La genèse, c'est peut-être une danseuse qui perd le contrôle de ses prothèses cyborganiques, ou Sagesse qui se fait couper les mains pour mieux composer, ou encore Mozart rencontrant un fantôme dans une station orbitale. La genèse, ce pourrait être une armée de clones qui chassent leurs modèles pour s'emparer de leurs existences, ou de jeunes oiseaux assassins dont la personnalité tient dans un seul mot clé, ou cet officier génétiquement modifié qui retourne dans le passé mettre un terme à une guerre interstellaire. La genèse se cache peut-être à Liverion pour échapper à cette rue dont on prétend cerner la Terre, ou dans l'âme de Brusseliande qui combat de taille et d'estoc le joug des Ténèbres, ou même sur Mars, dans un ravin perdu. Assurément, la genèse se conjugue au pluriel. En voici neuf déclinaisons...
Ayerdhal, Yal de son prénom (il a abandonné son nom administratif depuis 40 ans), né le 26 janvier 1959 à Lyon (La Croix-Rousse), est un écrivain français qui a commencé par écrire de la science-fiction avant de se lancer dans le thriller. Il a entre autres obtenu deux grand prix de l'Imaginaire, un prix Ozone, un prix Tour Eiffel de science-fiction et un prix Michel-Lebrun.
J'aime les anthologies et les textes sont d'excellente qualité. Mais c'était aussi drôle, quelque part, parce que je viens de lire une critique d'Elizabeth Vonarburg concernant une autre anthologie, où elle se demande si la science-fiction française ne prend pas un genre où on est obligé d'écrire un essai philosophique au lieu d'une histoire... et cette anthologie, Genèses, confirme plutôt sa thèse.