulièrement à partir de la quête de Cuchulainn et de ses hommes pour obtenir sa femme, l'histoire se laisse suivre sans déplaisir. Je n'ai jamais été surpris par un retournement de situation car tout reste classique mais la trame narrative reste cependant solide.

Les personnages... sont présents. Cependant, mis à part Cuchulainn et dans une moindre mesure Ferdiad, j'ai trouvé que la plupart des personnages secondaires restaient des figures assez lointaines. Cuchulainn est un personnage détestable mais cela n'entrave aucunement la lecture.

Mon principal problème vient du fait que j'ai toujours eu l'impression d'une trop grande distance entre le roman et moi. Le fait d'avoir l'aventure contée par un barde se révélait peut-être trop bien réalisée ici : à aucun moment je ne me sentais vraiment impliqué dans les événements, j'écoutais quelqu'un me raconter une histoire passée dont les événements s'enchaînent à travers le temps. Cette distance m'a vraiment empêché de me plonger à fond dans ma lecture et je le regrette bien car je n'ai probablement pas pu apprécier ce livre à sa juste valeur.
Profile Image for Gallyann.
1 review
January 19, 2024
Je ne m'attendais pas à aimer ce livre. Je ne l'ai pas choisi, on me l'a offert et je me suis tout de suite dit "Aïe, les récits de guerriers virils, c'est pas mon truc". Mais ce bouquin, c'est tellement plus que ça !

Si vous êtes à la recherche d'un livre type heroic fantasy avec une figure de noble héros guerrier épique et de la magie à tout va, ce récit n'est probablement pas pour vous. Mais si vous aimez la mythologie et les expériences nouvelles, l'exploration de point de vue et les contes anciens, foncez !

Le chien du forgeron est une réécriture du mythe irlandais de Cuchulain (son nom en gaélique). Celui qu'on surnomme le "Chien" est un grand guerrier, étendard de la nation dont on chante les exploits… Mais connaît-on réellement son histoire ?

Je me permet de m'appuyer sur des critiques que j'ai vue formulées précédemment contre le livre pour donner mon avis.

1- L'utilisation du "récit au cœur du récit" : l'histoire est racontée par un conteur dont le point de vue se confond souvent avec celui d'un narrateur omniscient mais qui s'écarte de temps à autre de l'action. Ce mode de narration est loin de plaire à tout le monde visiblement, mais je pense qu'il est nécessaire !
Faire du narrateur un personnage sert un double objectif : questionner la subjectivité d'un récit et subvertir le mythe.

Pour questionner la subjectivité d'un récit, quoi de mieux que de rendre tangible la narration ? Les mythes ne sont pas des histoires sortis d'une bouche désincarnée : ils sont racontés par des personnes qui ont leurs propres intérêts à cœur (ou ceux de leur pays). Ils expriment le plus souvent la pensée dominante d'une époque, effaçant pour les générations futures les nuances et les points de vus divergents. En faisant s'incarner le narrateur dans ce personnage de conteur génial, qui affirme à plusieurs reprise être porteur de la vérité alors même que l'histoire qu'il raconte est très différente de l'originale, l'auteur attire notre attention sur ce "vernis" subjectif qui habille nécessairement tout récit. Il nous invite à prendre du recul sur les images glorieuses véhiculées par les mythologies occidentales. Quelle réalité se cache derrière le mythe ?

La réponse proposée par le livre à cette question passe par la subversion de la fable originelle de Cuchulain, et le personnage du conteur inventé par l'auteur a un rôle important à y jouer : c'est lui même un outsider, un paria, un rejeté de la société. Ce statut lui confère un point de vue alternatif crédible et justifie son désir de faire entendre les voix de ceux qui sont d'ordinaire, dans les mythes, au mieux accessoires, au pire complètement absents. Je parle des femmes, des enfants, des pauvres, des vaincus. À quoi aurait ressemblé le mythe si ceux qui l'ont raconté n'avaient pas eu à cœur d'exaltater un héros national mais de porter la parole de ceux que le dit héros a piétiné dans sa recherche de gloire ? Il y'a fort à parier que ce récit mettrait en lumière les travers, les mochetés, les bassesses de ce personnage tant vanté, qui est, certes un impressionnant guerrier, mais avant tout un privilégié au sein de la société dans laquelle il évolue.

2- Le narrateur prêcherait des "messages à deux-ronds" : le narrateur du livre est avant tout un conteur. Le style caractéristique du conte inclus ce genre d'incises, où celui qui raconte fait un pas de côté par rapport au récit et tente d'exprimer une sorte d'enseignement pour le bénéfice de son lecteur. Je comprend qu'on puisse ne pas aimer et dans ce cas là, vous allez avoir du mal à apprécier le ton du bouquin. Quant à la qualité des remarques faites par le conteur, j'imagine que je suis cliente de ce genre de messages à deux-ronds : à plusieurs reprises j'ai trouvé la formulation si efficace que j'ai eu envie de prendre des notes ^^

3- Le féminisme : ce livre n'est pas un essais militant, c'est sûr, mais il pose la question de la condition féminine dans une société où la domination par la force est révérée. Il y a, je trouve, un vrai parti pris dans le fait de monter l'existence de ces femmes oubliées de l'histoire, de rendre visibles les rouages qui les broient, au sein d'un système qui les opprime et dont elle sont pourtant la pierre angulaire, puisqu'il repose tout entier sur leur capacité à produire des héritiers. Même celles qui choisissent de vivre en marge de la société, guerrières et magiciennes, finissent par subir les conséquences de cette virilité envahissante.

Pour autant, le but du livre n'est pas de faire des femmes à leur tour des figures mythique au dessus des hommes. Ils donne simplement à voir le mythe par leurs yeux et leurs moyens de résister à leur échelle. Elles ne sont pas non plus montrées comme de pauvres victimes dénuées de sentiments négatifs. Le livre trouve un moyen bien plus intelligent de nous faire compatir à leurs douleurs : il montre comment les hommes, et la société qui les favorise, les écornent, les transforment, les fatiguent, les usent et les rendent amères. La narration met en évidence les rôles auxquels ce culte de la puissance guerrière oblige les deux genres à se conformer. Même les hommes, que ce système est censé avantager, sont en fait piégés dans leur propre rôle et je me suis surprise à avoir pitié d'eux. Ce n'est certes pas révolutionnaire mais je trouve que c'est une très bonne porte d'entrée vers des réflexions plus poussées sur les sociétés patriarcales. On peut le traiter comme un simple sous texte ou on peut choisir d'y prêter l'oreille et y trouver matière à réflexion.

J'ai vu quelqu'un se plaindre d'une comparaison que l'auteur ferait entre les femmes et la bière, arguant que ce n'est pas très féministe. Voilà la citation en question :

"Les hommes ont peur des femmes depuis qu'il y a des hommes et depuis qu'il y a des femmes. C'est pour cela qu'ils ont inventé la bière. Car la bière est une femme : elle donne le même plaisir mais ne demande rien, et jamais elle ne nous observe la nuit. On ne se demande pas ce que pense la bière. [...] Un jour viendra sûrement où il n'y aura plus de bière, rien que des femmes, et les hommes devront reconnaître leur peur, et apprendre à vivre avec elles et non contre elles".

Dans ce passage, les femmes ne sont pas comparées à la bière : c'est la bière qui incarne la femme idéale aux yeux des hommes. Ils l'ont créée à l'image de ce qu'ils aimerait que la femme soit : une source de plaisir muette et toujours à disposition. Tout le propos de cette personnification est justement de critiquer le point de vu masculin qui chosifie la femme, la traite comme un bien de consommation et la préférerait dénuée d'intellect. On peut à la rigueur trouver la figure de style maladroite, mais il ne me semble pas qu'elle "pose question" quant au point de vu féministe de l'auteur.

Autre critique que j'ai croisée : "l'univers n'a de celte que les noms à coucher dehors". C'est la critique que je trouve la moins justifiée… Ce livre est la réécriture d'un mythe irlandais, je vois mal comment on peut faire plus celte ! ^^' Au contraire, l'auteur est plutôt bien renseigné sur les celtes d'Irlande de l'âge du fer (sachant qu'on en sait pas grand chose de toute façon). La société, les paysages et les bâtiments décrits posent un décor réaliste. C'est sûr que si vous cherchez le glamour et la fantaisie, ou que vous avez en tête une image fantasmée des civilisations celtes, vous risquez d'être déçus.

Pour ma part j'ai trouvé les personnages intéressants, le rythme fluide et l'histoire revisitée de ce mythe que je ne connaissais pas m'a captivée. Les nombreux noms de personnes et de lieux peuvent entraver la lecture, c'est vrai, mais je suis passé outre et je ne l'ai pas regretté.

Bref, arrêtez d'hésiter et lisez le ! Et s'il vous plaît pas vous pourrez toujours le refiler à quelqu'un ^^
Profile Image for Ceraeden.
141 reviews5 followers
October 26, 2025
Il est compliqué de mettre une note à ce livre : j'ai adoré ma lecture, j'ai détesté son personnage principal.
Nous avons affaire à une relecture du mythe de Cuchulainn. Ne connaissant pas ce mythe, c'est sans arrière-pensée ni attentes que j'ai découvert la plume de Camille Leboulanger.
L'auteur décide, par le biais de son narrateur, un témoin direct ou indirect de la vie du Chien, de montrer l'écart entre les mythes et les faits, de ne pas masquer l'homme derrière la légende. Et l'homme, justement, le Chien, est imbuvable, fruit de son éducation et de son entourage.
Néanmoins, le livre se lit très bien, avec l'utilisation très réussie d'un narrateur conteur qui s'adresse à son public pour lui raconter son histoire, et réclamer régulièrement sa rasade de bière.
Profile Image for Gytha.
25 reviews
February 5, 2022
Il s’agit d’un récit particulièrement déroutant. Racontée par la voix de celui qui l’a connu dans l’ombre (et dont on apprendra peu à peu l’identité), on découvre ici l’histoire du Chien du Forgeron, de sa naissance à sa mort, de son premier nom à celui qui fit sa légende. C’est un style de narration que j’aime beaucoup, celle du personnage qui, à l’occasion d’une veillée, se met à conter à son auditoire auquel est intégré le lecteur ; et dans ce roman-ci j’ai été particulièrement happée par le conteur et par son histoire.

D’ailleurs, tout au long du récit, ce conteur ne cache pas son désamour pour celui dont il conte la légende : ce récit n’est pas fait pour être une légende. Ce n’est pas l’épique destin d’un homme légendaire, ni la tragique destinée d’un anti-héros déchu. Ça n’est pas même « l’histoire derrière la légende », comme on présente souvent les côtés plus sombres d’un personnage. C’est la réelle déconstruction du mythe : le Chien du Forgeron n’a pas une once de bien en lui, mais une animalité féroce, qui ne laisse que peu de place à l’humain.

Au fil du roman, on observe donc le déchaînement de cette bête furieuse. Peut-elle se lier à celles et ceux qui l’entourent ? Détient-elle autre chose que douleur et destruction ? A-t-elle réellement une place dans ce monde ? Dans la narration en elle-même, peut de choses autres que les faits sont racontés, et l’histoire avance parfois plutôt vite. Mais ce roman amène à questionner beaucoup de choses, à lire entre les lignes, à prendre du temps dans sa lecture. Et s’il demeure impossible de s’attacher à ce personnage, j’ai quand même versé une larmichette à la fin…

Je savais vaguement que Cúchulainn, le Chien du Forgeron, était un personnage de la mythologie celtique. Je pensais aller me renseigner davantage sur lui pour étoffer ma lecture, mais ce fut une expérience si singulière que je n’ai pas voulu m’en détourner l’esprit.
Profile Image for Bookosausus Rex.
118 reviews
June 25, 2023
Approchez vous du feu et laissez-vous conter l'histoire de Cuchulainn, guerrier mythique Irlandais. De son enfance à son entrée dans la légende, le vieux conteur de l'auberge saura vous retracer sa vie, ses combats et les événements qui ont contribués à sa glorieuse renommée…
Cependant, ici, c'est l'histoire de l'homme derrière la légende qui va nous être narrée, l'homme imparfait, issu d'une société aux codes virils, et toxiques, un homme qui n'a rien du personnage pour lequel une sympathie naturelle se tisse tout au long du récit.
Ici il s'agit de comprendre un être brutal qui a façonné sa vie par la force, pour se tailler un chemin vers la gloire, sans le moindre regard pour la souffrance qu'il pourra engendrer.

J'ai beaucoup aimé cette version démystifiée d'un personnage qui est l'archétype du héro et découvrir l'humain derrière le mythe.
Cuchulainn n'est pas un personnage que vous aller aimer, d'ailleurs le narrateur nous mets en garde à plusieurs reprises, il est ici pour parler du vrai "Chien" et non du héro auréolé de magie.

J'ai particulièrement apprécié l'ambiance dans laquelle le récit se mets en place, l'auberge enfumée où se trouve un vieillard près à vous raconter des légendes en échanges de quelques verres.
S'ajoute à ça l'approche psychologique sur la construction de cet homme violent persuadé d'être unique et d'avoir un destin prestigieux.

𝔼𝕟 𝕓𝕣𝕖𝕗: Ne lisez pas se livre si vous souhaitez suivre l'histoire d'un héro attachant. Par contre, si vous souhaitez en apprendre plus sur la mythologie irlandaise, dans un décor sans fioriture, ce livre est parfait, foncez!
Profile Image for Sarah D.
24 reviews
August 29, 2021
Le chien du forgeron
L’histoire se passe sous forme de récit narré par un personnage , maintenant âgé qui dit décrire la vie du « Chien »( personnage principal considéré héros de guerre au temps du récit du veil homme). Ses interventions hors a l’histoire sont un peu trop nombreuses pour parler de lui resservir de la bière. Ensuite pour l’histoire, elle se passe dans un monde du temps des seigneurs et des rois avec une pointe de fantaisie car on nous parle de dieu et de divinités animales. La vie du héros est racontée d’avant sa conception à sa mort.
Enfin question ambiance et personnage je dirais que (si vous avez lu Le Parfum) c’est assez similaires dans le sens où le protagoniste après son enfance n’a presque plus rien de conscience humaine. Ses actions nous dégoûte et nous mettez mal à l’aise. Ce personnage est détestable cruel et sauvage et tout les personnages autour sont eux aussi impossibles à apprécier. Tout les autres personnages sont intéressant et où mauvais.(Personnellement c’est un point qui me fait ne pas apprécier un livre mais tout dépend de ce que vous aimez)
Profile Image for Juliette.
484 reviews25 followers
May 19, 2023
DNF 50%
C'était juste pas intéressant... Pas horrible ou absolument mal fait, mais je n'avais rien pour me pousser à continuer...
L'utilisation du récit au coeur du récit n'apporte rien (à part l'avantage un peu facile de ne pas avoir à faire du "anti héros" un protagoniste) et c'est plus un prétexte pour prêcher des messages à deux ronds et des trucs soi disant féministes.... Enfin je dis féministe mais bon quand on compare les femmes à la bière ça pose un peu question.
Les personnages sont inintéressants, c'est tellement rapide que j'ai l'impression d'avoir lu un livre d'histoire. Et l'enchaînement des noms aide pas. L'histoire est absolument absente, et l'univers n'a de celte que les noms à coucher dehors.
Au passage, dans le style, c'est un des pires premiers chapitres que j'ai lus... Même le narrateur dit qu'on s'en fiche, imaginez vous.
La plume est pas mal dans son style mais sans plus non plus.

Je comprends vraiment pas la hype...
Profile Image for Iza Brekilien.
1,584 reviews132 followers
January 28, 2023
Ce n'est pas que ce livre soit tellement mauvais, mais il n'est pas fabuleux non plus.
Devant le poser de temps en temps, j'ai dû me forcer à chaque fois pour le reprendre, donc je l'ai laissé tomber pour lire d'autres livres qui m'intéressaient plus.
Peut-être que je le reprendrai un jour...
Profile Image for Xavier.
4 reviews4 followers
July 4, 2021
Entrez dans l'univers celte, avec cette revisitation de l'histoire de Cuchulainn. Voici un roman qui se plaît à sortir le mythe de ses gonds, et la figure du héros avec lui :)
Profile Image for Elsa.
163 reviews1 follower
May 8, 2023
Mon premier coup de cœur roman de l'année ! C'était génial, je ne me suis jamais ennuyée <3
Profile Image for Clemy-chan.
654 reviews11 followers
May 30, 2022
Malheureusement, je découvre petit à petit que je ne suis pas vraiment fan de la mythologie celtique. Malgré l' écriture superbe, au milieu du récit j'étais déjà ennuyé. Je déteste les charactères qui ne changent jamais pendant leur vie entière, car je peux deviner toutes leurs décisions ainsi que la fin de leurs histoires.
Displaying 1 - 26 of 26 reviews

Can't find what you're looking for?

Get help and learn more about the design.