Dans une langue dont le souffle court n’altère jamais la délicatesse, Alizée Goulet observe les troubles alimentaires à partir des brumes qu’ils produisent, dans ce brouillard épais où se mêlent les causes, les symptômes, les effets et les cures. Être ennuagée par la faim, c’est cultiver une position d’attente en habitant les espaces liminaux (sur la rive, au seuil des portes, à la surface des ombres et des os), pour que la souffrance qui voile tout n’arrive pas à troubler l’amour que l’on porte et l’amour que l’on reçoit.
Alizée Goulet (elle) habite un quartier où les poèmes poussent aussi haut que la verge d'or. Elle est titulaire d'une maîtrise en création littéraire (UQAM). Elle est l'autrice des recueils de poésie Ennuagée (Triptyque, 2022) et La tiédeur des sépultures (Poètes de brousse, 2023). Qui de nous trois s'égare est son premier roman.
« Je n’ai jamais connu mon corps. À trop le freiner d’aimer, à le soustraire aux mains du monde, j’ai échangé ma vie contre des limites étranglées. Je me suis retournée, dans mes vêtements de vapeur, j’ai miné ma peau sans voir le vide que j’engendrais. Circonférence affolée, rétrécie sans fin, étouffée sans fin, je suis devenue ce trou en famine de vivre, débordant de peur. » . Comme je l’ai déjà mentionné, je ne suis pas la mieux placée pour apprécier de la poésie parce que j’ai tendance à ne voir que le contexte littéral plutôt que les images créées. C’est ce qui s’est passée avec Ennuagée. Bien que j’ai aimé certains passages, c’était trop abstrait pour moi, me laissant confuse quant aux messages que j’aurais dû comprendre. Ne me laissez pas vous décourager et donnez-lui une chance! Ennuagée saura plaire aux vrais amateurs de poésie!
"Je n'ai jamais connu mon corps. À trop le freiner d'aimer, à le soustraire aux mains du monde, j'ai échangé ma vie contre des limites étranglées. Je me suis retournée, dans mes vêtements de vapeur, j'ai miné ma peau sans voir le vide que j'engendrais. Circonférence affolée, rétrécie sans fin, étouffée sans fin, je suis devenue ce trou en famine de vivre, débordant de peur."
Quelle beauté qu'est ce livre. Des mots qui vous saisissent et qui ne vous relâchent qu'en un souffle à la toute fin. « Ennuagée » se lit un soir et se relit le lendemain pour mieux le comprendre. L'autrice décrit en peu de mots des images vivantes et colorées, et aborde le trouble alimentaire avec finesse. Je n'ai pas été capable de le déposer après l'avoir ouvert. Vous serez d'ailleurs surpris par l'envie de vous y replonger quand la pluie cognera sur vos fenêtres ou quand vous sentirez une odeur de mer.
Lecture qui rend le lecture dépendant les mots de l'auteur. Sensibilité, douleur, amour et profondeur. Tout est présent. La conversation avec la psy nous ouvre un univers intime. Je recommande
Quel recueil magnifique! Cette suite poétique nous entraines dans le monde d'un personnage à la dérive, dans l'incertain et le mouvement des limites. À plusieurs reprises, je me suis surpris à arrêter ma lecture pour laisser les mots faire leur chemin. Un coup de coeur en ce début de nouvelle année, je le recommande fortement!
Un livre qui nous prend au coeur et nous fait comprendre par la poésie un monde différent, celui où chaque jour est un combat invisible. Alizée Goulet sait dire, sait partager et nous offre par ses mots cet univers troublant. Nous y voyons aussi la place de l'Amour, la place du soleil et du vent. Merci Alizée Goulet pour ce partage.
Je suis loin d’être un érudit de poésie, cependant ce texte très profond de Alizée Goulet a vraiment une force bien ressentie. Avec seulement quelques phrases, Alizée Goulet est en mesure de décrire des images et des craintes très vivantes. Les troubles alimentaires sont apportées avec véhémence et justesse, quoique possiblement trop abstrait pour certains. En ayant lu ce texte à haute voix, j’ai pu ressentir toute la douleur, la fragilité et la solitude de l’univers de Alizée Goulet, qui mérite une reconnaissance certaine dans le monde littéraire québécois!
Chouette recueil de poésie en prose, Ennuagée explore la lumière, la nature, la vie en couple (et avec un chien) et la brume qui s'immisce dans les pensées des personnes souffrant d'un trouble du comportement alimentaire. J'ai aimé la délicatesse et le détachement de la narratrice et la façon dont son réseau de support (amoureux, psychologue) s'intègre à la poésie, l'entourant d'une bienveillance absolue.
J'ai lu Déterrer les os et vu To The Bone, qui abordent aussi des TCA, récemment et j'ai aimé comment Ennuagée s'en distingue en évacuant presque complètement la notion de contrôle pour aller vers quelque chose de plus éthéré.
"Je ne peux pas nommer cette manière d'exister noyée."
Avec ce recueil de poésie, j'ai presque eu l'impression de lire une histoire ou un carnet de pensées. Pour moi, cette forme ajoutait encore plus de profondeur aux mots, qui le sont déjà avec le sujet abordé. J'ai beaucoup aimé le contraste entre la noirceur et le brouillard que causent les troubles alimentaires et les percées de soleil que la présence de l'être aimé amène.
"Tes épaules submergent mes bras de barrage, la grosse journée se déverse. Tu m'observes te deviner, nous rions derrière le silence, par télépathie."