Librarian's note: Alternate cover edition of ISBN 9782253049296.
« Atala et René sont des épisodes détachés des Natchez. En regroupant pour la première fois ces trois textes, élaborés par Chateaubriand au cours de son exil londonien (de 1797 à 1799), on a voulu les replacer sous leur véritable jour. Réintégrés dans leur contexte originel, les uns et les autres prennent en effet une dimension nouvelle : un roman de la vie sauvage qui a bien pour horizon nostalgique une nature (la splendeur des paysages américains, de la Louisiane au Canada), mais qui énonce en réalité une problématique de la Chute ; qui désigne le blocage des énergies vitales ou les contradictions du désir ; qui proclame enfin le malheur de naître au siècle des Révolutions. Ce grand texte fantasmatique, placé sous le signe des enfants-morts, nous apparaît dès lors non seulement comme la source secrète qui alimentera plus tard les Mémoires d'outre-tombe, mais aussi comme une des plus singulières sagas de la période révolutionnaire. » Jean-Claude Berchet
François-René, vicomte de Chateaubriand was a French writer, politician and diplomat. He is considered the founder of Romanticism in French literature.
He has also been mistakenly given the forename François-Auguste in an 1811 edition, but signed all his worked as just Chateaubriand or M. le vicomte de Chateaubriand.
Honestamente, el único objetivo de esta lectura era reforzar mi incipiente francés. De todos modos, los breves retazos que leí de Chateaubriand me hacen interesarme por leer los textos completos del autor...
« Indiens infortunés que j'ai vus errer dans les déserts du Nouveau-Monde, avec les cendres de vos aieux, vous qui m'aviez donné l'hospitalité malgré votre misère, je ne pourrais vous la rendre aujourd'hui, car j'erre, ainsi que vous, à la merci des hommes; et moins heureux dans mon exil, je n'ai point emporté les os de mes pères. »
De 1793 à 1800 François Rene de Chateaubriand est exilé en Angleterre. Durant son séjour il écrit trois textes, dont deux entreront dans la légende du XIXe, marquant aussi le point de départ d’un nouveau style, d’une nouvelle manière de raconter un récit ; la manière du cœur : le romantisme.
Atala et Rene sont deux courts Romans de la vie des tributs indienne dans le nouveau monde. Loin d’être deux romans séparés ils sont aux confluants d’un même récit, d’un siècle et surtout de la vie de leur auteur.
Dans Atala le vieux Chactas, indien ayant voyagé sur le vieux continent et goûté à la civilisation européenne, et aveugle raconte au jeune Rene, français ayant rejoint le nouveau monde, son histoire d’amour avec Atala lors de sa prime jeunesse. Si le texte est tragique, il est avant tout une ode à la religion et au pardon. Alors qu’Atala doit sa vie à Dieu et promet de rester chaste toute sa vie, elle tombe subitement amoureuse de Chactas alors prisonnier de sa tribu et condamné à être brûlé vif. Ils s’enfuient à travers les bois et vivent leur idylle avant de rencontrer le père Aubry. Figure énigmatique mais bienveillante, il est un missionnaire européen reclus dans une caverne qui vient en aide aux égarés de la forêt. Face à la transgression de son serment Atala décide de s’empoisonner. La religion semble alors en cause. Mais le père Aubry leur apprend qu’elle aurait pu être délivré de son serment et pardonné par Dieu. Le vieux Chactas passe alors sa vie endeuillé mais surtout à prôner la parole de Dieu.
C’est évidemment magnifiquement écrit et très touchant.
Rene a une portée assez différente, c’est un texte générationnel à la manière des souffrances du jeune Werther de Goethe. D’abord il est intéressant de remarquer que Rene est extrêmement proche de chateaubriand lui même : rapports à la famille identique, amour envers sa sœur Amélie (Lucile dans la vraie vie), délaissé par ses parents au profit de son frère (Jean Baptiste), voyage envers Amérique pour fuir la réalité… Ensuite l’œuvre traite de ce que l’on nomme le mal du siècle : le mal être et ces envies suicidaires dont sont victimes la jeunesse du début du XIXe. Une jeunesse d’un monde désenchanté entre 1789 et 1815, ou les lumières ont échoué, le monde est mauvais, la société corrompue et l’homme pourrie. Rene raconte alors son histoire au vieux Chactas et au père Souel. En réalité c’est un réquisitoires contre l’individualisme, l’égoïsme, l’oisiveté et la solitude et un plaidoyer vibrant pour la mise au service de ses capacités au service de la collectivité. L’individualisme et la mélancolie sont perçus comme des sanctions divines.
Le troisième texte, oublié en Angleterre dans une malle, « Les Natchez » qui complète la trilogie ne paraît qu’en 1826. À juste titre, je trouve le récit très décousu, regorgeant d’informations, de phrases cryptiques, et j’ai sincèrement eu du mal à accrocher à l’histoire de cette tribu indienne en dépit d’un style toujours aussi proche du cœur.
Incipit des Natchez :
« A l'ombre des forêts américaines, je veux chanter des airs de la solitude tels que n'en ont point encore entendu des oreilles mortelles; je veux raconter vos malheurs, ô Natchez, ô nation de la Louisiane, dont il ne reste plus que des souvenirs. Les infortunes d'un obscur habitant des bois auraient-elles moins de droits à nos pleurs que celles des autres hommes? et les mausolées des rois dans nos temples sont-ils plus touchants que le tombeau d'un Indien sous le chêne de sa patrie? »
« Je luttai quelque temps contre mon mal, mais avec indifférence et sans avoir la ferme résolution de le vaincre. Enfin, ne pouvant trouver de remède à cette étrange blessure de mon cœur, qui n'était nulle part et qui était partout, je résolus de quitter la vie.
👉🏼 Si vous voulez lire un grand classique, vous serez bouleversés par René ! Grand mélancolique de son époque, Chateaubriand nous fait ici cadeau de sa solitude tout en exprimant son désespoir amoureux. René est la parfaite représentation du fameux « mal du siècle ».