Certains romans laissent des traces en nous, bien après qu’on en ait refermé la dernière page.
Ce roman-là m’en a laissé de durables.
Dire que la plume d’Elodie François est efficace est un euphémisme. Chaque histoire qu’elle raconte nous touche d’une manière différente, mais toujours elle atteint son but et parle à notre cœur. ESEELF est un roman puissant et dur et pourtant magnifiquement humain et empreint d’espoir. Si le(s) thème(s) abordés ici sont difficiles, ils sont pourtant au cœur de la réalité et la vie, des thèmes d’ailleurs trop peu souvent présents en romance contemporaine.
Au-delà de l’histoire d’amour de Théo et Graziella, Elodie François nous raconte la difficulté de vivre avec une part d’ombre en soi, de devoir composer avec cet inconnu intime qui nous domine et nous fait vaciller. De se confronter à ses propres fantômes. Que ce soit au travers des secrets de Théo ou des problèmes que Graziella découvre peu à peu sur elle-même, l’auteure nous emmène par la main et nous pose en témoin de la difficulté qu’il y a pour chacun de nous à s’accepter, à se construire et se reconstruire. A s’aimer soi-même avant toute chose. Car le fond de cette histoire, de ce roman est bien là : l’amour de soi. Rarement on a mieux exprimé l’adage qui veut que pour être aimé de quelqu’un, il faut d’abord s’aimer soi-même.
Les difficultés de ce couple sont si ordinaires qu’elles deviennent extraordinaires, autant que leur passion l’un pour l’autre est unique et pourtant pareille à tant d’autres dans le monde. C’est cette passion qui les pousse en avant et nous entraine, nous, lecteur, à les regarder grandir.
Cette romance en deux temps, slow-burn psychologique sous forme de montagnes russes émotionnelles, ne peut pas laisser indifférent. La maitrise de la plume de l’auteure y est pour beaucoup, mais les personnages qu’elle a imaginés tout autant. Autant Théo et Graziella que chaque personnage secondaire a un rôle à jouer, un cœur et une âme qui vibrent. On se reconnait en chacun, parce qu’ils sont tous un peu de nous, personnages ‘normaux’ de la vie de tous les jours. Pas étonnant, donc, que ce roman nous fasse traverser par toutes les émotions possibles, qu’il les exacerbe.
D’une intensité qui va au rythme pendulaire des personnages, la plume d’Elodie (toujours plus maitrisée, de roman en roman !), nous fait basculer d’une émotion à l’autre, de grandes joies à de profondes souffrances… sans jamais nous faire perdre l’espoir !
Ce roman, que j’ai eu la chance de bêta lire est plus qu’une réussite !
Un seul regret : devoir attendre quelques mois pour découvrir le tome 2 de la duologie !