"Les tracas domestiques sont des drames en robe de chambre. À tout moment, ces phrases (“qui voudra de la tisane ?”), objets (le dessous de plat en liège légèrement brûlé) ou événements (“j'ai ENCORE perdu mes clefs, tu m'ouvriras ?”) transpercent l'épais matelas de déni qui enrobait, croyais-je, mon univers domestique." Dans ce texte très personnel, Adèle Van Reeth déploie une fascinante réflexion sur l'ordinaire de nos vies intimes. Alors que chacun côtoie la tragédie et le miracle - la mort et la naissance -, l'entre-deux n'est-il fait que d'ennui et de soubresauts ?
Je suis un peu mitigée donc je ne mets pas de note, j'ai vraiment bien aimé la grosse première moitié du livre et je trouvais très intéressant le fait de parler de ce qu'est l'ordinaire tout en ayant des références tirées de philosophes un peu plus datés. J'ai aussi bien aimé le fait de sauter de ce postulat à des passages de vie plus quotidiens en parlant de l'expérience de maternité en cours. Ce rapprochement entre questions philosophiques à propos de l'ordinaire et "vie réelle" était vraiment chouette et les deux se répondaient très bien. La seconde partie est plus axée sur sa maternité et si ce n'est pas mauvais en soi, au contraire, j'ai trouvé un peu décevant le fait que l'on s'éloigne complètement du début du livre et que l'on ait presque l'impression d'avoir "deux livres en un".
Ce que je dis ensuite n'est pas vraiment un spoil (d'où l'absence de mention de spoilers) mais au cas où je vous préviens que la suite parle d'un passage en particulier.
J'ai été un peu dérangée par un passage qui donnait l'impression d'une critique de l'ordinaire (ce qui est bien en soi) en lui apposant un jugement très élitiste, comme si les gens qui apprécient l'ordinaire et qui aiment relever les petites choses du quotidien couraient après une illusion et étaient un peu "des imbéciles heureuses". J'aime bien ma vie ordinaire et je trouve que ce passage en particulier manquait de profondeur. Le quotidien et l'ordinaire peuvent être beaux et n'ont pas besoin d'être saupoudrés de paillettes, de grandes soirées ou de voyages à l'autre bout du monde. Tout le monde n'a pas la chance et la possibilité d'avoir une vie différente d'une "vie ordinaire" et ce n'est pas non plus un but en soi pour tout le monde. Pour ces raisons, ce passage sentait un peu trop fort le privilège à mon goût et clashait avec le reste du livre.
Par contre, avis complètement personnel qui est juste relié à mes propres opinions et non à la qualité du livre, mais grosse douche froide en voyant Raphaël Enthoven dans les remerciements à la fin qui m'ont fait comprendre que le protagoniste du livre c'était lui. Aurais-je lu le livre si je l'avais su ? (Je ne sais pas trop, j'ai trouvé que le mec du livre avait l'air d'être un parfait connard donc forcément... j'ai mieux compris en voyant qui était ledit personnage)
Qu'est ce que l'ordinaire ? En quoi diverge-t-il du quotidien et d'une routine ? A travers ses mots et ceux d'Emerson, A. van Reeth se livre sur la complexité des journées qui se suivent sans jamais se ressembler. Jonglant entre deux temporalités on découvre une vie où les facettes du dés changent sans notre aide, et où la contemplation fait figure de luxe ultime. C'est beau et fluide, intelligent et intelligible.
Ce livre retrace une partie de la vie d'Adèle Van Reeth, chroniqueuse philo sur France culture de ses études à la naissance de son enfant. La vie ordinaire est louée par les philosophes qu'elle a étudiés : Emerson, Thoreau, Cavell en opposition au sublime des philosophes européens. Elle décrit donc son quotidien familial. C'est donc un livre ordinaire et pas très original. Elle écrit très bien néanmoins et certains passages sont agréables à lire et même très drôles. Une grosse partie du livre est dédiée à sa grossesse. Donner la vie est décrit comme un moyen de sortir de l'ordinaire de par l'intensité des émotions que cela procure, le contact d'un pur amour. Le problème avec les enfants il me semble est qu'on adore souvent les siens mais que ceux des autres, soit on s'en fiche un peu, soit ils sont énervants. Disons que ce thème là ne m'a pas passionné intellectuellement ni littérairement. Et elle en parle beaucoup. Enfin, elle parle de sa relation avec son conjoint qui est décrit comme un type merveilleux mais il m'a donné l'impression de ne pas être un chic type. On apprend son nom à la fin et cette personne m'est un peu antipathique. Bon, ce livre n'est pas indispensable. Il est à souligner qu'Adèle, mère d'un enfant, belle-mère de 3, chroniqueuse radio et télé a réussi à écrire un livre en parallèle ce qui, au vu de son emploi du temps décrit dans le livre, est remarquable.
Je ne sais pas comment le dire autrement : ce livre est le livre le plus français que j'ai lu depuis longtemps (et je le dis de manière péjorative). Remarquez, le postulat est intriguant ; comment jouir de l'ordinaire, comment vivre une vie complète sans dessein fantastique ? Mais la livraison est décevante et, bien souvent, paternaliste.
Alors déjà je suis un peu embêtée par le ''name-dropping'' continuel de philosophe (vous me direz, ben fallait pas lire une chroniqueuse philosophie, fille, et oui je vous l'accorde) pas parce que c'est pédant en soi mais par la manière dont c'est fait. Je m'attendais, je pense, plus à un éloge de la vie quotidienne qu'à une quête spirituelle profonde. Et faut lire autre chose qu'Emerson, bon dieu.
Mais ce qui m'a surtout énervée c'est le fait que l'auteure semble vouer un culte agressif à la grossesse et en fasse ''l'accomplissement de sa vie''. ''je porte la vie donc je suis'' quel coup de couteau dans le ventre de tous ceux qui n'enfantent pas par choix ou par manque de chance. La grossesse et l'enfant prennent une place bien trop importante dans le livre. J'ai même failli refermé sans terminer, tant ça m'a insupporté.
Et quoi de plus intime que le moment de donner une vie, n'est-ce pas un événement des plus ordinaires qui, pourtant, semble tenir de l'extra(ordinaire) ? Et celui, également, de la perte, celle de son père gravement malade.
Dans un récit personnel, l'autrice nous embarque dans une élégante réflexion philosophique sur l'ordinaire. Au-travers de sa quête, elle interroge également la philosophie, son histoire, son hégémonie masculine, et la façon de la penser.
L'ordinaire peut être mis en exergue par tout un tas d'éléments constitutifs d'une vie - d'éléments autant intimes qu'extérieurs. C'est à la fois un conglomérat de choix et d'actions que d'involontaire et d'aléatoire. Quelque chose qui est aussi intangible que palpable, indéfinissable et évident, réconfortant et illusoire ; hypocrite et inévitable. Mais dont l'observation pousse à revenir à soi - soi, d'esprit autant que de corps.
Probablement un texte que j'apprécierai relire plus tard, pour y avoir un regard autre que celui de la découverte.
Ma notation est conforme à mon appréciation du livre: hésitante et vacillante. Un récit qui relate de l'angoisse de l'ordinaire et pourtant fait apparaître des moments de grâce. J'ai envie d'encadrer certains passages mais d'autres me dégoûtent de narcissisme et d'ennui. C'est peut être ce qui était recherché, finalement.
Difficile de détacher l'intime et le public, car Adèle Van Reeth comme son conjoint sont connus et je ne peux m'empêcher de projeter sur eux une partie de leur image publique lorsque je lis des passages sur leur vie dans ce récit.
Je pense que si j'avais pu j'aurais mis 3,5 étoiles.
Un bel essai à la fois philosophique et biographique sur un sujet essentiel et pourtant négligé ; celui de l’ordinaire. On partage l’apprehension de l’auteur vis à vis du temps qui s’étire, la crainte de l’ennui, le refus de céder de l’ « insolente banalité » d’une routine et d’une fonction sociale écrasante pour suivre son cheminement vers un espèce d’équilibre et d’acceptation, au cours duquel elle apprend - notamment à travers l’experience de la grossesse et de l’accouchement - à accueillir la douceur de la « transformation dans la répétition »
Essai sur la vie ordinaire ? Roman de la découverte d’Emerson ? Récit d’une grossesse ?
J’ai aimé retrouver la voix et le phrasé de la journaliste animatrice de l’émission Les chemins de la philosophie sur France Culture, les matins à 10h.
J’ai aimé la suivre sur ses chemins : la découverte d’Emerson, sa grossesse comme création d’une vie extra-ordinaire.
Probablement ce que Adèle van Reeth croit sur la vie ordinaire peut être traduit avec cette petite phrase:
« (…) j’ai deux jambes et deux bras et un cœur qui ne cesse d’aimer la vie un peu plus chaque jour, surtout depuis que tu es malade, ma vie m’apparaît pour ce qu’elle est, bien réelle, et bien courte, alors les moments qui s’étirent les jeux de société et les soirées tisane me paraissent moins longues (…) j’arrive à jouer (…) »
C'est intéressant et rafraîchissant de lire un ouvrage sur l'art d'être maman, belle mère,... sous l'angle philosophique avec un brin de dérision, des débats et des contradictions.
Bien écrit, il se lit facilement - surtout au début, la fin était à mon sens un peu moins intéressante sachant que ça reste un livre tout à fait recommandable.
Dans ce livre, Adèle van Reeth part de sa propre expérience pour réfléchir sur ce qu'est l'ordinaire. Elle insiste beaucoup sur son intérêt pour l'œuvre de Clément Rosset, en disant qu'elle le trouve très accessible. Je note. Sinon, sa vision de la grossesse comme l'événement dans sa vie qui l'ancre dans le réel m'a convaincue. Mais ce n'est pas un livre dont je me souviendrais longtemps.
Une spirale philosophique percutante dès les premières pages, qui tend à s’essouffler sur le milieu. L’auteur, blasée, cherche sûrement à figurer ce sentiment par les lignes, tout en restant attachée au concept de base. Une merveille à lire.
I didn’t care much for the philosophy part (which is pretty much all the book’s about) but the bits about motherhood, labour, illness were SO touching and beautifully written
Je ne suis pas vraiment rentrée dans ce livre, peut être trop philosophique pour moi. Je n'ai pas trop vu son intérêt. J'ai juste aimé la fin, les 50 dernières pages environ. C'est déjà ça !
Beaucoup aimé la première partie du livre qui mêle récit autobiographique et concepts et histoires de la philosophie. La deuxième partie dédiée à la maternité m'a davantage ennuyé.
Grosse déception. Je m’attendais a une réflexion sur l’ordinaire et sa différence avec le commun. Au lieu de cela, quelque banalité et et référence à des philosophes (qui pour la plupart sont cités par M.Onfray dans ses conférences de l’université populaire); et toute la seconde partie du livre consacrée à sa grossesse, sa maternité et tout ce que cela veut implique dans sa vie et son couple. Passionnant! Rien de construit.
Des longueurs, je n'ai pas réussi à accrocher, sensation de pêle-mêle confus même si l'intention de narrer la vie ordinaire et les craintes qui en découlent m'interpellaient.
Ce livre a attiré mon attention plusieurs fois au travers d'instagram stories (ah, le bouche-à-oreille virtuel en pleine action!) et quelle belle surprise! Je ne connaissais pas Adèle van Reeth, n'étant ni adepte de philosophie ni de la télé française. Ce livre m'a embarquée dans sa vie et ses réflexions pertinentes. J'ai aimé son côté torturé à certains moments, son honnêteté ou plutôt sa transparence. Transparence? Attention, ne lisez pas plus loin car je vais divulgâcher... Elle parle de sa relation avec son concubin et du fait d'être belle-mère avec des mots qui sonnent si juste, le fait de ne plus avoir de place une fois le concubin quitté. Plus courageusement, la partie sur sa décision d'avorter, de jumeaux, me semble être encore à notre époque un acte de bravoure. Ses mots sur le train-train quotidien notamment les phrases qu'on peut sortir de façon automatique, qui n'apportent rien si ce n'est un réconfort dans l'ordinaire: elle s'en révolte lors des réunions de familles ("qui veut jouer?") ou des trajets de retour de weekend pour finalement en dégager toutes leurs saveurs émotionnelles lorsqu'elle clôture son ouvrage aux côtés de son papa malade dont la mort est une possibilité bien réelle. Je ne sais pas si ma critique est pertinente ou si ceux qui se tâtent à lire le livre en tireront quelque chose pour prendre leur décision. Toute ce que je peux dire pour résumer est que cet ouvrage est émouvant et intelligent sans être pompeux. A-t-il répondu à une question philosophique sur l'ordinaire? Oui et non, et peu importe, c'est un beau récit en soi.
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J'ai hésité entre le 3 et le 4, et j'ai retenu la note supérieure à cause de la qualité de la langue. Pour le contenu, ça commençait bien, avec de nombreuses réflexions qui étaient en totale résonance avec les miennes, et puis ç'a viré sur une apologie de la grossesse et de la maternité assez décevante. Néanmoins, je suis contente que l'auteure soit heureuse d'être mère, car je suis fan des Chemins de la philo / connaissance depuis de nombreuses années. Malheureusement, ce qui m'a le plus marqué dans ce livre, c'est la découverte de l'identité du père de son bébé dans les remerciements! Je me suis dit que 1. L'amour rend aveugle, même les femmes les plus intelligentes; 2. Cet homme (que je déteste car il est pompeux et suffisant) a peut-être des qualités cachées; ce qui semble néanmoins démenti par le récit en plusieurs endroits...
Si il y avait un mot pour décrire ce livre, je dirai: dommage. Dommage, puisque le début était très accrocheur. L'idée de trouver un livre qui ne parlerait ni plus ni moins que de l'ordinaire, à la place de proposer au lecteur l'extraordinaire tels que font bien nombre de récit, me semblait prometteur. Mais l'histoire est complètement décousu. On est emmené par ci, puis par là - on ne sait plus bien au final de quoi ça parle. On lit de sous-titre en sous-titre, comme si l'on regarderait un film étranger. Des marqueurs dans un texte qui n'a pas de logique apparente. Bref: dommage.