Et si l'inspirateur de l'intelligence artificielle n'était autre que le père du néolibéralisme, Friedrich von Hayek...
Intelligence artificielle, deep learning, réseaux de neurones occupent le devant de la scène technologique. Quelle ne fut pas la surprise de Pablo Jensen en découvrant que Frank Rosenblatt, qui invente en 1958 les réseaux de neurones, fait de l'économiste Friedrich von Hayek la source majeure de son inspiration. Ce dernier est surtout connu comme l'idéologue du néolibéralisme.
Politique et informatique, algorithmes et marchés héritent-ils d'une vision commune de notre société ? La modélisation des activités humaines et sociales est-elle soluble dans l'informatique ? C'est à ces questions que répond, avec une grande clarté, la passionnante enquête de Pablo Jensen.
Titulaire d’un doctorat en physique de l’université Claude Bernard (Lyon 1), il a, pendant une quinzaine d’années, consacré ses travaux de recherche à la modélisation des nanostructures. Il a effectué différents séjours dans des laboratoires étrangers (Max-Planck Institute, université de Boston) et a été professeur invité à l’université libre de Bruxelles. Actuellement, il explore l’intérêt des outils d’analyse des physiciens pour l’étude de certains systèmes sociaux, notamment dans le domaine de l’économie urbaine.
Médaillé de bronze du CNRS en 1992, il a reçu la même année le prix de la ville de Lyon pour le meilleur jeune chercheur. En 1998, le Rotary Club de Lyon lui a décerné un prix pour le Café des Sciences qu’il avait créé en 1997 dans l’ancienne capitale des Gaules.
Parallèlement à sa carrière de chercheur, il s’est très souvent impliqué dans des opérations de vulgarisation des sciences et de la physique en particulier. Il a écrit plusieurs articles (dans la revue La Recherche) et ouvrages à destination du grand public, dont une approche scientifique « réaliste » de la matière, Des atomes dans mon café crème : la physique peut-elle tout expliquer ? (Seuil, Points sciences, 2004), ou encore Historia de la materia, ouvrage en espagnol (Buenos Aires, 2007).
Il s’est toujours efforcé de nouer des liens entre sciences et société, en créant notamment à Lyon, des cafés des sciences (1997), puis des cafés « juniors » (1999) et des forums « Étudiants et citoyens » (2002). Il a également multiplié des interventions dans la presse ou sur les antennes de radios (France Culture, Radio Canada, Europe 1, FR3…) et participé à de nombreuses conférences de vulgarisation (Prague, Marseille, Québec, Bruxelles, Lyon…). Il a été chargé de mission pour la communication au département des sciences physiques et mathématiques (SPM) du CNRS entre 2001 et 2005.
Pablo Jensen a également exercé une activité d’enseignement très riche qui rejoint sa prédisposition à la transmission des connaissances en menant les travaux dirigés de physique du solide à l’École normale supérieure de Lyon, en assurant un cours de physique du solide en DEA à l’université Claude Bernard de Lyon 1, en décryptant ce qui se cache derrière les articles scientifiques lors d’un cours pour l’IUP Documentation et en proposant des cours de formation permanente à l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (ENSSIB), intitulés « Épistémologie des sciences » et « Introduction à la physique ». Pablo Jensen, est directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire de physique de l’École normale supérieure de Lyon. Il dirige actuellement l’Institut rhônalpin des systèmes complexes (IXXI), qui rassemble 250 chercheurs.
En tant qu’acteur lui-même et observateur, il a analysé les pratiques de vulgarisation des chercheurs. En 2008, en collaboration avec des chercheurs en informatique et sciences humaines, il a fait paraître une étude statistique des pratiques de dissémination (vulgarisation, valorisation, enseignement) des chercheurs du CNRS, croisant ces activités avec les indicateurs bibliométriques habituels. Il en ressort que les chercheurs ouverts sur la société sont également les plus productifs académiquement.