Encore une autre vie tournant sur elle-même. Un disque qui saute? Le langage n’a jamais sauvé personne, le caniche continue de respirer même s’il se mord la queue. En fait, le langage me sauve tous les jours. Lorsque je parle à quelqu’un, je veux souvent quitter les lieux. C’est faux. Une autobiographie ratée? Je suis trop jeune de toute façon. Le présent, mais contaminé par des souvenirs réels et inventés. Une histoire? Petites histoires, poèmes, vie, mort, enfant, adulte, enfant, adulte, argent, pas d’argent. Intérieur, extérieur. Tout cohabite, internet, un imaginaire obsédé par les cercles et la mort et cela s’explique peut-être par mes longues promenades circulaires à Longueuil. J’aime vivre aussi. Vraiment beaucoup. Je cherche encore mon rythme, je cherche dans mes poches, il me reste un vingt, j’ai dix doigts, des jambes.
Frédéric Dumont a fait paraître quatre livres de poésie. Son plus récent, Chambre minimum, publié aux Herbes rouges, a été finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général ainsi qu'au prix Émile-Nelligan.
Avec Chambre minimum je sors pu jamais de chez moi, toutes ses pages sont précieuses et je les aime. Dumont s’est gâté avec la ponctuation, ça me fait de l’effet, je bozze, je vous le recommande sérieusement.
J'avais envie de dire Chambre Minimum pour un maximum de fun, mais ça sonne un peu trop infopub, non?
Et en vérité, ce n'est pas toujours rose dans ce recueil. C'est aussi ce qui le rend intéressant. Non pas parce que je me réjouis du malheur des autres, mais parce qu'il explore plusieurs angles du quotidien et qu'il parle de douleur d'une manière qui m'interpelle.
Je l’ai souvent dit, je me retrouve parfois prise au dépourvu quand je lis de la poésie - mais je persiste parce que souvent, je vis aussi des beaux moments au détour d’une phrase ou d’un enchaînement. J’ai trouvé ce livre particulièrement cryptique, j’avais l’impression de ne pas posséder la clé de compréhension pour la majorité des textes. Puis il arrivait un poème ou un passage si magnifiquement limpide que j’en oubliais d’être perplexe et j’appréciais ma lecture. Je ne pourrais pas résumer le propos si on me le demandait, mais j’ai certainement été challengée et c’est quand même important. J’aurais voulu donné un 2.75 si j’avais pu le faire.
J'ai trouvé que son dernier livre, "Je suis célèbre dans le noir" était mieux construit. L'habileté de Dumont avec la ponctuation et le rythme des poèmes est toujours présente dans ce recueil, mais il est cependant difficile de discerner à quoi il fait référence ou de quoi il parle tout simplement à quelques reprises à travers les pages.