Livre de l’éclipse, À mon retour écrit la perte dans sa forme soudaine, cyclique, comme les astres se débattent chaque seconde contre le noir. Une femme ferme une valise. Une plante inconnue pousse dans l’évier du lavabo. Qui croit encore aux souvenirs ? Le monde poursuit sa trajectoire sans reconnaître les visages aimés ni les anciennes conversations. Au détour d’un désastre quotidien, la joie fuit puis revient, tel un animal qui s’échappe. Faut-il seulement être là ? Devant la disparition annoncée, le poème s’agite en images étonnantes, poursuit la quête amorcée dans La forme du jour et Ce qu’elle voit, c’est-à-dire retranscrire ce qui s’effrite, broder la mémoire à même les ruines du réel. Une fois de plus, Élise Turcotte offre la fragilité d’un refuge par sa poésie habitée et courageuse.
Élise Turcotte is a Canadian writer. She completed her BA and MA in literary studies at the University of Quebec and later received her doctorate at the Université de Sherbrooke.
Her writing has won much praise, and among other things she has won the Grand Prix de Poésie, as well as the 2003 Governor General's Award for her novel La Maison étrangère and the Prix Émile-Nelligan for La voix de Carla in 1987, and for La terre pst idi in 1989. Her novel The Alien House was shortlisted for the 2004 Governor General’s Literary Award for Translation.
Élise Turcotte lives in Montreal, where she has taught at the CEGEP de Vieux-Montréal since 1986.
**********
Élise Turcotte a obtenu un baccalauréat en arts et une maîtrise en études littéraires à l'Université du Québec à Montréal. Elle a ensuite obtenu son doctorat à l'Université de Sherbrooke. Après la publication de recueils de poésie, elle aborde le roman, la nouvelle et fait paraître plusieurs livres pour enfants, tout en conservant un intérêt constant pour l'écriture poétique.
Elle enseigne la littérature au Cégep du Vieux-Montréal.
Le fonds d'archives d'Élise Turcotte est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
"Il est aussi une joie, un désastre qui se rit des heures. Revoici un animal qui s'échappe. Revoici le salon où je vis sans uniforme : les murs sont pâles, les désordres décrivent leurs propres trajectoires. Les mots finissent par former des colonnes sur lesquelles sont posés des visages. Tout amour, j'essaie. Je compose dans la fumée. Revoici mon rire, car tout est perdu."
"Quand le chien se penchera sur ma tristesse, quelle musique jaillira de mon coeur?"
Même quand je ne suis pas toujours capable de déchiffrer le sous-texte d'un poème, je me sens comprise quand je lis cette autrice. La vie se conjuge avec gravité et là où certain.e.s pourraient y voir du pessimisme, j'y vois plutôt une grande lucidité et de la sensibilité.
"Mais quel anniversaire ? Quelle révolution ? Sur le trottoir, les déchets paravent."