Un roman évoquant le trouble de Colza, qui a trouvé sa liberté et sa voie au-delà des normes binaires. Il y est notamment question de la déconstruction de l'hétéronormativité, de la construction d'une identité queer et de la misogynie intériorisée.
incroyable!!!! quelle plume punaise, ça faisait longtemps que je m'étais pas autant régalée pendant une lecture, j'ai trouvé ça tellement original et unique. j'ai dû me retenir de le lire d'un coup histoire d'en profiter sur plusieurs jours et de faire durer mon émerveillement.
sans aucun doute une de mes lectures préférées de l'année. bonne chance à mes futures lectures parce que vous allez souffrir de la comparaison je pense
instagram Corky dans le film lesbien culte Bound, Cook dans la série Skins, le chanteur de Bronski Beat, la poétesse lesbienne Elizabeth Bishop : Colza, personnage qui donne son nom au roman, est tout ça à la fois. Colza nous parle de ce que c'est d'être butch, comment ça se construit, comment ça se vit, comment c'est perçu par les autres, surtout comment ça sauve la vie.
C'est le genre de roman dont on n'a rien envie de dire, qui se découvre au fil des pages et qu'on ne voudrait surtout pas gâcher. Alors au lieu de dire ce que ça raconte je vais dire ce que ça m'a fait ressentir. Colza, ça m'a parlé de mes amantes butch, de la manière dont elles se sont créées elles-mêmes, de ce qu'elles trouvent dans leur masculinité, de la façon dont il faut les aimer. J'y ai retrouvé Dorothy Allison en épigraphe, et Monique Wittig dans le style. J'y ai lu un imaginaire érotique singulier et puissant, omniprésent. J'y ai lu aussi, évidemment, l'amour des fems.
Non seulement j'ai adoré cette lecture, mais elle me semble essentielle pour ce qu'elle nous rappelle : les identités butch/fem existent toujours, elles ne seront jamais dépassées. Elles ne se laissent pas enfermer dans les stéréotypes qu'on veut leur accoler, elles ne sont jamais misogynes, jamais hétéros, jamais patriarcales, toujours transgressives et jouissives. Elles n'appartiennent jamais aux bourgeoises, elles revendiquent fièrement leur origine ouvrière et elles n'auront jamais vocation à se rendre intelligibles pour celles qui ne s'y reconnaissent pas.
partagé entre 3 et 4 étoiles à cause d'une référence complètement inutile à Harry Potter sur l'avant-dernière page, et je pense que c'est révélateur d'un certain nombre de choses
mais je félicite la gouinerie, les ébauches de transness, le récit de la campagne, et la jolie couverture
L’écriture d’A. Baylac est absolument divine et m’a clairement giflé le cœur à plusieurs reprises. Un roman sur la destruction de l’imaginaire hétéronormatif, sur le désir de jouir de sa queerness et de se transformer en volcan pour mieux brûler les normes.
C'est un peu chamboulée que je sors de cette lecture incroyable de poésie, au point que le récit pourrait s'apparenter à un long poème de 105 pages. Entre quête de soi, sexualité et rapport au genre, il donne à voir l'intimité lesbienne de l'enfance à l'âge adulte et permet de se sentir bien moins seule...
3.5 J'ai trouvé agréable les descriptions explicites de sexe et de masturbation, ça fait du bien de lire des personnes qui savent parler de soi avec détachement, sans se glorifier et sans chouiner. C'est dur aussi de donner un avis sur des récits intimes. Est-ce que j'ai mon mot à dire ? Au final je suis reconnaissante de pouvoir zieuter dans les histoires d'amour lesbiennes par procuration. C'est crûment écrit et à la foix doux, trop bien. Par contre je me demande quand est-ce que les livres à tendance autobio vont arrêter de nous parler de papa maman, de l'éducation genrée etc. C'est bon on a compris
"comment dire à maman que j'ai de plus en plus de mal avec les hommes cis-hétéros. et que je connais un monde dans lequel ce n'est pas grave. je connais un monde où la misandrie est une pommade, un remède, une bombe au poivre, un cri du coeur, un sourire sororal, une embrassade safe. et c'est ok. qu'en sortir me demande un vilain effort de management, de communication et de compromis."
peut-être 3.5! un texte très poétique et très touchant sur la découverte de soi, de son genre, de son identité! peut-être un peu trop de sexe pour moi mais c'est mes goûts/préférences (dans tous les cas tout est super bien écrit!)
Brillantissime, incroyable, magnifique, une écriture taillée au cordeau, aussi poétique que précise, un alliage entre lyrisme et clarté, un propos percutant et fort sur le genre, ce que ça fait d'être non binaire dans une société patriarcale et hétéronormée, ce que ça fait d'être gouine, de se découvrir gouine, de le devenir par la force des choses, la terre accueillante que représente le lesbianisme et la possibilité de sororité qu'il offre, un texte sur le désir, les désirs, comment ils nous traversent et nous définissent, il faut se laisser porter par Colza, par son mouvement, sa vivacité, sa douceur aussi, c'est brillant sur toutes les émotions que ça mêle et les combats que ça porte, c'est actuel, c'est fin, c'est beau, ça m'a fait songé à Violette Leduc et en même temps je n'ai jamais lu rien de pareil, c'est une voix unique qui s'imposte en littérature, nous transperce par son rythme, cette langue âpre et terriblement vivante, j'ai adoré me couler dans ce roman, j'avais envie de tout souligner, le mouvement et la construction du texte sont à saluer par leur originalité. J'avais jamais lu ça auparavant, et mon appétit de lectrice vorace était ravie de tomber sur un roman aussi puissant. A lire d'urgence.
Je n’ai pas été transcendée par cette lecture mais je dirais que c’est très prometteur, et poétique malgré les passages sombres. L’écriture est très belle. Ça fait du bien de voir des allusions à la culture lesbienne dans l’ouvrage.
De vraies belles envolées littéraires sur le lesbianisme et l'identité de genre. C'est important que nous ayons ce témoignage et qu'il soit lu.
"nos exubérances n'ont d'égales que nos peurs. nos fiertés n'ont d'égales que nos hontes. oui, les paillettes sont aussi le visage des pudeurs." (p.54)
Bcp trop de mots compliqués, de poésie, de théâtre et de piano pour un livre avec lequel les butchs des campagnes sont sensées résonner à mes yeux (le livre efface un peu la question de classe des butchs (c pas qu’une histoire de trouble dans le genre) et ça m’a un peu agacée)