Ni lavage de cerveau ni contrainte par la force, pas même culture ou simple organisation économique, le capitalisme est tout cela à la fois. Il s’immisce dans nos vies à travers une série de mécanismes par lesquels l’activité économique est apprise, légitimée et finalement (re)produite. Tous ces petits attachements, ces petits enrôlements, forment un maillage si serré qu’il est difficile de s’en extraire. Ainsi chaque jour nous agissons en accord avec ses principes. Bien souvent, nous y adhérons pleinement, même lorsque cela va à l’encontre de nos convictions. Nous n’y participons pas parce que nous sommes ainsi faits, nous sommes ainsi faits parce que nous y participons. On ne naît donc pas capitaliste, on le devient – qu’on le veuille ou non.
Il n'est pas aussi incisif que le premier livre de l'auteur. Les différents exemples développés tt au long de l'ouvrage étaient individuellement interessants mais noyaient ou diluaient un peu le propos : j'avais davantage l'impression de lire une suite d'exemples qu'une démonstration... Une chose notable : le nombre d'autrices citées. Pas 50% de femmes mais j'ai l'impression qu'un réel effort a été fait de ce côté-là et cela se voit! Qu'est-ce que je retiens ? La parabole du Monopoly (inventé, dans sa 1e mouture, par une féministe anticapitaliste, Elizabeth Magie), le fait qu'il est peu éclairant bien que satisfaisant de faire une lecture morale de comportements individuels découlant de choix politiques (les parents bobo qui mettent choupinette dans le privé pour ne pas l'envoyer dans le collège de secteur après avoir gentrifié le quartier : mais on pourrait avour une offre scolaire homogène, à la base, si on avait fait des choix différents -et on pourrait encore le faire). Lire Polanyi et Boltanski - Shapiro un jour ?
L'impression pas complètement désagréable de relire mes cours de tle au début du livre, avec la présentation des th de Smith et Adorno...
Il m’aura fallu un peu de temps pour finir ce livre dont la lecture aura été assez éprouvante pour moi.
Le(s) fil(s) conducteur(s) sont difficiles à suivre car l’auteur essaie d’inclure énormément de références à des auteurs et passe assez souvent d’une idée à une autre de façon brutale.
Je suis convaincu que le propos du livre aurait pu être exposé en 50% du compte de nombre de pages actuel, ce qui est bien dommage.
Une saine lecture en ces temps de start-upisation et d'uberisation. C'est un beau travail de synthèse et d'organisation des pensées marginales, souvent guidées par des sentiments viscéraux et des éthiques personnelles qui peinent à rivaliser avec le bain de pensées saumatres ambiant. J'ai vraiment apprécié ce livre et j'ai hâte de lire l'autre du même auteur.
Je ne l'ai pas trouvé aussi accessible et captivant que "Où va l'argent des pauvres" mais c'était tout de même un très bel effort de vulgarisation, on apprend et on comprend beaucoup de choses sur tous les mécanismes qui modèlent notre comportement au quotidien.