La Double Inconstance est la première comédie de Marivaux, jouée pour la première fois en 1723 à la Comédie-Française.
Elle marque le début de ce que l'on appellera plus tard le « marivaudage », caractérisé par un langage fin et nuancé, où les répliques sont souvent ponctuées de sous‑textes émotionnels et une mise en scène de la psychologie des personnages, qui dépasse la simple farce de la comédie de mœurs du XVIIIᵉ siècle.
Le titre même renvoie à la dualité : chaque personnage oscille entre deux amours possibles. Marivaux montre que l'inconstance n'est pas seulement caprice, mais souvent le résultat d'une pression sociale (classe, statut, attentes familiales).
Les masques sociaux sont omniprésents : la Princesse agit comme marionnettiste, tandis que les protagonistes jouent des rôles imposés. le texte interroge la véritable nature du sentiment lorsqu'il est filtré par les conventions.
Marivaux pointe du doigt la superficialité de la noblesse, où les mariages sont souvent des alliances économiques plutôt que des unions passionnées. La pièce expose la fragilité des engagements quand ils sont fondés sur l'intérêt plutôt que sur l'amour véritable.
La Double Inconstance offre une réflexion profonde sur la nature fluctuante des sentiments humains, tout en critiquant les structures sociales qui contraignent les individus. Marivaux, grâce à son style élégant et à son sens aigu de la psychologie, crée une comédie qui, sous son apparente légèreté, questionne la véritable liberté du cœur. La pièce demeure pertinente aujourd'hui, car les enjeux d'authenticité affective et de manipulation sociale continuent de résonner dans nos relations contemporaines.