Au petit matin, enfant, je découvre un toutou sur la table de la cuisine. C’est un ookpik, une sorte de hibou fabriqué à la main avec une peau de phoque. Mon père l’avait déposé là, au beau milieu de la nuit, sans rien dire, au retour de ses voyages dans le Nord. À quoi rêve ce ookpik avec son intense regard jaune ? Comment savoir tout le chemin qu’il a parcouru pour se retrouver dans les bras d’un petit Blanc du Sud qui ne sait presque rien des Premières Nations, des Inuit, des Métis et de leurs territoires ? J’ai grandi en serrant le ookpik contre moi sans chercher à savoir d’où il venait, à l’image de la nation québécoise qui n’avait pas mesuré jusqu’ici l’ampleur du refoulement des peuples et des cultures autochtones, pourtant si près, vivant juste à côté, mais condamnés au lointain, au silence, au déni. J’ai écrit cette méditation écologique en pleine remise en question de ma mémoire personnelle et collective, de notre relation toxique au territoire. Je marche en écrivant sur la forêt, sur l’art, sur l’autre, sur l’amour.
« Voilà le nom de cette puissance qui veut prendre forme ici, dans ces pages, pour libérer le ookpik et le rendre aux rêves qui lui ont donné naissance dans ce Grand Nord à moitié irréel. Pour laisser mon enfance disparaître avec lui dans la mémoire du territoire et communier avec tous les morts qui reposent au creux de bras plus vastes encore que les miens, et qui m’accueilleront bientôt. »
Écrivain, professeur, éditeur, Étienne Beaulieu dirige les éditions Nota bene et les éditions Varia et enseigne la littérature au Cégep de Drummondville. Il a fait paraître en France et au Québec plusieurs livres récipiendaires de nombreux prix (Ville de Montréal/Lyon-Jacques-Cartier, Ville de Sherbrooke, Alfred-Desrochers, Alphonse-Desjardins, CALQ-Œuvre de l’année en Estrie), notamment Les rêves du ookpik, Splendeur au bois Beckett et L’âme littéraire.
"Le constat est sans appel: nous ne savons pas comment habiter la Terre."
J’adore ce que fait Étienne Beaulieu. Ses sujets. Ses curiosités. SA PLUME.
Ici, le ton emprunté par l’auteur m’a légèrement agacé. J’ai parfois trouvé irritante la distance qu’il prend face à la responsabilité collective (et ancestrale) des désastres qui nous entourent. Il s’inclut trop dans le « nous, les victimes » et lance la pierre facilement « aux autres ».
Cela dit, j’ai eu bien du plaisir à déguster les mots, à savourer les idées, à traverser ses complaintes.
J’ai trouvé cette lecture très intéressante et très éducative sur l’histoire du Québec et des peuple autochtones. La seule affaire que je ne comprend pas c’est que l’auteur s’excuse pleins de fois d’avoir écrit un livre sur une culture qui n’est pas la sienne. Mais s’il le regrette autant, pourquoi a-t-il publié le roman? Pourtant ne pas avoir laissé les peuples autochtones parler et écrire pour eux-même? C’est un homme blanc qui reçoit un profit sur des histoires des autres… ça me parait un peu contre-actif. Mais quand même, c’est un roman très bien écrit et j’aime bien l’aspect centré sur la nature et l’importance du territoire.
C'est un toutou inuit appelé un ookpik, un hibou fabriqué à la main avec une peau de phoque, reçu dans sa jeunesse, qui a inspiré à l'auteur cet essai qui voyage dans l'histoire du Québec et sur ses territoires. Et qui dit histoire du Québec dit aussi colonisation et Premiers Peuples. Qui dit territoires dit écologie. On y aborde aussi brièvement l'art, qu'il soit visuel, littéraire ou cinématographique. Un retour dans le temps pour mieux avancer dans le présent.
J'aimerais comprendre davantage ce que voulait faire Étienne Beaulieu avec cet essai. Certains passages sont parlants, mais le tout me semble trop décousu pour justifier ce récit.
En principe, j'ai pensé que j'aurai aimé la lecture de cet oeuvre parce que j'aime les essais, surtout ceux qui portent sur l'intersection de la justice environnementale et autochtone. Par contre j'ai trouvé que c'était une lecture difficile et le livre n'a pas été capable de piquer mon intérêt.