Malgré quelques incertitudes initiales sur le style (beaucoup d’adjectifs, l’utilisation d’expressions familières qui ne collent pas vraiment avec les personnages et des phrases très courtes qui n’aident pas le rythme), j’ai fini par me sentir entièrement impliqué dans le dénouement de cette traversée clandestine de la Méditerranée. L’horreur des conditions auxquelles ces migrants sont confrontées, pendant la traversée elle-même mais surtout dans toute la misère qui les emmènent jusqu’à là, est vivement décrite par l’auteur, et cela sans répit.
Même si elle tente assez explicitement d’humaniser Seyoum dans ce dernier chapitre du point du vue de Madiha, ce qui pourrait nous tenter d’éprouver plus ouvertement notre empathie pour lui, je pense pas qu’on puisse se l’autoriser. Ce n’est pas tant qu’il devienne passeur, après tout ils fournissent un service pour lequel certains sont reconnaissants, mais parce qu’il fait subir aux autres ce qu’on lui a d’abord infligé.
Lecture éprouvante mais qui vaut le coup !