Avec Nietzsche s'inaugure une philosophie nouvelle, centrée dorénavant sur le corps et la vie, qui appelle une nouvelle histoire de la philosophie. En parcourant les grandes étapes de cette histoire, Barbara Stiegler introduit le lecteur aux philosophies de Descartes, Kant, Schopenhauer, Hegel et Marx, ainsi qu'à quelques grandes figures de la philosophie contemporaine, proches ou héritières de cette nouvelle philosophie de la vie : William James, John Dewey, Bergson, Canguilhem et Foucault, sans oublier le contrepoint critique de la phénoménologie, de Husserl à Heidegger. Parce que le fil conducteur de cette nouvelle histoire suit la réalité concrète du corps et de la vie, son livre est aussi une introduction à l'histoire de la biologie, de la physiologie à la théorie de l'évolution, et jusqu'aux débats les plus brûlants de la biologie et des sciences médicales contemporaines. À la lumière de ce parcours, la philosophie de Nietzsche ne peut plus apparaître comme une météorite solitaire et fulgurante. Elle se situe bien plutôt au beau milieu d'un tournant : celui à partir duquel, sur fond de fin de la métaphysique et de crise des savoirs, le gouvernement de la vie et des vivants doit devenir l'affaire de tous, nous obligeant à repenser de fond en comble les notions de "réalité" et de "vérité" en même temps que la valeur des énoncés produits par la science.
Lecture complexe. Barbara Stiegler étudie la notion de "vie" d'après Nietzsche, avec de nombreuses références approfondies à des auteurs comme Descartes, Kant, Schopenhauer, Bergson et Foucalut.
Livre qui n'est pas uniquement philosophique, mais qui partage une réflexion s'appuyant beaucoup sur la biologie et les sciences de la vie. On revoit donc la théorie de l'évolution d'un point de vue philosophique et son approche du corps et de la vie à travers les travaux de Darwin, Roux et Lamarck par exemple.
Beaucoup de nuances et d'approfondissement des termes, notamment à travers l'idée d'"assimilation" ou de "santé". Nietzsche souffrant de nombreux maux, mais se considérait de "grande santé" justement pour sa connaissance et sa résistance à la maladie.