« La question que nous nous sommes posée peut se résumer ainsi : que faut-il faire pour mettre l’économie française en cohérence avec une baisse des émissions planétaires de 5 % par an, compatible avec nos engagements climatiques, tout en permettant à chacun(e) de trouver un emploi ? C’est ce plan de marche visant la décarbonation effective de nos activités que nous avons essayé de construire. Derrière les chapitres qui suivent, il y a l’apport de dizaines de collaborateurs, de centaines de contributeurs et de milliers de relecteurs. Il a fallu en défricher des sujets pour commencer à avoir une vue d’ensemble ! Si ce plan parvient à faire un tant soit peu la différence dans les débats à venir, nous n’aurons pas perdu notre temps. » Jean-Marc Jancovici
Un ouvrage utile et à faire circuler largement pour évangéliser sur ce sujet. Enfin, le mythe des actions individuelles qui vont sauver la planète est déconstruit. Le véritable changement se fera par nos actions en tant que société et les transformations de nos us. L'ouvrage mise sur des approches pour différents secteurs d'activité et donne à voir un avenir presque enviable. Reste que, comme déjà dit ici dans différents commentaires, le résultat est assez inégal. La partie sur les transports est très inspirante, l'avenir de l'agriculture questionnable (beaucoup d'emploi rémunérés combien?) et la partie industrielle très décevante ...voire problématique si l on arrive à rapatrier des productions aujourd hui en Asie. La question des ressources (énergie, matériaux, finance...). Justement sur le financement on peut regretter que la partie financement n arrive qu au dernier chapitre.
Mais le shift project avec ces travaux a un rôle majeur. Donner envie : car comme le précise Jancovici en conclusion." in fine se sont nos désirs et envies du moment qui ont le dernier mot". Ayons envie de ce changement!
Effectivement, plus qu'à @EmmanuelMacron. C'est même un peu triste de lire le bouquin un an et demi après coup, tant on réalise 'what could have been' et à quel point la gouvernance du pays est toujours à côté de la plaque.
Ma réserve principale s'addresse ici plus au bouquin lui même et à l'attente qui se dégage de son titre et de son objectif assumé, plutôt qu'au bien plus large travail duquel il découle. En effet le terme 'plan' est ici un peu exagéré: on trouve beaucoup de chiffrages en termes de l'état actuel des choses, et l'état que l'on vise, mais peu en termes de mesures précises, de calculs justificateurs pour l'objectif d'arrivée, et surtout de calculs de bouclages, qui montreraient que l'état d'arrivée à la fin est bien dans son ensemble cohérent avec un objectif d'une France sous les + deux degrés, ce qui est après tout l'attrait principal de ce travail - un plan détaillé qui soit cohérent avec les objectifs globaux. Il manque presque un chapitre final de bouclage, selon moi, pour rassembler toutes les perspectives après les avoir très justement divisées pour les explorer en détail une par une.
À n'en pas douter, tous ces calculs ont été faits dans le travail du Shift lui-même, et ne seraient pas rentrés dans leur entièreté dans un si court livre, loin de là. Et je ne pense pas non plus qu'il aurait été dans le meilleur intérêt du livre de gagner 250 pages de calculs pour être plus complet - cela aurait été complètement contre-productif à son objectif de manifeste populaire. Mais, comme le plus horriblement vague des critiques, j'en aurais voulu 'un peu plus', surtout sur la fin.
Pinaillage mis à part, le livre représente quand même la proue populaire d'un tour de force monumental qui a fait en collaboratif un travail que les gouvernements français (et autres) successifs auraient dû faire ou commanditer eux-mêmes depuis belle lurette. Il a aussi l'avantage de se positionner comme un idéal positif sous lequel le peuple pourrait s'unir, plutôt que de virer au pessimisme et au discours apocalyptique (qui ont aussi leur place arguably, mais pas ici). Il inclut de nombreux passages abondamment illustrés décrivant la vie dans le monde de sa France de 2050, vantant les mérites du vélo, de l'urbanisme plus communautaire, de la pollution de l'air et du son largement réduites, de la nourriture plus saine et de l'exercice, du voyage en train, etc. Bien que parfois un peu niais ou auto-complaisants à mon goût, je pense que ces passages sont une vraie force pour le succès populaire du livre, contribuant à l'imaginaire de ce que le monde pourrait-être bien plus puissamment que ne pourraient le faire tous les graphes ou tables de chiffres du monde. Au vu de la vaste portée du travail et de son objectif, il en faut pour tous les goûts, et le bouquin a vraiment l'intelligence de ne pas s'intérésser qu'à ceux qui veulent des chiffres et des statistiques.
Le livre bénéficie aussi a fortiori des forces du travail du Shift en lui-même. Sa portée d'une part, regardant non seulement ce qu'il faut faire en terme d'énergies, de transports et d'industrie, centres classiques de la discussion, mais aussi ce que cela signifie en terme d'emplois, d'urbanisme, de direction politique, etc. On peut critiquer l'un ou l'autre aspect du projet, mais cela est normal: il se positionne après tout comme un point de départ, comme une proposition (keyword) de ce que la France pourrait devenir. Il faut aussi se rendre compte de la quantité de travail que ce genre de projet représente - les afficionados d'économie auront beau dire que le symbole euro ou dollar manque au livre, mais où est leur plan? Ce qu'on a ici représente déjà un effort colossal. Et en bon péri-Jancovicisme (on voit d'ailleurs ici à quel point le discours de Janco s'est sculpté sur le PTEF), il semble plus scientifiquement rigoureux de se baser sur la physique d'abord et sur l'économie ensuite.
Il est aussi normal de ne pas trouver ici de velléités révolutionnaires ou ouvertement anti-capitalistes. Il faut se rappeler après tout que le PTEF se voulait avant tout comme un plan pour le quinquennat actuellement en cours, et se doit donc de jouer le jeu politique. C'est pour cela aussi que le PTEF ne se mouille pas trop en termes de compensation aux pays pauvres, justice climatique & co.
Pas forcément la version la plus scientifique ou complète du PTEF donc, mais certainement un manifeste populaire très nécessaire au discours populaire et politique, et dont j'espère que l'impact se ressentira au cours des années à venir - peut-être un quinquennat plus tard que prévu? Maintenant il nous faut des plans comme ça pour chaque pays et des partis pour les pousser je suppose. 4/5
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Je trouve l'initiative assez géniale. Le résultat n'est pas trop mal, d'autant qu'il couvre de nombreux secteurs souvent oubliés comme le service public. Néanmoins, certaines hypothèses de travail me paraissent suffisamment farfelues pour nuire à la crédibilité de l'ensemble. Comment négliger les besoins en matériaux quand on se targue de faire un plan compatible avec la "physique" ? D'autant que de nombreux matériaux clef sont proche de l'épuisement et ce n'est pas le seul manque en pétrole qui nous empêchera d'en avoir plus. Les matériaux ne sont ils pas justement ce qu'il y a de plus physique ? Et quid de leur importation, et des émissions liées ? Importations en général que cet ouvrage semble ignorer. Dommage...
Indispensable pour appréhender les enjeux environnementaux complexes que nous traversons Des pistes de solutions mais nous seuls collectivement pouvons trouver la voie. Ouvre l’appétit pour aller plus loin!
Le *Plan de transformation de l’économie française*, écrit par le collectif The Shift Project, dont le membre le plus éminent (et médiatique, et charismatique) est JM Jancovici. Si vous ne connaissez pas le personnage : prof aux Mines de Paris (établissement que j’ai fréquenté au début de ce siècle), spécialiste des questions d’énergie, artisan de la punchline et homme intègre. Grand talent de vulgarisateur, qui explique sa présence régulière dans les médias - sans pour autant perdre en rigueur ni en intransigence. Bref, grâce à lui des centaines de milliers de français s’intéressent aux sujets énergie / climat, ce qui explique très certainement le succès (commercial) de ce bouquin, en tête des ventes dans les librairies françaises !
Hélas, il reste très difficile à lire (comprendre : très chiant). Ce n’est pas tant qu’il est technique (tout est à peu près compréhensible pour qui s’intéresse, même de loin, au sujet traité). Mais plutôt parce que c’est une succession d’évaluations des besoins de transformation de l’économie française, secteur par secteur. Et malgré un effort manifeste de pédagogie (des jolis dessins, qq infographies, des « lettres du futur »…), on a du mal à se passionner pour une liste des transformations des différents secteurs de l’économie, écrite dans un style administrativo-ingénieuresque. Pour vous donner une petite idée du style (j’invente / je pastiche / je caricature) : « les acteurs locaux devront se concerter pour inventer de nouveaux modes de gouvernance convergeant vers une approche pragmatique de mise en place de mécanismes incitatifs multi-échelle de mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre, bla bla bla, etc. » Or, la capacité à passionner les foules par un récit qui donne envie à tout le monde de soutenir la décarbonation de l’économie est peut-être l’enjeu le plus important de cette affaire.
Pour diminuer son angoisse climatique, l’autruche c’est bien, l’action c’est mieux. Le shift project propose de prendre au mot les Accords de Paris qui visent une quasi neutralité carbone en 2050 afin de limiter à 2 degrés le réchauffement climatique par rapport à l’ère préindustrielle. Pour y parvenir, c’est simple il faut REDUIRE notre empreinte carbone d’au moins 5% par an !!
Chiche ! Le Plan de Transformation de l’Economie Française propose secteur par secteur de voir ce que concrètement cela signifie et travaille à une vision de l’avenir où l’écologie ne serait pas punitive mais positive, avec une interaction de ces secteurs entre eux (surprise tout le monde ne pourra pas avoir recours aux terres arables pour faire des biocarburants) pour garder une cohérence.
J’ai aimé le réalisme de l’approche (même si le travail des changements de mentalité paraît encore très fastidieux), l’approche documentée et chiffrée, presque non idéologique, acceptant une part du progrès technologique auquel les techno optimistes se raccrochent, mais pas tout (d’ailleurs c’est pour ça que la neutralité carbone ne sera pas atteinte en France en 2050 car l’avion hydrogène par exemple ne sera pas déployée - C’est une chose que d’avoir la technologie disponible et une autre de l’avoir déployé à très grande échelle). J’ai aimé aussi les impacts sur le travail et le déversement d’emplois d’un secteur à l’autre avec les impératifs de formation et de reconversion.
Je suis resté sur ma faim à plusieurs titres : 1) l’ampleur des changements est considérable et JM Jancovici a beau insisté sur la nécessité de faire des choix démocratiques dès à présent pour éviter les crises, les pénuries et les guerres, on a du mal à voir les déclencheurs dans l’opinion. 2) beaucoup de chiffres qui rendent leur mémorisation difficile. 3) de nombreuses répétitions suivant les secteurs (la formule rentre : sobriété alimentaire, énergétique, dans les loisirs, du local, du locavore, des vélos électriques et des pompes à chaleur partout, bilans carbone entreprises, administrations publiques et collectivités locales) 4) l’absence de considérations macroéconomiques et budgétaires : la France est un pays très endettée, dont les finances sont en flux tendus, l’ampleur des besoins, des accompagnements financiers paraissent difficilement envisageables. Par ailleurs, le poids des lobbies avec son chantage à l’emploi et le court termisme électoral de nos dirigeants (la tragédie des horizons) semblent rendre impossible la réorientation radicale de notre fiscalité (et des niches fiscales subséquentes). 5) l’absence de considérations internationales : la France est insérée dans le commerce mondial et le fragile équilibre de notre économie et de notre prospérité en sont le résultat. La France peut-elle entreprendre seule ce changement drastique de son économie, de prendre le chemin de la sobriété pour relocaliser et décarboner des pans entiers de l’industrie au prix d’une moindre efficience des coûts ?
Un livre très intéressant sur le plan de à quoi pourrait ressembler le monde futur en lien avec le réchauffement climatique. J'ai vu sur Twitter quelques critiques et même si certaines paraissent juste (notamment concernant l'acceptation de la population face aux changements, drastiques, proposés dans le livre, qui y répond par "on donnera des sous pour ceci et cela) il ne faut pas oublier que le livre est surtout là pour provoquer un débat et réfléchir aux solutions proposées. Et justement, c'est ce que j'ai moins aimé dans le livre, qui est plutôt une liste de solutions un peu en vrac qui semblent tous se valoir et qui sont sous la forme de "voilà à quoi ça ressemblera dans 5 - 10 - 20 ans" et en oubliant l'essentiel : comment le processus permettra d'y arriver. Pour un "plan de transformation", je suis un peu déçu. Bref, je reste sur ma faim et j'ai un peu l'impression que le livre passe à côté de son intention.
Le sujet est intéressant, et semble bien sourcé. Domaine par domaine, le livre explique de façon grosse maille ce qu'il faut faire. Le livre est très cohérent : les actions prisent dans un domaine ayant un impact sur un autre se retrouvent dans la description de l'autre domaine. On peut être frustré du manque de solution concrète. Après pour un livre de cette taille, l'important n'est pas de comprendre quelles sont les avancées technologiques, mais de savoir combien de gain en CO2 elles apporteront. C'est intéressant en sachant que le travail de font a été fait avec des spécialistes du domaine.
Important a lire, mais quand même assez chiant il faut le reconnaître. J'avoue avoir eu du mal à cerner l'objectif du livre : présenter un futur possible ? Pourquoi pas mais dans ce cas pour quelle cible de lecteurs étant donné que la très grande majorité des éléments mis en avant sont au delà de nos moyens d'action individuels, quand bien même nous travaillons dans un des domaines détaillés. A l'inverse si la cible est plus dans les sphères décisionnaires, politiques ou privées, alors le format me semble soit trop succinct (pour guider l'action) soit pas assez (pour délivrer un message simple a des gens qui ne voudront sans doute pas se farcir les 230 pages).
Un ouvrage parfois un peu aride mais tout de même très abordable pour les néophytes (du climat comme de l’économie). Un véritable complément au Monde sans fin, qui dressait un état des lieux, et qui permet de comprendre les solutions à un niveau qui dépasse le niveau individuel. Ce qui frappe: une vision globale, avec les impacts des secteurs entre eux et intégrant notamment la question de l’emploi; si le gouvernement pourrait être à la manœuvre, la solution dépend en fait de la bonne volonté de chaque acteur économique et de la prise de conscience du caractère indispensable d’évoluer
Des idées intéressantes, mais une grande inégalité de qualité entre les chapitres. Certains (tel que ceux des transports) sont très clair et bien documentés. D'autres (tel que l'industrie ou l'administration publique) restent très flou, et survolent le sujet.
Dans l'ensemble, on peut saluer une tentative de vulgarisation des efforts qu'il reste à faire, et de l'une des manières dont on peut y arriver.
Il manque beaucoup de chiffres, et quand il y en a ils ne sont que peu justifiés (+.5M d'emplois dans l'agriculture : qui, où, comment ?). Par ailleurs aucune perspective sur le PIB ni la production, donc les prix (quel impact des +.5M d'emplois sur les prix alimentaires). Beaucoup de voeux pieux mais la vision d'ensemble manque, même s'il faut reconnaître l'effort de mise à plat pour de nombreux secteurs et des graphiques peu nombreux mais enrichissants dans la 1ere partie
Très bon livre pour se renseigner sur le chemin à parcourir pour une société plus responsable, cela provient d'un think thank alors on retrouve évidemment la façon de voir les choses du groupe. Mais ça reste intéressant pour en partie connaître les différents axes et cela peut donner envie de creuser.
Même s'il est un peu léger sur les aspects économiques, ce plan de transformation a le mérite de projeter un futur possible (si on n'attend pas trop) et d'engager dans la transformation. J'espère que les politiques vont le prendre comme livre de chevet...
Les propositions nécessaires de Shift project pour decarboner tous les secteurs d'économie français à l'échelle 2050. Je le recommande fortement pour imaginer les défis et les solutions possibles!
Très complet sur les différentes facettes de l’économie française. La mise en place exhaustive de ce plan est notre responsabilité individuelle et collective.
Bon rappel de l'état actuel des choses et de ce qu'il faudrait mettre en place. On a toutefois l'impression de manquer de détails et de précisions sur certains points.
Un livre nécessaire à mettre entre toutes les mains pour sensibiliser au changement climatique tout en proposant des solutions pour éviter de se sentir résigné.
L'intention est louable, donner des solutions d'une économie meilleure et plus soucieuse de l'environnement pour une France avant-gardiste est intéressant. Cependant, la manière avec laquelle les idées ont été retransmises par ce livre est bien trop superficielle et questionne sur la possibilité de concrétisation d'un tel projet.
Les auteurs ont volontairement écarté et/ou simplifié certaines thématique du livre pour faciliter la compréhension du propos, mais malheureusement, prendre le parti prix ne pas intégrer une réflexion économique plus poussée désert complètement la crédibilité du projet. Comment peut-on transformer l'économie complexe d'un pays comme la France sans intégrer les variables économiques en sous-entendant que tout s'ajustera par magie ? Le livre évoque par ailleurs assez peu les contraintes liées aux quantités de ressource finies disponible et base donc un modèle en "oubliant" un paramètre pourtant essentiel. Omettre ces deux paramètres est finalement évident tant il serait difficile de corroborer une quelconque affirmation sans cela. Mais voilà, à partir de ce moment on sait que ce livre ne donnera pas plus de réponse que notre imaginaire. Il donne un point de vue plus illustré et complet mais sans grande révolution.
Pour ce qui est de la lecture/écriture, j'ai trouvé l'organisation des chapitres plutôt efficace (par secteur d'activité) mais avec des idées souvent similaires et redondantes bien qu'il y ai de bonnes choses. L'ouvrage manque aussi de sources facilement vérifiables avec beaucoup de données chiffrées difficiles à retrouver. Je n'ai personnellement pas eu une bonne expérience de lecture que j'ai trouvé assez lente et pénible vers la fin.
Mon avis sur ce livre est donc très mitigé. L'esprit est là mais la concrétisation de ce projet me semble trop ambitieuse et n'apporte pas les réponses recherchées pour espérer quoi que ce soit de concret et crédible. A voir si le temps me fera mentir.
"Que faut-il faire pour mettre l'économie française en cohérence avec une baisse des émissions planétaires de 5% par an". Ce livre répond et donne les solutions concrètes à mettre en place au niveau citoyen, privé et politique. Énergie, logement, mobilité, agriculture, industrie, finance, emploi, culture, éducation, santé, ... ce livre est un vrai mode d'emploi.
The Shift Project est une association française créée en 2010 et un laboratoire d'idées qui s'est donné pour objectif l'atténuation du changement climatique et la réduction de la dépendance de l'économie aux énergies fossiles, particulièrement au pétrole.