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Le journal d'un manoeuvre

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"C'est que vivre a quelque chose de terriblement élémentaire. Chaque matin l'âme se réveille toute nue, et le travail, la douleur, les gens, l'absence sont debout, bras croisés, à l'attendre avec un dur regard d'exterminateur. Mais chaque soir, quand la fatigue ne l'a pas anesthésié, Thierry Metz note la part respirable des heures qu'il a traversées.Ce que nous pouvions prendre pour un univers de médiocrité banale se trouve être une merveille. Elle ne nous retient pas par la manche comme font les vendeurs forains. Elle parle à mi-voix et l'entende qui veut. Elle dit : Qui que tu sois, tes instants ne contiennent rien d'autre, mais ils sont des miracles."Jean Grosjean.

128 pages, Pocket Book

First published January 1, 2004

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About the author

Thierry Metz

18 books2 followers

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1 star
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Displaying 1 - 22 of 22 reviews
Profile Image for P.E..
970 reviews763 followers
October 28, 2025
L'homme ne vivra pas de pain seulement

Un recueil de textes de poésie en prose sous forme de journal qui fait figure à part dans le paysage littéraire.

La poésie de Thierry Metz se distingue pour moi par le vif souci qu'elle a de la présence de toute chose, par l'emploi d'une langue capable de restituer cette présence avec justice, capable « d'ensemencer la vie par le rêve », et de manifester le pouvoir magique, évocateur, performatif de la langue.
'Ouvrir une fosse. Et disparaître. Quotidien du manœuvre : tant qu'il n'a pas trouvé l'arc-en-ciel de son livre, il doit creuser. S'enfermer avec ses graines.
Sinon, comment méditer la mort et l'arbre ?

Le poète restaure l'infini qui s'efface dans le travail en cours. Il rend la parole à l'usure, à la trace, à la présence fuyante du travailleur. Il élabore l'image de l'inachevé que comporte tout infini.

C'est une poésie d'étonnement aussi face au silence universel du travail.
''Je voulais marcher, c'est tout. Sortir un instant de ces besognes qui n'écoutent pas ce que nous sommes.'

Ce silence qu'implique le travail revient sous toutes les formes dans Le journal d'un manœuvre, de la conversation pratique au silence imposé par les outils en marche. Thierry Metz fait de ce silence comme une respiration, un compagnon fidèle qui rythme sa recherche : récit de la quête obscure du thème universel sur quoi portent les conversations et les pensées, matière du livre encore en gestation de Thierry Metz.

C'est aussi une poésie excavatrice, où les mêmes images reviennent, recommencées, mais toujours réinterprétées, à la lumière de la journée de travail ou du temps de loisir.
Pour moi, il en est ressorti à la lecture de certains passages un sentiment d'extrême dépouillement, d'épure et une conscience de la présence du vide. Poésie du dénuement et de l'abondance dans le dénuement.

C'est enfin une poésie libertaire, une lutte contre l'enfermement et la transformation en chose, une poésie qui célèbre l'étonnement et l'inadéquation avec le monde du travail, le recul salutaire, le regard enfant, tantôt émerveillé, tantôt interrogateur de toutes choses, avec toute la vie intérieure, tout le pouvoir de subversion que ça suppose quant aux valeurs communément admises. C'est une poésie généreuse, gratuite, qui restitue la parole confisquée par le travail et l'utilitarisme borné du chef de chantier. Une poésie qui rétablit l'unité dans la vie du poète a priori divisée en travail et loisir.

En ce sens et dans les autres, une poésie profondément créatrice, qui rend justice à l'origine même du mot "poésie".


Voir aussi
À la ligne
À l'écoute du silence
Citadelle
Le Veilleur du jour
Les employés
Rayuela
La Maison dans laquelle
Profile Image for Guillaume.
315 reviews6 followers
August 22, 2020
Cité dans le livre de Ponthus, À la ligne, et déjà le coup de cœur à la volée. Confirmer ici avec la lecture entière du texte. Des petites journées. Une écriture aérée, poétique, aux mots évocateurs, justes, précis. Les phrases se font concises mais jamais sèches, et disent énormément avec très peu. La fluidité du récit n'a d'égale que sa poésie. Sensibilité des instants volés au temps travail, réflexions sur le corps qui s'épuise, aux pensées qui se dissolvent, aux oiseaux, aux rochers, aux coqs...
Profile Image for The Sporty  Bookworm.
468 reviews99 followers
May 23, 2018
Très beau récit d'un manoeuvre sur un chantier. Thierry Metz saisit de manière très poétique les moments fugaces de beauté sur un chantier de construction. Il décrit la souffrance, la camaraderie, le temps qui passe, la nature, les rayons de soleil, les moments de pause, les mots échangés... Un concentré d'instants profondément humains.
Profile Image for Pata Tús.
82 reviews62 followers
December 31, 2024
“Acaso el verdadero trabajo consista en simplificarse. En regresar a casa con las palabras soleadas del exterior.”

Qué libro precioso!!!
Profile Image for EL BC.
306 reviews8 followers
August 8, 2021
Poésie de chantier. Littéralement. Texte ouvrier, écrit par un prolétaire. De très beaux passages, lumineux arcs-en-ciel.
Profile Image for Jean-Pascal.
Author 9 books27 followers
August 15, 2022
Court texte de poésie en prose, parfois beau, souvent énigmatique.
Profile Image for Andrés .
21 reviews
March 28, 2024
«Al leer estas páginas de Thierry Metz, comprendemos hasta qué punto escribir no consiste ni en adornar, ni en aderezar, ni en maquillar: consiste meramente en iluminar la realidad, pero no con los crudos focos del realismo. Más bien, la escritura debería ser una suerte de sombra que hiciera despuntar la propia luminiscencia de los objetos, los hechos y las personas.» Del prefacio de Jean Grosjean

La mirada de Metz es compasiva, profunda y llena de una cadencia sombría. Un ejemplo magistral de poética proletaria.
455 reviews
February 28, 2024
Je l'ai peut-être lu trop vite. Je ne m'attendais pas à lire un ouvrage qui s'apparente plus à un recueil de poèmes - avec pour fil conducteur le chantier - qu'à un récit. Du coup, j'ai tourné les pages avec une certaine impatience. J'y ai pourtant retrouvé ces portraits rapides et suggestifs qui m'avaient déjà beaucoup plu dans L'homme qui penche. Mais aussi la sensation de rester trop souvent "à la porte" d'images qui ne me parlent pas, que je ne saisis pas. Pas toutes, d'ailleurs, certaines, au contraire, me scotchent !
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Profile Image for iris irimia.
154 reviews11 followers
Read
October 4, 2024
«Paso de una cosa a otra. Muy deprisa. No puedo detenerme un solo segundo ni para señalar una nube. Y, más allá, la violencia. Aquí nadie podría hablar del fuego. Todo se queda dentro de nosotros. Sin decir»

«Un campamento de hombres que han venido para escuchar la tierra, para decir... casi nada... una palabra asediada por el olvido y las necesidades pero arraigada en lo infinito. La palabra que un pastor susurra a una oveja...»
526 reviews2 followers
November 6, 2024
Nudo, crudo, d'impatto.

Pagine di diario che l'autore scrisse mentre lavorava come manovale.
Una raccolta di pensieri vari, dalle considerazioni di vita quotidiana a riflessioni filosofico-esistenziali.
Ho preferito la prima parte del libro, l'ho trovata più incisiva e meno ripetitiva.


I miei primi gesti qui: scavare la terra. Aprire una fossa. E sparire. È la quotidianità del manovale: finché non ha trovato l'arcobaleno del suo libro, deve scavare. Chiudersi con i suoi semi.
Altrimenti come meditare la morte e l'albero?
Poco importa che il suo lavoro sia ripugnante; L'erosione del dolmen è più incisiva degli sfavillii dell'istante. E qui i due si congiungono.
Il manovale, il muratore: progetto biforcato. Come le nostre mani.

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24 giugno. L'architetto è tornato. Penso ai suoi progetti. Un mezzogiorno ho dato un'occhiata alla copia che appartiene al capo: un vero libro. C'è tutto. Tutto ciò che dobbiamo fare è scritto là, compiuto, finito. Si immagina il lavoro. Ma questo libro è completo? Dove sono gli esecutori: le squadre, le parole, i gesti? Chi ci parlerà dell'incompiuto dove siamo sempre?
Il manovale ha solamente alcune parole per avvicinarsi.

Il tempo - il lavoro - ci mostra gli uomini, ma gli uomini, loro, hanno il tempo di mostrarci ciò che ha luogo dietro, dove tutto resta da fare?
Profile Image for Sadie.
1 review
December 16, 2025
Seems nice and innovative but that is probably just because it is the most modern poetry collection or journal or memoir or novella I have ever ever read in French. It sometimes felt like I was the one with the pioche trying to hack some meaning out of very specific building site-related vocabulary and recurring images (pigeons, rainbows and the pioche). I guess it is about making art out of the everyday as a normal working guy, and I know we are meant to find the repetitive nature of the ‘poems’ boring, but I don’t like boring things really. Some bits of it were really pretty though.
Profile Image for McFreire.
26 reviews
November 27, 2025
"Este desposeimiento de mí mismo perdurará. Lo primero es sacar la tierra. Quitarla de en medio. Mis movimientos tienen un único objetivo. Mis gestos sólo apuntan a la tierra. En las alturas está el mundo habitable. Lo que define al peón está inscrito en lo que señala. Un curro alimenticio, dicen. Un trabajo de lo más ingrato. Sin duda, pero aquí, con nuestra falta de realización, tenemos más que hacer con las herramientas que nos dan que con las palabras que nos imponen."
Profile Image for Sam.
59 reviews2 followers
November 2, 2024
« J'aime bien les échafaudages ; en rêvant un peu, en se laissant aller, on peut s'y perdre, s'oublier. Plus ils sont hauts, plus les instants de vertige communiquent avec le présent, avec les mots d'en bas qui sont à l'origine du feu, du travail. Ce que dit un homme là-haut est fumée. »
104 reviews
July 21, 2025
Un journal qui est davantage un recueil poétique en prose où ce grand auteur magnifie la dureté et l'absurdité du réel en véritable joailler du verbe qu'il était. Œuvre citée (c'est ainsi que je l'ai découverte) dans le formidable "A la ligne" du jumeau spirituel de Thierry Metz : Joseph Ponthus.
Profile Image for Juan López.
Author 12 books14 followers
March 23, 2024
Qué maravilla de diario. Quienes hayan trabajado alguna vez de peones en la construcción, como yo mismo, emparizarán el doble con el texto. Ojalá hubiera más obra traducida de Metz.
Profile Image for Sun’.
29 reviews2 followers
July 29, 2025
J’ai trouvé ça dans la bibliothèque de mon frère. Je me demande encore pourquoi je l’ai lu et pourquoi je lui ai donné 3 étoiles surtout.
Je m’en souviens déjà plus.
J’ai réajusté ma note mdr.
Displaying 1 - 22 of 22 reviews

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