Parmi tous les romans canadiens ayant pour thème la guerre, ce roman-ci ainsi que celui de Jean Vaillancourt, Les Canadiens errants, se classent parmi les meilleurs. Tout l’éventail des émotions vécues est présenté dramatiquement : les sensations fortes, les horreurs, la gloire, la lassitude, l’absurdité et, l’ironie de la chose, une paix profonde l’espace d’un instant.
Les effets de la Deuxième Guerre mondiale sont décrits de différentes façons. La narration est parfois partiellement détaillée sous forme de statistiques : le nombre de morts et de blessés lors d’une bataille, la quantité de propriétés détruites, de navires coulés, d’avions abattues, de bombes larguées—chiffres qui sont à même de stupéfier absolument l’imagination.
Et parfois sous l’aspect de données numériques plus spécifiques : 6,000,000 de Juifs exterminés, 24,133 navires perdus en haute mer, 15,300,000 soldats tués ou mutilés, 42,022 militaires canadiens ayant perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions—nombres aberrants qui peuvent abasourdir l’esprit d’une manière incompréhensible.
Outre la stratégie et les données, l’auteur examine les conséquences de la guerre sur l’individu, sur l’être humain qui, intentionnellement ou malgré soi, fut entraîné dans une expérience des plus intenses et traumatisantes de la vie.