Maman, j’aimerais te parler encore une fois. De ma vie. De la tienne à moitié vécue.
Quand la sclérose emporte la mère, les deuils se dédoublent. La mère santé, la mère malade, la mère souvent entre les deux.
Pour surmonter la douleur, le fils s’offre une suite de tableaux, comme autant de rendez-vous avec elle. Des instants captés dans la détresse du corps étiolé, dans la cérémonie des dernières fois, dans la maladie mangeuse de famille. Des fragments de leurs souvenirs à deux, de soirées emmêlées de confidence et de culpabilité, de la vie qui reprend en filets de grenadine. Une poésie pure, vivante, aimante de laquelle irradie la mère forte, fière, fidèle. La mère arc-en-ciel.
Boire la mer les yeux ouverts est un récit poétique désarmant, animé d’un souffle nouveau, puissant, haletant, suspendu, expiré, pur, embaumé d’amour, de chagrin, de courage; de ce souffle qu’on retient, reprend, donne et coupe. C’est une peinture de la force des liens entre la mère et son fils lorsque la relation de soins s’inverse, malgré le désir maternel de demeurer mère, celui du fils de demeurer fils. C’est le tableau troublant de la vulnérabilité de ceux en perte de tous leurs moyens, de l’implacable chute au ralenti. C’est cette poésie des paroles adressées aux absents, en totale transparence.
Ce texte unique est le quatrième titre de la collection Mobile, et certainement un des plus troublants publiés chez Sémaphore.
Wow, l'affection, l'amour, la douleur, les deuils et les petits bonheurs de la vie remplissent ces pages. L'auteur nous donne accès à ses souvenirs et à son intimité d'une façon si brute, si accessible. Ce livre m'a émue du début à la fin. Je recommande sans hésiter.
Beaucoup d’émotions, de belles images, juste incroyable. J’ai eu besoin de plusieurs pauses pour pouvoir le finir, et j’ai eu quelques larmes qui ont coulé à plusieurs moments. Très très beau texte!
Une relation mère-fils dans son intimité et toute son authenticité, à travers la maladie, l'inversement des rôles et le deuil de la femme de sa vie, mais dont l'amour déborde de chaque page.