"Les mots français que j’entends ma mère prononcer le plus souvent sont cholestérol et contrariété. Je m’étonne qu’une femme ayant tant de mal à amadouer sa langue d’adoption puisse connaître deux termes selon moi si savants. Contrariété l’emporte de loin. Elle finit par se l’approprier comme s’il la débarrassait du devoir d’aller mieux, et qu’une fois prononcé, rien ne l’obligeait à développer, tout était dit, contrariété. Les soirs où l’affrontement avec son mari devient inévitable, elle assène le mot ruine, en italien, c’est la note la plus aiguë de son lamento, la rouiiiina, dont le sens est sans équivoque : c’est l’émigration, le départ maudit, la faute originelle, la source de tous ses maux, la contrariété suprême."
En 1954, la famille Benacquista quitte l’Italie pour s’installer en banlieue parisienne. Les parents, Cesare et Elena, connaîtront le sort des déracinés. Dans ce bouleversant récit des origines, leur petit dernier, Tonino, restitue avec fantaisie cette geste. Il raconte aussi les batailles qui ont jalonné sa conquête de la langue française. Avec Porca miseria, Tonino Benacquista trace la lumineuse trajectoire d’un autodidacte que l’écriture a sauvé des affres du réel.
c'était si chouette !!! très très singulier et autobiographique et d'autant plus touchant, l'histoire du benjamin d'une famille italienne émigrée en France, et de la construction étonnante de son rapport à l'écriture et à la lecture, loin d'être celle que l'on pourrait imaginer sachant que ce petit garçon a fini écrivain
c'est drôle, réflexif, ça nous emmène à plein d'endroits dont on n'avait pas idée, et ça raconte beaucoup sur la France des années 50/60, l'immigration italienne "tardive" (post Seconde Guerre mondiale), bref, c'est très chouette (mot représentant 60% de mon vocabulaire critique)
Un chef-d’œuvre! Une autobiographie qui révèle le grand talent de l’auteur pour plusieurs genres littéraires. Un hommage à la famille, quelle qu’elle soit.
3,25 - j’ai aimé, mais il manquait le petit côté humoristique et décalé que j’adore de Benacquista. Le récit ne m’a pas accrochée autant que je ne l’aurais souhaité.
3.75 - l’auteur livre toutes les facettes de son existence avec bcp de candeur : sa famille ayant quitté l’Italie pour s’établir en France (lui seul étant né à Paris); ses parents dysfonctionnels et mal outillés pour s’intégrer, son parcours pour devenir un grand écrivain, ses problèmes d’anxiété et d’agoraphobie.
Une auto-biographie qui alterne entre fiction et réalité, parsemée d’humour et d’œuvres littéraires qui l’ont marqué.
J’ai beaucoup aimé la fluidité de sa plume. Je vais certainement lire « Saga » prochainement.
Tonino Benaquista racconta la sua infanzia e della sua famiglia immigrata dall’Italia in Francia negli anni 50. Se volete conoscere l’autore ve lo consiglio. Il libro è una storia classica sull’integrazione che ha come vettore principale la scuola e la lettura. Questo libro non mi ha entusiasmato particolarmente, senza infamia e senza lode.
Porca miseria, dont la traduction est putain de merde, était l’insulte récurrente du père de Tonino Benacquista, Césare ! Et dans ce nouveau récit, il le raconte, lui, qui ne sait que noyer son amertume dans son vin jusqu’au moment où il se couche. Alors, seulement, sa famille peut de nouveau respirer !
Tonino Benacquista raconte aussi sa mère, Eléna, conquise par le cotè frustre de Césare. Telle une « Sabine », il l’enlève, à la vingtaine, et l’emmène en France, espérant trouver la fortune. Mais, là, où son frère ainé parti pour les États-Unis et en revient en Cadillac, Césare, toujours ouvrier, ne peut que glisser des tablettes de chocolat dans les valises de ses quatre enfants pour offrir à ceux qui sont restés.
Deux mots uniques sont prononcés par cette mère : cholestérol et contrariété. Ils évoquent le malaise de cette femme obligée de se laisser guider dans la rue par son fils, âgé alors d’une dizaine d’années. Elle est complétement étouffée et même maltraitée par ses conditions de vie et la maladie de son mari. Ce syndrome du déracinement est décrit avec beaucoup d’émotions tant l’amour du fils transparait dans ces pages. Du coup, ce sont les enfants qui sont l’interface entre ce couple et le monde. Et lorsque ses sœurs partent ainsi que son frère aîné, Tonino Benacquista reste seul avec ces adultes.
En chapitres courts, Tonino Benacquista questionne la manière dont il a grandi, sa terre, son identité face à ses parents qui sont restés à jamais des émigrés. Et, pourtant, leur dernier fils démontre à partir du récit de sa jeunesse, comment il ne s’est senti que français.
J'admets que c'est peut-etre ma propre faute que je me laisse trompe par la photo sur la couverture de livre. J'ai anticipe la revue nostalgique d'une enfance, en petites histoires droles et tristes. Et il y a une partie de cela, mais il y a aussi beaucoup d'un monologue de memoire sur l'auteur decouvrant des livres, lisant des livres, ecrivant des livres et vendant des livres. Bon, mais cette partie est probablement plus destinee aux supporteurs de l'auteur et non a quelqu'un qui n'a jamais entendu parler du lui aupavarant. Je suis un peu decu.
I thoroughly enjoyed this autobiography, the story of an Italian immigrant family that settles in Paris. There were interwoven stories of different family members, which addressed the effects of immigration on self-identity. I also enjoyed Benacquista's perspective of language, dialects and community. For instance, his personal journey at school and his zest for writing and admiring the French language, contrasts with his parents who uproot their lives to move abroad and find themselves not truly fitting in anywhere.
De passage dans la gare de Bordeaux, le sac déjà rempli de livres pour les vacances, sans parler des autres qui m’attendaient sur place, j’étais obligée d’acheter ce livre. Tonino Benacquista est un de mes auteurs préférés. Si vous l’aimez aussi, il faudra lire son histoire personnelle. Ce livre me donne envie de lire La Commedia des ratés…
C'est le premier livre que je lis de Tonino Benacquista et ça m'a donné envie d'en lire d'autres. L'auteur revient sur son enfance, sous forme de vignettes courtes (entre une et quelques pages), comme s'il nous fait visiter le "musée de sa mémoire". Il nous livre sans pudeur mais avec délicatesse les difficultés de son enfance et le chemin qui la mené vers l'écriture. Passionnant!
Un très beau livre qu’est Porca Miseria. Benacquista nous conte par de multiples petites histoires telles des mosaïques, l’histoire de sa famille, de Cesare et Elena, de leurs enfants. Immigrés en France et émigrés d’Italie, le sort de beaucoup de déracinés. Un très belle histoire, pure, drôle aussi qui nous montre comment grâce à l’écriture, Tonino Benacquista s’extrait du déterminisme social.
Tendre rétrospective de la vie et de l'enfance de Tonino Benacquista, j'ai été touchée car cela me rappelle la vie et l'arrivée de ma famille maternelle en France.
Poignant et touchant. Un voyage à travers des souvenirs de l’auteur où les thèmes de l’écriture et de l’immigration dominent le livre et la vie de son protagoniste.
J’ai vraiment adoré!! J’aime l’écriture, les formes qu’il prend pour raconter certains détails et surtout je me suis reconnue sur certains points comme par ex la double culture!!