Parlons de racisme puisque le racisme concerne tout le monde. Les écrivains Rodney Saint-Éloi et Yara El-Ghadban invitent à prendre part à cette conversation délicate, mais combien nécessaire. Ni manifeste, ni manuel, ni acte d’accusation, Les racistes n’ont jamais vu la mer engage le dialogue sur nous-mêmes et sur les autres. Tout s’exprime librement, se confronte et se répond. Les mots. Les expériences. Les idées. Les émotions. Parlons de racisme puisqu’il faut dépasser le repli sur soi. Pour vivre ensemble, autrement.
Yara El-Ghadban est anthropologue, ethnomusicologue et auteure. Née à Dubaï dans une famille palestinienne, elle s’établit à Montréal en 1989 après un long parcours de migration. Elle a vécu à Londres, Buenos Aires, Beyrouth, Dubaï, et Sanaa, mais c’est à Montréal qu’elle trouve son ancrage, où elle fait des études d’abord en musique et ensuite un doctorat en anthropologie.
À titre d’anthropologue, elle se penche sur l’identité et la culture québécoise et palestinienne, notamment dans la musique et la littérature, sur l’art et la violence, l’exil, l’appartenance et le rapport à l'Autre depuis plus d’une décennie. Elle a enseigné à l'Université de Montréal et plus récemment à l'Université d'Ottawa, prononçant de nombreuses conférences sur divers thèmes tels la diversité, le racisme, la littérature postcoloniale, les littératures de la migration et le vivre-ensemble. C’est dans le croisement de ses recherches menées à la fois au Québec, dans le monde arabe et plus récemment en Afrique du Sud, de son imaginaire d’écrivain et de son rapport intime au Québec comme Montréalaise issue d’une famille palestinienne qu’elle réfléchit et écrit.
Mais quel livre! De loin un des meilleurs essais que j'ai lus. Je n'ai pas eu l'impression de me retrouver au coeur d'un essai accusateur sur le racisme, mais plutôt au centre d'une discussion basée sur la bienveillance et l'écoute (et c'était tellement intéressant). Ça a changé la vision que j'entretenais de bien des sujets. La plume de Rodney est à couper le souffle, celle de Yara aussi. Je recommande x1000
"Il n'y a pas de raccourci à l'histoire du racisme. Pas de cycle de lavage rapide qui pourrait enlever la souillure du mot. Il faudrait racler, racler, racler avec les mains jusqu'à user la peau. Tremper, sécher au soleil, retremper, relaver pendant quatre autres siècles. Et recommencer de nouveau."
De profonds échanges entre les 2 co-auteurs sur le racisme, à travers leur histoire et vécu d’immigration, dans la bienveillance, la douceur et l’intelligence. J’ai bien aimé de style dialogue, rendant le tout plus personnel et dont touchant.
Un magnifique essai qui se lit très bien et qui aborde de nombreuses facettes du racisme mais aussi de la diversité et de la richesse de la francophonie. Une belle réussite pour moi!
Même avec un sujet aussi grave et aussi sensible, il y a quelque chose de doux dans ces échanges entre Rodney Saint-Éloi et Yara El-Ghadban. Des voix qu'il faut entendre, des mots qui résonnent forts.
"Quand tu m'as proposé d'écrire ce qu'on se dit tous les jours du racisme, toi, un homme noir, et moi, une femme arabe, j'ai pensé tout de suite à un glossaire ou à un anti-glosssaire."
"Les histoires ont besoin d'être racontées. Alors, nous allons raconter, nous raconter. C'est une urgence, je pense, de raconter nos visages, nos itinéraires, nos manquements, nos désirs de lumières et d'éternité."
Échanges ensorcelants entre deux êtres d’une intelligence et d’une sensibilité inimitables. On passe de l’indignation à l’émerveillement. Je recommande de tout mon être.
Très bel essai épistolaire sur le rascisme. J’ai beaucoup aimé le chapitre sur l’amitié et celui sur les langues coloniales. Un livre qui n’a pas peur de nommer les choses. Politique et poétique! On en sort très vivant.
Un échange entre deux auteurs, le premier d’origine haïtienne, la seconde d’origine palestinienne, qui se lancent la balle l’un et l’autre sur leur vécu et leur histoire, notre histoire. Je n’ai qu’un seul regret en refermant ce livre : l’avoir emprunté à la bibliothèque. J’aurais dû l’acheter. Et le lire avec deux marqueurs différents. Un pour noter la montagne de suggestions de lectures et d’ouvrages marquants qu’on y retrouve. Et un autre pour marquer tous ces passages si bien écrits que je n’ai pu m’empêcher de les relire plusieurs fois avant de tourner la page.
Échange entre 2 littéraires immigrants québécois sur le racisme. Parfois long, parfois incompréhensible mais aussi des réflexions qui nous interpellent.
J'ai adoré les premiers chapitres, mais j'ai fini par me lasser. Au début, j'étais enchantée par l'idée que ce livre n'est pas un essai, c'est plutôt un dialogue. Ce sont des échanges non seulement sur le racisme, mais tout ce qu'il touche et partout où il se cache : dans les noms, dans l'éducation, dans les mots et les dictionnaires. Dans la deuxième moitié, je trouve qu'il y a moins de liens dans cette discussion. Les deux auteurs me semblent moins à l'écoute de l'autre et le racisme se dilue dans leurs histoires de "As-tu lu tel livre? / X-Y a déjà dit... / ça me rappelle la fois où..."
PS : J'ai grandement préféré le style d'écriture de Yara El-Ghadban à celui de Rodney St-Éloi.
Touchant, vrai, intime, révoltant, sensible. J’ai eu l’impression d’écouter un dialogue profond et poignant, de deux auteur.trice.s qui ont une voix puissante.J’ai été particulièrement touchée par le ton parfois poétique et historique. J’ai envie de lire toutes les références auxquelles iels font références.
L’ignorance perpétrée par le système colonial se déconstruit tranquillement par ce genre de récit, et je suis reconnaissante de la générosité de ce livre. Ça devrait être une lecture obligatoire pour ben du monde.
J’ai vraiment aimé la façon dont le livre était construit, par le biais d’une correspondance entre la co-autrice et le co-auteur. Ça rendait le propos, déjà touchant, plus personnel, et incitait à la remise en question. J’ai lu un autre livre traitant pas mal des mêmes sujets dernièrement que j’ai moins apprécié. Je conseille celui-ci!
I mostly adored Yara El-Ghadban's chapters and sort of powered through Rodney Saint-Eloi's. It as very informative and touching in parts. It started to get more loving and hopeful around the middle which helped digest the botomless pit of pain and sadness that necessarily comes with confronting the racism that permeates our home. So a bit depressing but fair enough.
Malheureusement, je n'ai pas du tout été touchée. Ni par les récits des deux auteurices (tristes et difficiles certes, mais qui n'ont rien apporté à mes connaissances et réflexions sur le sujet, qui m'ont même parus simplistes par moment), ni par le ton de conversation (qui semblait très forcé).
J’ai adoré lire ce roman mettant à l’avant le racisme dans notre société même au Québec. Comprendre le tout de la perspective d’une immigrante qui écrit magnifiquement bien, c’est passionnant! J’ai littéralement dévoré ce livre! ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️📚📚📚
J'ai trouvé difficile terminer cet essai parce que chaque mot, chaque phrase, chaque chapitre est lourd de sens. Il faut prendre le temps de s'y plonger, d'accepter d'être confrontée, de s'y dédier. Magnifique.
ce livre était si beau, si touchant et si émouvant que j’ai même pleuré. les voix de rodney et de yara ont ouvert chez moi une nouvelle fenêtre. leurs voix ont touché mon cœur, je me suis reconnue, j’ai vu mes expériences dans les pages que je lisais. j’ai senti le besoin d’en parler, la volonté d’utiliser ma voix pour traverser les mers auxquelles je suis confrontée, auxquelles je n’arrive pas à toucher l’eau. les racistes n’ont jamais vu la mer m’encourage à dépasser mes capacités. à moi et à nous tous de regarder la mer et d’y faire face sans lui imposer une identité.