Il n’y a pas un « écoféminisme » avec une porte-parole et une charte graphique. C’est un mouvement pluriel, radical, riche, dans la forme comme dans le fond. Les militantes et penseuses ont en commun de faire le lien entre patriarcat, crise écologique et capitalisme. Pas question donc de rendre le capitalisme plus vert, le patriarcat plus inclusif et de se contenter de faire des couronnes de fleurs à la campagne. Il s’agit, pour les écoféministes, de rabattre toutes les cartes de ce système profondément inégalitaire, colonialiste et dévastateur. Cet ouvrage n’est pas une thèse universitaire ni une encyclopédie exhaustive sur l’histoire du mouvement écoféministe, de ses origines à aujourd’hui. C’est d’avantage une carte d’orientation, un guide d’introduction pour comprendre ce mouvement et s’emparer de sa boîte à outils et réflexions, avec des portraits de penseuses et de militantes, des rétrospectives historiques et théoriques, des focus thématiques et des pistes pour engager un pas de côté, le grand saut ou la révolution. C’est selon.
Une FAN TA STIQUE introduction à l'écoféminisme, je ne m'attendais pas à un ouvrage d'une aussi grande qualité, mise en page, super bien construit, large, s'attardant à vraiment presque tous les aspects de l'écoféminisme du travail de terrain à la spiritualité en passant par le véganisme, l'herboristerie, les différentes idéologies, la militance anti-nucléaire, la non-mixité, l'urbanisme, les luttes internationales, l'alimentation, les inégalités, etc. avec toujours une description de deux à quatre pages, parfois plus, d'une grande qualité écrite et résumant, à mon avis, le propos avec brio, de manière accessible et sans prendre le public de haut ou de bas. C'est entre le 101 et le 102 en terme d'exploration de la matière (ça va plus loin que la base, mais on n'a pas besoin du tout de connaître le féminisme ou l'écoféminisme pour le lire) et les illustrations qui accompagnent les rubriques et portraits sont toujours complexes, en lien avec le sujet, complète le texte plutôt que de simplement illustrer une petite partie.
Je vais être honnête, je n'avais aucune attente pour cet ouvrage, je ne connaissais pas la journaliste autrice du livre, je l'avais pris simplement pour juger voir s'il était intéressant ou non à garder en librairie, mais en terme d'introductions aux féminismes, c'est un des meilleurs ouvrages que j'ai pu lire et de très loin et j'ai bien l'intention de l'offrir et de le conseiller amplement.
C'est sûr qu'il y aurait toujours des choses à rajouter dans un tel ouvrage, mais je pense que les choix finaux et le temps mis à chaque sujet, le fait que l'ouvrage couvre de manière excellente de large pans, parfois moins discutés, de l'écoféminisme avec un bon soucis de représenter un large éventail de pratiques et de sujets avec les nuances et subtilités nécessaires.
Difficile pour moi de décrire adéquatement ce livre puisque je l'ai lu très lentement (il m'a fallu près de 6 mois pour le terminer). Ce n'est pas qu'il n'est pas intéressant, au contraire, j'y ai retrouvé un tas d'informations pertinentes qui m'ont touchée, revoltée, donnée envie de faire mieux, de demander mieux. J'ai particulièrement aimer les passages sur les villes écoféministes ainsi que sur l'herboristerie. Ma critique, toutefois, est dans le style d'écriture. Moi qui a un bon niveau de lecture, j'ai trouvé la rédaction peu accessible, alambiquée, truffée de termes savants pas toujours nécessaires. J'ai retenu que ceux qui souffrent le plus de la destruction de la nature sont les femmes, les enfants, les personnes âgées, les groupes marginalisés, les moins bien nantis, ceux qui doivent s'occuper du foyer au détriment de leur éducation ou de leur carrière. Je trouve donc contradictoire qu'un mouvement qui veut donner parole à ces groupes n'utilise pas un langage plus accessible pour présenter ces idées. Les idées restent bonnes, et ce livre est une merveilleuse bible; mon souhait est seulement qu'il soit plus digeste à la lecture.
Je suis contente d’avoir lu ce livre, car il m'a permis d'approfondir mes connaissances sur l'écoféminisme.
Par contre, je me suis trouvée moins en phase avec ce mouvement que je ne l'aurais cru. En particulier, l'aspect spirituel de l'écoféministe ne résonne pas avec mes propres convictions et intérêts. Ce livre a donc été à la fois une source d'apprentissage et une occasion de réflexion sur mon propre féminisme.