Un joli et gentil conte moderne. La petite Amy, 14 ans annoncés officiellement, est tout triste, sa meilleure amie fauchée par un chauffard, sa soeur partie chercher la première de couverture dans Playmate - on est en 1973- se barre de chez elle. Parents pénibles, une mère démissionnaire, un père chômeur alcolo barjot anti-tout. Elle abandonne Philadelphie, destination LA, 4.000 km à l'est, sur la côte est. Le but: rejoindre la frangine sans doute devenue célèbre en posant nue pour Hefner, patron sulfureux (à l'époque) de Playboy.
Une longue pérégrination en stop (juste un peu de bus au début). La saga de toutes les rencontres de cette naïve jeunette, racontée par elle dans son vocabulaire d'enfant. Et elle en croise, du monde bariolé: des branleurs lourds, des hippies illuminés, des négationistes primaires et... Roman Polanski, Hefner himself et toute sa cour, Jane Fonda, Ryan O Neal, l'acteur dont elle est bleue, Elton John, Bruce Springfield et sa joyeuse clique et plein d'autres vedettes qui ne sont pas encore des stars, qui deviennent tous ses potes.
C'est drôle, exagéré, totalement irréaliste et fort amusant. Le vrai prénom de la gamine (un spoiler inoffensif): non, pas Amy, mais America, son père beurré au moment de la déclarer à l'état civil, oublieux du prénom choisi, la nommant du nom du poster affiché derrière le préposé à l'état civil, une carte d'Amérique.