En 1761, un navire français s'échoue sur un îlot perdu de l'océan Indien. Il transporte cent soixante esclaves. Pour survivre, rescapés blancs et noirs doivent cohabiter. Un officier veut construire une chaloupe. Les marins refusent de l'aider. Les esclaves acceptent. Leur dignité force le respect des Blancs. Mais au moment du départ, on ne les embarque pas. Quinze ans plus tard, quand le bruit de ce forfait a couru tous les ports, on revient les chercher. Il ne reste que sept femmes et un enfant. À partir des archives maritimes, des fouilles archéologiques et d'un séjour sur l'île, Irène Frain raconte ce chapitre méconnu des droits de l'Homme, qui a conduit les consciences à l'abolition de l'esclavage.
L'histoire est fascinante, c'est le moins que l'on puisse dire ! Comment des gens ont pu survivre 15 ans à un naufrage sur cette île battue par les ouragans ? Une histoire agréable à suivre, même si les digressions pour revenir à l'enquête sur les faits sont un peu pesantes. Des détails sont répétitifs également, sans doute lié au fait qu'on a très peu d'informations sur ce qui s'est réellement passé. Ceci dit, ce livre est un bon divertissement et donne envie d'en savoir plus !
DNF à plus de la moitié... L'histoire est intéressante, mais racontée comme un documentaire très détaillé plutôt que comme un roman. Il y a une distance dans le récit qui ne m'a pas permis d'accrocher.
Les naufragés de l'île Tromelin d'Irène Frain : Un voyage historique intense et nuancée 17 JUIN 2024
Une découverte fascinante de l'histoire En tant que passionné d'histoire, découvrir Les naufragés de l'île Tromelin d'Irène Frain a été une expérience enrichissante. Le livre plonge dans un épisode méconnu de l'histoire maritime, celui du naufrage de l'Utile en 1761, où un groupe d'esclaves malgaches se retrouvent abandonnés sur l'île de Tromelin, une minuscule île inhospitalière de l'océan Indien. Cette histoire, que j'avais déjà effleurée à travers une bande dessinée sur le même thème, Les esclaves oubliés de Tromelin de Savoia, a pris une nouvelle dimension grâce à la rigueur et la profondeur de la recherche historique d'Irène Frain.
Une lecture ardue mais enrichissante La lecture de ce roman s'est révélée quelque peu ardue, principalement en raison du vocabulaire employé par l'auteure. Irène Frain utilise un langage riche et parfois technique, fidèle à l'époque et au contexte maritime du XVIIIe siècle. Cette complexité linguistique, bien que parfois un obstacle à une lecture fluide, ajoute une authenticité indéniable au récit. Elle permet de mieux s'immerger dans l'époque et les événements décrits, bien que cela demande un effort de compréhension supplémentaire.
Des personnages difficiles à cerner Un des aspects qui m'a moins séduit est le développement des personnages. Je n'ai pas trouvé les naufragés particulièrement attachants. Leur représentation, bien que probablement fidèle aux réalités de l'époque, manque peut-être de profondeur émotionnelle et de nuances qui permettraient de créer un lien plus fort avec le lecteur. Les souffrances et les défis auxquels ils font face sont décrits avec précision, mais j'aurais apprécié une exploration plus intime de leurs pensées et de leurs sentiments.
Un point de vue principalement européen Le principal bémol que j'ai ressenti en lisant Les naufragés de l'île Tromelin est la perspective majoritairement européenne adoptée par l'auteure. La majorité du récit est narrée du point de vue des marins et des autorités coloniales, ce qui peut parfois donner l'impression que les esclaves malgaches, pourtant au cœur de cette tragédie, sont relégués au second plan. Cette approche peut être vue comme une limitation dans la mesure où elle ne permet pas de pleinement explorer et comprendre l'expérience des naufragés malgaches du point de vue de leur culture et de leur humanité propre.
Une œuvre à la croisée de l'histoire et de la fiction Malgré ces quelques réserves, Les naufragés de l'île Tromelin reste une œuvre captivante qui réussit à mêler habilement histoire et fiction. Irène Frain parvient à ressusciter un épisode oublié de l'histoire avec une précision documentaire et une sensibilité littéraire. Ce livre nous rappelle les horreurs de l'esclavage et les injustices du passé, tout en célébrant la résilience et la détermination humaine face à des conditions extrêmes.
En conclusion, la lecture de ce roman a été une aventure intellectuelle et émotionnelle riche. Bien que j'aurais aimé une représentation plus équilibrée des points de vue et des personnages plus attachants, Les naufragés de l'île Tromelin reste une œuvre importante pour comprendre et se souvenir de cette tragédie oubliée. Irène Frain nous offre un témoignage poignant et nécessaire sur une page sombre de l'histoire humaine.
L’affaire est passionnante, mais la façon dont c’est raconté est d’un en ennui mortel. Ça a été fait comme une sorte de documentaire mêlé à des dialogues, le problème c’est que c’est juste long et ennuyant parce qu’on est en train de lire et non pas en train de regarder visuellement quelque chose. On revient sans cesse sur les mêmes points ou sur des éléments qui coupent le récit.
Une histoire absolument et complètement folle qui m’a retourné le cerveau ! Aller voir à quoi ressemble l’île tromelin et dites vous que y a des gens qui y ont survécu 15 années. 15 années. Sur un bout de terre sans ombre au milieu de l’océan
Prisonnière de ses notes historiques et de la volonté pas convaincante d'en écrire un récit romancé, Irene Frain caracole entre le fait, la preuve, l'interprétation et la fiction. Elle rate son coup n'arrivant jamais à maîtriser sa trame historique romancée basée sur des faits vécus. Des faits qui, pourtant, possèdent tous les ingrédients d'un récit passionnant. Celui d'un bateau échoué sur une minuscule île de corail sans arbre en plein coeur de l'océan pas si loin que cela de Madagascar. Un bateau d'esclaves à la solde de Français. On a peine à suivre l'histoire mal contée trop prise qu 'elle est par deux journaux de bord dont l'auteure se sert. Pourtant, que de rencontres perdues, que de dialogues inventés oubliés, que de personnages mal décrits, que d'histoires interpersonnelles chaloupées. N'est pas conteur qui le veut, en voici l'exemple parfait. Directement sur un récif de corail. Naufrage.
I really liked this book because it says so much. The shame of slavery, the disgrace of the Compagnie des Indes, the stubbornness of the captain, an error in cartography, the drama and survival with a touch of humanity, solidarity and shame, the abandonment of the Malagasy slaves on the hostile island, Castellan's fight against a rotten governor and an administration that wants nothing to do with him. Obviously, Irène Frain has taken the point of view of the French sailors and not that of the slaves, or at least not very much. She has created some very fine pages: the originality of the anecdote that opens the novel, the description of the shipwreck, the main characters (Castellan, the ship's surgeon, Kéraudic, etc.). The story is never boring and allows us to learn about historical facts that have been glossed over. Castellan's character captivated me: his qualities as a sailor, his extraordinary serenity at the time of the shipwreck, but later his omnipresence and obsessive desire to control everything while building the pram, and finally the sadness that followed him for the rest of his life. The evocation of Lorient, Plougasnou... but also the instinctive attraction of the Bretons to the islands, the evocation of the Indian Ocean, everything maritime, all this appealed to me (Breton, once a very modest sailor).
I like the style and the rich vocabulary. But it seems to me that Irène Frain has only touched on the Malagasy people in a secondary way, particularly those Malagasy songs that sailors and slaves, companions in misfortune, sang together... Nevertheless, this is a book that should be read for its historical background, for discovering the French and even Breton presence in the Indian Ocean from this fateful angle, and for everything related to seafaring in general. And last, but not least for the patient and interesting background work by Max Guérout.
Une tragédie historique J'ai beaucoup aimé ce livre, car il dit beaucoup de choses. La honte de l'esclavage, des trafics de la Compagnie des Indes, le déshonneur du capitaine qui s'entête, une erreur de cartographie, le drame et la survie avec une touche d'humanité, de solidarité, et la honte, l'abandon des Malgaches sur l'ile hostile, le combat de Castellan contre un gouverneur pourri et une administration qui ne veut rien savoir. Bien sûr, Irène Frain s'est glissée dans la perspective des marins de France et non dans celle des esclaves, ou si peu. Elle produit de très belles pages : l'originalité de l'anectode qui prélude au roman, le récit du naufrage, les personnages principaux (Castellan, le Chirurgien de bord, Kéraudic...). Le récit n'est jamais ennuyeux et permet de prendre connaissance de faits historiques qui ont été occultés. Le personnage de Castellan m'a captivée : ses qualités de marin, son extraordinaire sang-froid au moment du naufrage, mais aussi plus tard son omniprésence et son désir obsessionnel de tout maîtriser lors de la construction de la prame, et enfin cette tristesse qui restera en lui jusqu'à la fin de ses jours. Les évocations de Lorient, de Plougasnou... mais aussi l'attrait des Bretons pour les îles, l'évocation de l'Océan Indien, tout ce qui est marine, tout ceci m'a plu (Bretonne, très modeste navigatrice à une époque).
J'aime bien le style, la richesse du vocabulaire. Mais, évidemment, Irène Frain n'a évoqué, à mon sens, les Malgaches que secondairement, et notamment ces chansons malgaches que marins et esclaves, compagnons d'infortune chantent ensemble... Tout de même, c'est un livre à lire pour l'Histoire, pour la découverte sous cet angle funeste de la présence française voire bretonne historiquement dans l'Océan Indien, et en général pour tout ce qui est marin. Et last but not least, pour le patient et intéressant travail en amont de Max Guérout.
Coïncidemment, je sors de l’(excellente) pièce de Benoît Solès Le Secret des secrets, dans laquelle un personnage explique que « la plupart des bonnes histoires commencent par un naufrage ».
L’histoire des naufragés de Tromelin est effectivement une bonne histoire, une histoire qui paraît presque trop bonne pour être réelle à vrai dire, alliant comme elle le fait l’aventure à la leçon de vie.
Celle-ci est extrêmement bien racontée et je reconnais la qualité de l’écriture d’Irène Frain, qui m’a cependant parue presque trop élaborée et prenait parfois un peu le pas sur la narration. Je reste quelque peu sceptique concernant la totale véracité du récit malgré tout, qui me paraît bien trop rempli de détails et de pensées intimes des personnages pour se baser uniquement sur deux comptes-rendus écrits par des marins (quand bien même l’un d’eux était-il l’écrivain de bord). Il n’est pas vraiment clair donc s’il s’agit d’un essai ou d’un roman « basé sur des faits réels », et j’aurais apprécié un peu plus de transparence sur ce point.
Mais quoi qu’il en soit, l’histoire est fascinante, de par son lien avec l’abomination qu’est l’esclavage, et nous embarque dans un grand huit de la nature humaine, depuis des bas-fonds de la morale jusqu’aux instants de grâce délivrant des leçons profondes d’humanité. Le racisme omniprésent de l’époque est effroyable, et s’exprime parfaitement dans cet épisode dont je ne me remets toujours pas, durant lequel les esclaves sont abandonnés à leur sort alors qu’une extrême majorité de marins blancs n’ayant pas bougé leurs culs durant la construction du bateau aient trouvé tout à fait naturel d’embarquer. (Et le fait que Castellan n’ait même jamais envisagé d’autre scénario nous dit tout ce qu’on a besoin de savoir sur la mentalité de l’époque).
Les trois parties du récit (le naufrage, la survie sur l’île, l’« après ») sont toutes également prenantes et bien racontées, et l’écriture de Mme Frain réussit parfaitement à transmettre les émotions et états mentaux de ses sujets, et notamment le syndrome de stress post-Tromelinique de Castellan (qui se lit tel un châtiment divin approprié pour avoir lui-même participé au trafic). J’ai aussi beaucoup apprécié la postface écrite par Max Guérout détaillant l’expédition archéologique ayant eu lieu sur l’île (ainsi qu’apprendre que quatre personnes vivent régulièrement sur ce caillou dans une station météorologique. J’adorerais en savoir plus sur leur quotidien.)
Les Naufragés de l’île Tromelin est donc une histoire vraie prenante et bien documentée qui est propice à bien des leçons de vie, et qui méritait véritablement d’être racontée et portée à l’attention du grand public.
Lorsqu’en 1761, le navire français « L’Utile » s’échoue aux abords de l’île Tromelin, c’est pour les naufragés le début d’une terrible lutte pour survivre. Tout était écrit pour qu’un drame se joue : un capitaine et un second à la mentalité complètement opposée, deux cartes maritimes qui se contredisent, un chargement clandestin, et une île non répertoriée qui disparaît sous les flots dès que souffle la tempête. En plein océan Indien, les cyclones ravage le peu de vie existante sur l’île. A peine quelques oiseaux et tortues, et quelques timides arbustes. Et le sable, les coraux coupants et le soleil tropical brulant. C’est là que les 2/3 des marins et moins de la moitié des esclaves achetés illégalement au marché vont tenter de survivre, sans même une source d’eau douce. Entre les multiples tentatives pour s’échapper de l’île, et les très tardives manœuvres de sauvetage échouées, il ne restera que 8 femmes survivantes sur lîle maudite, qui auront attendu 15 ans pour retrouver la terre ferme.
Un épisode de l’histoire aussi épouvantable que marquant, tant par l’absurdité de l’être humain que par sa force de résilience et son invincible envie de vivre.
À deux encablures de l'ile, l'abîme commence. Et les grandes houles, les courants sans fin. Il faut vraiment jouer de malchance pour se retrouver sur ce bloc de corail cerné par les déferlantes. Ou n'avoir peur de rien. Pour pouvoir en repartir, il faudra aussi compter sur l'inconscience. A moins de chercher son salut dans l'énergie du désespoir. Nul ne s'est jamais installé ici. L'île est sans mémoire. Seuls les ouragans laissent leur trace dans les sables. Le reste va vite se perdre dans le vent, le tonnerre des lames qui, sans relâche, harcèlent les récifs. Nuit et jour, la mer bat. Elle flanche rarement. Même lorsqu'il fait beau. Quand elle consent à se calmer, c'est presque toujours dans les heures qui précèdent un cyclone. Ensuite, elle se déchaine comme jamais, jette à l'assaut de l'île des vagues géantes qui l'engloutissent aux neuf dixièmes. Elle ne reflue qu'une fois l'ouragan passé. Pour recommencer comme avant. Même pouls méchant, têtu, même lames qui frappent, fracassent et brisent, déferlent et redéferlent, frappent encore, roulent et cassent, broient, éparpillent, émiettent, s'acharnent contre cette minuscule plaque de corail perdue au cœur de l'océan.
Ce n'est pas le Wager, mais quand même, pas loin, pas loin.^^ On y retrouve le même côté récit passionnant restitué à partir de documents historiques avec une force romanesque qui me donne maintenant envie de lire d'autres livres d'Irène Frain. J'ai clairement palpité pendant cette lecture à chaque déferlante et j'ai été captivée, transpercée, bouleversée par cette histoire. Il y a peut-être plus de tâtonnements sur les aspects fictifs, ceux que l'autrice a été obligée d'imaginer, broder, faute de témoignages et traces écrites, et qui sont un peu moins convaincants que le Wager, mais ils ne prennent pas une part si importante sur l'ensemble du récit.
Une histoire vraie et absolument fascinante. Un beau travail de recherche dans les archives ainsi qu’avec les archéologues. Allez voir le diaporama des photos de l’île sur le site d’Irene Frain (http://www.irenefrain.com/les_naufrag...) ainsi que le site de l’INRAP sur les fouilles archéologiques (https://www.inrap.fr/magazine/Tromeli...) pendant votre lecture. Absolument passionnant!
Je n'ai pas ete séduite par le style d'ecriture mais l'Histoire et son récit sont formidablement intéressants. Habitant sur une île de l'Ocėan Indien, cette lecture a mis de nombreux choses en perspectives et je ne vois plus mes excursions sur les îlots de la même manière. Merci aux historiens et à Irène Frain.
Premier roman historique que je lisais, j'apprécie ce genre qui relate des faits historiques de telle manière qu'ils se lisent comme une histoire. J'ai aimé le tout début où on commence avec un panorama de l'île et la fin où on y revient.
Bémol sur les personnages que je n'ai pas su bien distinguer, et que leur distinction n'apportait pas tant au récit. Récit très linéaire.
Histoire vraie sur le naufrage du navire L’Utile sur l’île désormais appelée île Tromelin. Très intéressant sur la question de l’abolition de l’esclavage. Mais un peu trop descriptif à mon goût, j’ai eu l’impression que les personnages n’étaient pas assez réels. Façon documentaire.
Documentaire sur le naufrage de l’Ulysse de son équipage et des hommes et femmes esclaves à bord. La condition humaine, la sociologie et les normes sociales.
Comme beaucoup en ce moment j’ai lu le dernier Irène Frain, proposé par Chezlesfilles.com. Plus ça va, moins j’accepte, par manque de temps ou d’intérêt, et j’essaie de résister à l’appel de la découverte gratuite qui apparait dans la boîte aux lettres. Je n’accepte donc plus que des livres qui a priori m’emballent vraiment. Ce fut le cas pour celui-ci, car j’avais lu Le Nabab il y a des années, et j’étais tombée sous le charme de l’auteur, un vrai voyage ! J’ai donc vu là l’occasion de me plonger dans un univers qui m’attire depuis toujours mais que bizarrement je n’ai pas encore tellement lu. Les récits de marins, les romans historiques, j’aime ! Donc voilà, je n’ai pas résisté et j’en suis bien aise !
Tout d’abord, je m’attendais à un livre plus porté sur le romanesque, à l’image de mon souvenir du Nabab, tout en me demandant comment Irène Frain avait bien pu s’y prendre pour broder autour de faits dont finalement on sait trop peu de choses. Et très vite j’ai compris, elle a opté pour l’historique à tout pris, en utilisant le présent et beaucoup de conditionnel. Elle prend tout d’abord le temps de nous présenter l’île, comme un personnage à part entière et on plonge ainsi dans l’ambiance très vite. Ses descriptions sont saisissantes et on imagine bien le cadre hostile qui attend les futurs protagonistes.
À partir des rares archives elle relate sous une forme sobre et passionnante cet épisode honteux, ni tout à fait un roman, ni tout à fait un document. Elle se penche plus sur l’évolution des Blancs (en tous cas certains) qui finissent par voir les Noirs comme des humains, que sur ce qui aurait pu passionner les foules en manque de sensations. En s’en tenant principalement aux faits connus, on assiste à un drame dont l’étendue ne pouvait être appréhendée que par des marins de l’époque. Faire naufrage, loin de tout, sur une île qui n’a même pas d’existence officielle, est synonyme de mort certaine. Sans doute moins de nos jours, mais à l’époque du récit, une rencontre avec un récif inattendu pouvait tourner au cauchemar. Bref, voilà pour l’ambiance, ajoutez à cela un îlot franchement pas accueillant et des hommes pas très scrupuleux, et le tout donne une situation des plus oppressantes, géographiquement et humainement.
Suite au naufrage de l’Utile les Blancs et les Noirs vont se retrouver dans le même bateau (attention jeu de mot !), et chacun devra gérer à sa manière son traumatisme du naufrage, puis la tentative d’évasion de l’île. Deux peuples, l’un opprimant l’autre, qui partagent un même instinct de survie, ça laisse des traces. Les personnages principaux des événements (les acteurs dont on en sait le plus) se verront transformés par l’expérience. Castellan, le premier lieutenant, le héros qui revint de l’île avec son équipage mais laissa les Noirs derrière lui, n’aura de cesse de tenir sa promesse de revenir les chercher. Malgré ses efforts et son insistance il faudra quinze ans pour que quelqu’un s’intéresse à ce bout de corail menaçant. Quinze ans pour sauver les derniers naufragés, sept femmes et un bébé. L’auteur ne brode rien non plus autour des quinze ans de solitude des Noirs laissés sur l’île. On ne saura que ce qui a été découvert lors des missions archéologiques menées sur l’île. Bien peu de choses donc, mais suffisamment pour rester admiratif devant tant de persévérance et d’espoir.Les quelques indices laissés par les naufragés suffisent à deviner leur étonnant instinct de survie, leur volonté et leur dignité d’hommes et de femmes livrés à eux-mêmes loin de tout.
Plus qu’une histoire de naufrage, ou de marins, c’est une histoire de trahison involontaire de la part d’un homme qui découvre une humanité chez des individus jusque là considérés comme du bétail. Une histoire d’espoir et de volonté de vivre, malgré la trahison, l’isolement et le dénuement total.
1761, océan Indien. Un navire français transporte à son bord une cargaison illégale : près d'une centaine de Malgaches qui seront vendus comme esclaves. Mais les cartes maritimes ne sont pas précises à cette époque et le navire se fracasse sur les récifs d'une île qui n'a d'île que le nom : il s'agit tout juste d'un îlot, battu par les vents et les cyclones, n'offrant aucune possibilité de s'abriter. Tout ce qui peut être récupéré du navire échoué sert à la survie et à la construction d'une embarcation. Et lorsque celle-ci est prête, seuls les naufragés français embarquant, promettant aux Malgaches de revenir. Mais c'est sans compter le non-intérêt des hauts responsables des îles pour un de malheureux esclaves qui ne figurent sur aucun papier officiel. Quinze ans plus tard, Tromelin débarque sur l'île et découvre huit survivants. Le style emprunté par Irène Frain est quelque fois agaçant, mais ce roman a le mérite de raconter l'histoire méconnue de ces naufragés abandonnés de tous, et dont l'histoire ébranlera Condorcet et le conduira à entreprendre son combat pour l'abolition de l'esclavage. Des fouilles archéologiques ont été entreprises sur l'île Tromelin et ce livre en offre un résumé de 10 pages, trop court pour les passionnés d'Histoire et d'archéologie, qui peuvent cependant aller consulter d'autres informations sur la page web consacrée aux naufragés.
I took this book to read during my vacation, and I couldn't stop reading it once I started. Based on a real story, the book described the wreck of a boat conveying slaves in the 18th century. After the wreck, some of the slaves and the white crew survive a on desert island in the Indian Ocean. Blacks and Whites join their efforts to build a ship that will save them, but at the last moment, the slaves are left behind on the island for lack of space on the boat. The captain promised to come back to save them, but the last 7 surviving slaves would have to wait for 15 years before it happens. Irene Frain, the author, did extensive research to write this book, and even went to the island. The style is precise, objective, letting the readers forge their own opinion about how slaves were treated, how humanity is granted to them by the white survivors of the wreck. This story was a big shock in the 18th century, and prompted the abolition of slavery in France. I highly recommend it for History and adventure lovers.
Ce livre m'avait été offert il y a 5 ans, étant plus jeune j'avais eu du mal à rentrer dans l'univers de l'auteure, qui m'était beaucoup trop étranger par rapport aux Twilight et autres livres fantastiques de ma bibliothèque d'ado. J'avais donc laissé tomber.
En retombant sur ce livre il y a deux jours, j'ai décidé de m'y replonger. Le début avait été un peu difficile, mais dès que l'on rentre dans le vif du sujet (le départ du bateau, l'arrivée sur l'île infernale), j'ai tout de suite été happée par l'histoire : mi-document avec images et textes d'archives à l'appui, mi-récit sur le destin de ces membres de l'équipage de l'Utile et des noirs embarqués malgré eux dans ce naufrage.
Un beau récit qui permet de réfléchir sur l'esclavage et la place des hommes, les trahisons et la différence, un petit message d'espoir.
The tragic story of the French ship that ran aground in 1761 on a piece of rock in the Indian Ocean with a cargo of slaves. Irene Frain bases her novel on summaries retrieved from various archives. She skilfully enriches these facts and creates credible characters for sailors and slaves. A book that revolts. I read it with interest, but without passion. The author reveals the ending (through the facts) too early. The narrative alternates between facts and fiction, which makes the writing is uneven.
Je n’ai pas réussi à accrocher. Pourtant j’ai vu un reportage sur cette histoire vraie et j’étais curieuse d’en savoir plus mais la narration ne m’a pas plue, trop lente, trop de répétition (selon moi) des mêmes choses, j’ai laissé tomber. J’ai d’autres livres à lire et comme je connais déjà la fin de l’histoire, je n’ai rien pour me pousser à continuer.