Une lecture qui ne laisse que peu de marge à la « pause » tant la somme d’actions et la profusion de dialogues nous offrent une cadence soutenue.
Alessandra, jeune femme issue de la noblesse, ne connait pas la modestie des ambitions. Elle ne désire pas dans la demi-mesure et se montre fine stratège pour parvenir à ses fins : devenir Reine.
Elle livre bataille avec subtilité pour obtenir l’attention et les faveurs du Roi des Ombres. Peu généreuse, elle souhaite ni plus ni moins que le « plein pouvoir ». Et pour l’obtenir elle devra tuer le Roi.
Seulement elle n’est pas la seule à projeter son assassinat et convoiter le trône…
Alessandra nous surprend par son machiavélisme et son anesthésie émotionnelle. Elle n’est que calcule et tactique. En cela, elle a tout de l’anti-héroine.
Le Roi suscite l’énigme. Sa présence est toujours drapée d’ombres, tels des nuages tout aussi inquiétants que fascinants. A cet avertissement que semblent brandir ces extensions vaporeuses, s’ajoute l’interdit de le toucher.
Autant de singularités avec lesquelles Alessandra devra composer.
L’intrigue est un fil tendu du début à la fin, se resserrant crescendo autour des nombreux rebondissements qui rythment ce récit.
La quasi-totalité des événements se déroulant au château ajoute à l’histoire une dimension intimiste et scénique, mais également une amplification de la tension.
Si j’ai aimé la dynamique, je suis plus réservée concernant l’héroine. Il m’a été difficile de m’attacher à Alessandra. Si elle évolue au fil de l’histoire, laissant davantage de place à ses émotions, il n’en demeure pas moins que ses ambitions demeurent opaques pour moi. Obtenir « le pouvoir pour le pouvoir » ? Je regrette que son désir de faire avancer la condition féminine n’ait été évoqué qu’en filigrane car c’est, selon moi, ce qui donne consistance à sa quête.