« Ce livre est né de mon amitié pour les sirènes : pour les filles de Lilith et non d’Eve qui transgressent les limites imposées à leur sexe et se risquent dans la rue, la bagarre ou l’écriture. Donner une voix aux adolescentes. Et prendre au mot Virginia Woolf : “Une féministe est n’importe quelle femme qui dit la vérité sur sa vie.” » L. P.Elle grandit dans la mauvaise partie de la ville : une petite ville de la banlieue ouest, collée à Paris. Elle a une grand-mère blanche et bourgeoise, une grand-mère vietnamienne et humble : une famille aimante qui se désunit. La narratrice veut s’échapper. Sans arrêt, elle s’échappe. Elle a le démon de la liberté.Alors elle fugue. Avec les garçons de la cité, elle traîne dans les rues, la nuit. Elle n’arrive pas à croire qu’elle est une fille. Au collège, ceux qui la harcèlent la surnomment « Lolito ». Mais l’adolescence se déclare. La vilaine chenille se métamorphose en papillon. L’adolescence brutalement sexualise Lolita et son monde vole en éclats. Est-elle amoureuse d’Otman, le roi des rues de sa banlieue, ou d’Ambre, l’amie de son lycée parisien, qui pique des voitures, boit et se prostitue la tête haute ?Et Lolita, où est sa place ? Elle qui renferme un mélange de « races », de classes sociales, de masculin et de féminin ? Jusqu’à quand pourra-t-elle agir comme un garçon, impunément ? Qu’est-ce qui arrache à l’enfance ?Pour sa première autofiction, Lolita Pille se réapproprie la narration de sa propre histoire et signe un récit d’apprentissage au féminin bouleversant d’authenticité et de résilience.
Lolita Pille est née en 1982 à Sèvres. Elle est l’auteure de plusieurs romans, dont Hell, qui a marqué des milliers de lecteurs, vendu à plus de 170 000 exemplaires et traduit en plusieurs langues, adapté au cinéma en 2005.
Autobiographie en forme de manifeste féministe ou de long poème, ce livre est écrit dans la langue de celles qui concoctaient des onguents et souffraient ensemble. Quelle beauté. Quelle rage. Quelle tendresse.
« Et malgré la violence, une joie me reste, solide au fond de ces flammes désirées, comme une amulette qui préserve des maladies. Une joie, c’est-à-dire une force : un bruit de clé. Je la ramasse dans ces cendres qui ont raison des enfances: cette joie mi-animale mi-angélique qui me transportait quand j’entendais l’ascenseur et reconnaissais, en l’être qui cherchait ses clefs sur le palier, cette femme ou cet homme que j’avais trouvés à ma naissance -habitant chez moi, mangeant à ma table (et ensuite, cette enfant). Mon père. Ma mère. Ma soeur. Ils rentrent. Ils sont là. »
Lolita Pille est définitivement une poétesse. Une amazone aussi. Une rescapée.
Quel style fou ! Cynique ou caustique, mais pas dénuée de tendresse envers ceusses qui le méritent, c’est une plume enlevée qui m’a menée là où elle voulait. L’autrice revient sur son adolescence, reprend le pouvoir, reprend la main sur son histoire volée par le scandale, par l’élite littéraire qui a refusé la brillance de son premier roman. Hell m’avait tellement marquée, sans que je sache rien de ce qui avait suivi. Quelques années plus tard, Crépuscule-Ville prêté par ma sœur qui se souvenait de ma fascination pour Hell.
Ici j’ai été profondément touchée par cette jeune fille et femme qui marche sur le fil entre deux mondes. Me resteront longtemps en tête la structure du récit, toutes les figures adolescentes qui le peuplent, la finesse d’analyses disséminées sans jamais rompre la narration.
J’ai trouvé ce récit d’une grande beauté et si le pari était de prouver que Lolita Pille sait faire œuvre littéraire, même de sa propre matière, il est réussi. On peut regretter qu’il incombe toujours aux mêmes personnes de se prouver encore et encore, mais c’est sans regret que je salue l’entreprise féroce, l’exécution impeccable, et surtout l’émotion transmise (n’y a-t-il pas, au fond, que cela qui importe ?).
Autofiction crue, intéressante à lire qui se concentre sur l'adolescence de l'autrice. Un peu de mal avec l'utilisation de certaines figures de style mais rien de gênant.
Je l'ai lu jusqu'au bout parce que je n'aime ne pas finir une lecture, et j'étais tout de même curieuse de voir où elle voulait en venir.
Mais quelle déception ! Son écriture, à force de faire dans la figure de style, est lourde. J'avais l'impression d'écouter, et non pas lire, quelqu'un qui parle et qui saute d'un sujet à un autre.
Et décidément la jeunesse parisienne n'a pas bonne presse avec elle. Qui pourrait se reconnaître dans son texte, alors qu'elle donne l'impression d'avoir tout vécu ? Loin de moi l'envie de remettre en cause les épreuves qu'elle a traversé, je suis juste gênée par la façon dont elle en parle.
J'ai plongé avec joie dans Une adolescente dont je conseille la lecture, si ce n'est découvrir, retrouver le talent de Lolita Pille. Une auto-fiction réussie, difficile et complexe. La fin, éclatante, reste ma partie préférée.
« Il y aura bientôt vingt ans, j'ai écrit un roman qui ressemblait à une autobiographie, alors que je n'aimais même pas l'autofiction. Et voilà que j'achève une autofiction qui ressemble à un roman pour dire toute la vérité que je n'avais pas écrite... »
As always I’m in love with Lolita Pille style. She is caustic, acidic, and sweet. It took me a while to really enter in this autobiography; let’s be honest, their is some lengths in it, it wasn’t a fluid reading like in Hell where every sentence is a punchline, but from the middle the book really start to rise, bringing me to the abyss or her memory. And what a memory! The writing is visual, with pretty métaphore, nice style figure, it’s raw but also though. For me the book start at page 150 and from this moment I’m fully absorb and can’t take of my head from it. Can’t wait for her next book!
Bien qu'il sonne un peu sur la fin comme une vendetta, une vengeance, un besoin viscéral de montrer le mal qui a été fait, j'ai adoré lire tous les mots. Une lecture facile, sur des sujets qui ne le sont pas. Un beau témoignage que j'ai dévoré en quelques jours
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