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Le roi chien

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Il existe une Iliade japonaise, une épopée guerrière chantée par des moines aveugles qui sillonnaient le pays en s’accompagnant au luth biwa. Elle s’appelle le Heike monogatari et conte la lutte des clans Minamoto et Taira au XIIe siècle, dont le point culminant fut la bataille navale de Dan-no-ura, où périt le clan Taira.

Le roman de Furukawa commence où s’achève l’épopée guerrière. Cent cinquante ans plus tard, Tomona, fils de pêcheur-plongeur, naît à Dan-no-ura. Un jour, l’enfant et son père remontent l’épée sacrée qui avait été perdue lors de cette bataille. L’éclat magique de la lame tue le père et aveugle le fils. Et l’épée retombe dans la mer.

Tomona part pour la capitale où il devient joueur de luth biwa. C’est là qu’il croise Inuô, « le Roi Chien », enfant difforme et masqué qui pratique la danse. Une amitié fusionnelle se développe et l’aveugle devient le chanteur du récit héroïque de la guerre des Taira et des Minamoto sur la danse et les textes d’Inuô. Quand seront apaisées les âmes courroucées des vaincus, Inuô retrouvera sa beauté humaine en se réconciliant avec le malheur d’être soi.

Au croisement du mythe et du chant, de la violence et de la grâce, Furukawa invente ainsi une suite à ce long poème épique. A la douleur endurée par les humains sont intimement tressées la puissance de l’art, de la danse, et ce qui en naît : la beauté.

172 pages, Paperback

Published February 3, 2022

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About the author

Hideo Furukawa

64 books88 followers
Hideo Furukawa is a novelist based in Tokyo. He has received the Noma Literary New Face Prize, the Mystery Writers of Japan Award, the Japan SF Grand Prize, and the Yukio Mishima Award.

(from http://cup.columbia.edu/book/horses-h...)

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Displaying 1 - 8 of 8 reviews
Profile Image for Lusionnelle.
197 reviews12 followers
July 9, 2022
Difficile de mettre un commentaire définitif sur cette lecture, autre qu’une appréciation modérée, un avis mitigé. Néanmoins, mitigé dans un sens bien moins négatif qu’on pourrait s’y attendre, associé à une certaine perplexité. Voilà un roman difficile à caser, dont les interprétations sur le style, la forme, le fond pourront varier. Ce n’est donc là que mon avis et je ne saurais que vous recommander d’en croiser plusieurs pour vous faire une bien meilleure idée.

Inu Oh est un roman qui reprend l’un des récits épiques du Japon le plus réputé, équivalent d’une certaine façon à L’Iliade d’Homère : Le Dit du Heike. Son histoire a longtemps été transmis par tradition orale, à travers de multiples formes d’art, principalement théâtrales, qui ont fait leur réputation au Japon. Inu Oh est un récit plus moderne, écrit en 2017, et se veut alors comme une suite.

Le Dit du Heike raconte l’histoire du conflit entre les clans Taira et Minamoto au XIIe siècle, l'ascension du clan Taira jusqu'à sa chute, à la bataille de Dan-no-Ura, qui précéda une période de conflits et d’instabilité politique dans tout le pays.
Le roman de Hideo Furukawa commence deux siècles après la chute du clan Taira, dans un contexte où le conflit est encore présent, alors que deux cours se disputent encore le pouvoir. On suit la naissance et l’évolution de deux garçons, nés de conditions et dans des lieux différents. mais qui, par la force de leur destin, vont finir par se croiser, et même s’apprécier. (Résumé sporadique mais je vous laisse lire sa quatrième de couvertures et en découvrir toutes les subtilités en le lisant. Je risque, moi, de ne faire que vous spoiler en en disant plus.)

Autant dire que le contexte et ce qu’on apprend du Japon est passionnant. Mais contrairement à ce que je m’attendais, l’aspect historique du récit, ou plutôt ce qu’il enseigne de l’histoire du pays, n’est pas tant le cœur du roman. On apprend surtout l’histoire et l’évolution des arts théâtraux, musicaux et la façon dont sont racontées, transmises ou réécrites les histoires (petites et grandes majuscules). Pour les lecteur.ices ferru.es de réflexion sur l’art, la beauté, le storytelling, le théâtre, c’est un texte qui n’est pas dénué d’intérêt.
Le XIVe siècle, c’est effectivement une époque où de multiples formes d’arts, notamment théâtraux, se développent ou connaissent leur apogée au Japon. J’y ai donc appris sur l’existence des musiciens aveugles nommés Biwa hoshi qui sont ceux par lesquels Le Dit du Heike s’est transmis par tradition orale. Mais aussi (entre autres) sur le sarugaku et sur les systèmes de guildes qui ont donné ensuite naissance aux différentes écoles, dont la fameuse école du nô et du kyogen, etc.
Je peux donc dire sans détour avoir aimé le fond de ce roman : grâce à ce que j’ai appris du Japon, de ses formes d’art, au récit passionnant autour de Tomona et d'Inu Oh. Mais aussi, parce qu'il donne envie de découvrir l’une des traductions des fameuses chroniques poétiques qui forment Le Dit du Heike. Et quelle meilleure qualité un livre peut-il avoir, que de donner envie de lire ?

C’est d’avantage dans sa forme que réside toute l’ambiguïté de mon avis.
J’ai beau tenté de me forcer à choisir, impossible en fait de dire définitivement si j’ai aimé ou non lire Le roi chien.
(Je reprécise car cela me semble nécessaire : aucune objectivité dans ce que je vais dire.)
Je n’ai indéniablement pas apprécié ma lecture, que j’ai bien manqué lâcher dès les premières pages. Certains passages sont en effet d’une laideur stylistique assez frustrante. C’était par moments si mal écrit que je me suis demandée si je devais y incriminer l’auteur ou son traducteur. Mais que nenni, l'un et l'autre ne sont pas à remettre en cause !
Plus j’avançais (difficilement) dans ma lecture, et plus son fond s’est entrecroisé à sa forme stylistique, lui donnant un certain sens, une logique que j’ai fini par interpréter de façon positive. Avec étonnement, perplexité, mais plutôt positivement.
Pour le comprendre, il faut revenir à son titre : Inu-Oh. Le récit a certes deux protagonistes, mais c’est bien le personnage du roi chien qui est en son centre. Or, que sait-on de lui, au début ? Que c’est un être monstrueux, qui n’est que laideur. Son corps dispose de tout ce qui est nécessaire pour vivre : il peut respirer, manger, se mouvoir sans problème. Mais, du reste, il est recouvert “d’immondices” ; là où on attendrait à voir des poils, il n’y en a pas ; on dirait qu’il a des dents en lieu et place de ses ongles, etc. Dès le début, il est rejeté par les siens, qui ne lui jettent aucun retard, lui donnent à boire le lait maternel dans une coupelle, comme un animal.
Au début, donc, Inu Oh est caractérisé par sa laideur. Et cette laideur, il me semble, se reflète volontairement dans la forme choisie du texte. Il ne s'agit donc pas d'un défaut du texte, mais un choix délibéré qui, comme au théâtre, entremêle directement et de façon la plus pure l'histoire et les voix qui la déclament.

Comme Inu Oh, le texte se détache de toute linéarité. Comme lui, qui apprend qu’il n’est pas que laideur, mais capable d'apprendre à danser comme ses frères et d'acquérir la beauté, le texte n’est jamais linéaire, ni dans sa mise en récit ni dans sa forme. Il entremêle l’oralité des arts théâtraux, la musicalité et la poésie à la prose, se laissant porter de multiples détours dans le passé et le présent. Il en va jusqu’à s’autoriser à répéter, ressasser, les mêmes évènements, sans pour autant omettre d’y apporter des nuances nouvelles, au fur et à mesure qu’on découvre, souvent à rebours, ce qui se cache derrière l’histoire de ces deux garçons.

De fait, je suis admirative de cette capacité à toujours surprendre, non pas dans ce qu’il raconte mais dans la manière de le faire. Cela lui confère une originalité, et pour moi la sensation d’avoir lu quelque chose d'inédit. Et c’est ce qui m’a le plus plu.

Et pourtant, le lire n’a pas été plaisant pour autant. Même si j’en comprenais les raisons, difficile de ne pas subjectivement trouver cela mal écrit, par moments répétitifs et d’une certaine façon brouillon. Pour cela, oui, effectivement, je n’ai pas aimé le lire. Mais c’est également sans regret, car j’ai aussi aimé l’avoir lu et je le recommanderais si le sujet vous intéresse.

Petit aparté ayant eu la chance d’en avoir vu l’adaptation qui va sortir fin 2022 en France : ne manquez surtout pas d’aller voir cette merveille, Inu Oh de Masaaki YUASA. N’emmenez pas vos enfants avec vous car il y a peut-être deux scènes qui pourront les turlupiner (du moins pas sans l’avoir vu une première fois afin de vous assurer que c’est ok pour eux). Autrement, l’animation est bourrée d’inventivité ; le chara-design est de Taiyou Mastumoto (qui a dessiné Sunny, Amer Beton, Ping Pong, Le samourai Bambou…) ; l’histoire est passionnante ; le jeu d’acteurs (japonais) est excellent ; la musique superbe, et toutes les qualités du roman s’y retrouvent sans ses revers. (Mais, je le répète : le livre n’est pas pour autant à éviter, si cela vous aura plu car vous aurez aussi d’autres aspects à y découvrir.)
Profile Image for Valérie.
457 reviews2 followers
October 2, 2022
Bouquin assez génial.
Un style très particulier : haché, parfois familier, revenant sur des aspects déjà dits. Bref, écriture originale.
Et l’histoire ? Elle plante ses racines dans l’histoire du Japon, des empereurs, des shoguns, de l’origine du Nô. Mais elle le fait de façon très personnelle à travers 2 personnages dont l’un n’a peut-être pas existé. Un livre sur les origines, le poids du passé et de sa filiation. Intéressant même si je ne connais rien à l’histoire du Japon.
Et en plus une fin nuancée… je n’en dit pas plus à vous de le lire !
343 reviews2 followers
Read
September 26, 2023
DNF - Très joliment écrit, un recit emprunt de poésie mais je pense qu'il me manque trop d'éléments de culture japonaise pour pleinement m'immerger dedans.
Profile Image for Lise.
9 reviews1 follower
January 19, 2025
3.5/5
Le roi chien commence avec une narration plutôt simple, même si originale, et suit l'évolution d'un personnage à travers les années. Pendant la première moitié du texte, j'ai perdu intérêt assez rapidement, avant d'arriver à la deuxième moitié, où les intrigues s'entremêlent et le texte commence à se faire écho, ce qui m'a beaucoup plu. Le style est très particulier, probablement pour rappeler celui des performances des joueurs de biwa ou du texte originel du Heike Monogatori, l'inspiration pour l'écriture du roi chien. J'ai beaucoup aimé en apprendre plus sur l'histoire et sur la culture artistique et littéraire du Japon de cette époque, qui constituent une importante partie de l'œuvre, et dont je ne connaissais quasiment rien.
Profile Image for Elise Belleville.
547 reviews2 followers
January 4, 2023
Ayant vu le film à sa sortie, j'ai été agréablement surprise par la qualité de l'animation, de la musique et l'histoire racontée.

Évidemment j'ai lu le livre, il le fallait. J'ai eut un coup de coeur sur ce film, qui était une expérience. Je n'ai pas eut autant cette impression avec le livre, car sans musique, c'est différent : et pourtant j'avais la BO en boucle pendant la lecture.

Mais pourtant j'estime que c'est un livre avec de nombreuses qualités : son Histoire et son histoire sont intéressantes, son style est simple et se lit tout seul, il est assez court et très beau, ce qui convient à des amateurs du Japon débutants !
Profile Image for Gaëtan Gaillard.
518 reviews6 followers
January 13, 2023
Au début, j'ai été rebuté par les nombreuses explications sur l'épopée du Heike monogari qui m'était inconnu ainsi que tous les noms de clans et la contextualisation du double empire et du shogunat. Mais une fois que l'histoire commence, les chapitres courts et la langue de la traduction très limpide facilitent la lecture d'une histoire très originale (n'évitant pas certaines répétitions mais c'est le propre d'un récit destiné à l'oralité) et finalement fascinante. J'ai même découvert qu'elle avait été adaptée en film et cela m'a vraiment donné envie de le voir.
Profile Image for Eliasxch.
79 reviews1 follower
March 30, 2025
3.5 en fait c'est compliqué parce que je vois de fou ce que le livre essaie de faire et oui tu utilises la forme pour exprimer pleins de trucs mais c'est tellement décousu et ancré dans son époque et dans une période hyper niche que c'est parfois incompréhensible
Après c'est pas forcément négatif juste ça impacte mon appréciation de l'oeuvre mais ça se trouve en l'étudiant ces problèmes seront réduits
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